LE CHAT DE LA STREET T.V.

jeudi 24 février 2011

LIBYE : Kadafi apres avoir accusé les palestiniens accuse BenLaden

 
Pour le leader libyen, les manifestants sont "drogués" par des "manipulateurs" terroristes.
Dans une allocution téléphonique à la télévision d’Etat libyenne, Mouammar Kadhafi a redéployé le même argumentaire que lors de son discours de mardi. A savoir : les manifestants sont des "jeunes", des "adolescents", "drogués". "Une personne est dans un coin de rue avec des cachets de drogue, pour leur demander d’attaquer un commissariat, c’est comme cela que ça se passe", a assuré le leader libyen.
Et Mouammar Kadhafi continue d’agiter le spectre du "terrorisme international", mais cette fois de manière plus précise que mardi. Il a accusé nommément Oussama Ben Laden de "manipuler" les Libyens. "Ces gens n'ont pas de vraies revendications, leurs revendications sont celles de Ben Laden", a-t-il estimé. "Pourquoi suivez-vous le chemin de Ben Laden ?", demande-t-il encore aux insurgés, les menaçant de conséquences économiques désastreuses.

Kadhafi présente ses "condoléances"

Enfin, Mouammar Kadhafi présente ses "condoléances" aux "familles de quatre personnes des forces de sécurité tuées" à Zaouiyah, une des villes insurgées, à 60 km à l'ouest de Tripoli. Dans cette ville, des terroristes auraient pris d'assaut un centre d'une force sécuritaire et égorgé trois soldats, d'après l'agence officielle libyenne Jana.
Le dictateur a imputé la responsabilité du chaos libyen à son peuple : "vous détruisez vous-mêmes votre propre pays", a-t-il lancé. Et dès le début de son allocution téléphonique, hésitante et décousue, entrecoupée de silences, Mouammar Kadhafi a réitéré ses encouragements aux Libyens pour qu’ils fassent justice eux-mêmes : "sortez de vos maisons pour retenir vos jeunes, vos enfants", s’est-il exclamé. Il a appelé les Libyens à "prendre les armes" des insurgés en révolte contre son régime.

Il se compare à la reine d'Angleterre

Fidèle à la même rhétorique depuis le début de la révolte le 15 février dernier, le dictateur reste ainsi droit dans ses bottes. Et exclut toujours de démissionner, avec la même justification : il n'a pas de poste "officiel" pour pouvoir le quitter. Pour lui, son pouvoir est simplement "moral". Il a établi à ce sujet une étrange comparaison avec la reine d'Angleterre : "je n'ai pas le pouvoir de faire des lois ou de faire appliquer la loi. La reine d'Angleterre n'a pas cette autorité. C'est exactement mon cas".

source : europ1.fr




mercredi 23 février 2011

LIBYE : le régime de Kadhafi s'effrite

Les menaces proférées hier par Mouammar Kadhafi ne semblent pas avoir entamé la colère des manifestants. La côte orientale du pays pourrait être ce soir aux mains des opposants au régime. Revivez les principaux événements de ce mercredi


Obama hausse le ton
"La souffrance et le bain de sang sont scandaleux et inacceptables". C'est la première fois que le président américain Barack Obama s'exprimait sur la révolte libyenne. Et pour la première fois aussi, les Etats-Unis semblent hausser le ton.
Dans une intervention télévisée mercredi, Barack Obama a déclaré que les responsables des exactions devaient être "tenus responsables" de leurs actes et qu'ils seraient "punis". "Le respect des droits de l'homme est non négociable", a-t-il prévenu. Et d'ajouter, le gouvernement "doit être tenu pour responsable de son incapacité à honorer ses responsabilités et il devra affronter les conséquences qu'entraînent les violations continues des droits de l'homme".
En n'excluant aucune action, il a demandé à son administration d'étudier "des options et des actions" qui pourraient être menées avec "les alliés et les partenaires" internationaux. Le chef d'Etat américain qui a tenu à rappeler que les Etats-Unis n'étaient pas derrière les révoltes mais bien les peuples "qui veulent un meilleur destin", a par ailleurs annoncé qu'il enverrait sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton à Genève pour participer vendredi à la session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU consacrée à la Libye.
Déclaration de Barack Obama sur la Libye à venir
Le président américain Barack Obama s'exprimera pour la première fois publiquement sur les événements en Libye depuis le début du mouvement de protestation à 22h15 GMT mercredi, a annoncé la Maison Blanche. Cette déclaration intervient au moment où l'administration américaine semble durcir sa position. Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, avait averti le gouvernement libyen qu'il serait tenu pour responsable de ses actes. "Nous allons réfléchir à toutes les options possibles pour tenter de mettre fin à la violence, pour tenter de faire pression sur le gouvernement", a-t-elle déclaré.
Son porte-parole, Philip Crowley, avait reconnu que les Etats-Unis pourraient envisager des sanctions contre le régime libyen. La secrétaire d'Etat a mis en avant la nécessité de faire agir ensemble la communauté internationale en soulignant que "beaucoup de pays ont une relation plus proche avec la Libye que celle que nous avons".
Nouri El-Mismari parle de plus de 1000 morts
L'ancien chef du protocole de Mouammar Kadhafi, Nouri El-Mismari, a estimé mercredi que l'insurrection en Libye avait fait "plus de mille morts", dont 600 à Tripoli, tablant sur une chute du dirigeant libyen car "les Libyens ne vont pas s'arrêter". "Mouammar Kadhafi est à la fin. Il a tout perdu. Son discours hier (mardi, ndlr), c'est un discours de quelqu'un de perdant. Il est seul", a-t-il ajouté. Selon lui, le dirigeant libyen portait un gilet pare-balles sous ses vêtements et une protection à la tête "sous son turban" lors de son discours.
L'UE prête à évacuer ses ressortissants
L'Union européenne a annoncé qu'elle mobilisait des moyens pour être en mesure d'évacuer de Libye au cours des prochaines heures les quelque 10 000 de ses ressortissants qui y restent, y compris par voie de mer. Le mécanisme européen de coopération pour la protection civile a été activé afin de déterminer quels moyens de transport peuvent être mis à disposition par les Etats membres de l'Union pour cette opération, a indiqué un porte-parole de la Commission européenne. "Les opérations d'évacuation par les Etats membres ont déjà commencé", a-t-il précisé.
Une partie de la Libye contrôlée par les opposants ?
Alors que le rapatriement de milliers de ressortissants étrangers se poursuivait en Libye ce mercredi, la situation semble avoir beaucoup évoluée dans l'est du pays. La zone de la côte orientale de la Libye pourrait être ce soir aux mains des opposants au colonel Kadhafi. Signe de déstabilisation du régime, le vice-ministre libyen aux Affaires étrangères, Khaled Kaïm, a affirmé dans la journée, depuis la capitale Tripoli, qu'Al-Qaïda avait établi un émirat islamique à Derna (est). Une information démentie par la population locale.
Impossible bilan en Libye. La réalité de la répression sanglante en Libye reste inconnue. Si le pouvoir annonçait ce mardi le nombre de 300 morts, dont 242 civils et 58 militaires, la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) rapporte ce mercredi un bilan deux fois supérieur, évoquant au moins 640 morts, 275 à Tripoli et 230 à Benghazi. Tandis qu'un médecin français rentré de Libye, interrogé par LePoint.fr, parle de "plus de 2.000 morts" à Benghazi.
Révélation sur l'attentat de Lockerbie. L'ex-ministre libyen de la Justice, Moustapha Abdel Jalil, qui a démissionné ce lundi, a révélé au journal suédois Expressen avoir "la preuve que Kadhafi a donné l'ordre pour Lockerbie".
Crash d'un chasseur libyen. Sur son site internet, le journal Quryna, citant une source militaire, rapporte qu'un Sukhoï 22 de l'armée de l'air libyenne s'est écrasé après que son pilote, qui refusait de bombarder des insurgés à Benghazi (est du pays), s'est éjecté avec son co-pilote
14h Un groupe de plusieurs milliers de migrants en provenance de Libye auraient traversé la frontière tunisienne mardi soir à bord de voitures louées et de deux bus.
12h45 L'Union européenne a encore 10 000 de ses citoyens en Libye et mobilise des moyens pour être en mesure de les évacuer, y compris par la mer, au cours des prochaines heures...
11h15 Nicolas Sarkozy a demandé "l'adoption rapide de sanctions concrètes" de la part de l'Union européenne (UE) contre les responsables de la répression en Libye. Avant d'exprimer le souhait de suspendre les relations économiques et financières avec ce pays "jusqu'à nouvel ordre".
11h10 Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères, croit savoir que la province de Cyrénaïque (sur la côte est du pays) n'est plus sous le contrôle de Mouammar Kadhafi.
11h Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, a commenté les évènements se déroulant actuellement en Libye. Il assure que les responsables des "massacres en cours" devront répondre de leurs actes devant la communauté internationale. "Nous exigeons du colonel Kadhafi qu'il arrête de tirer sur sa population", a-t-il ensuite enfoncé.
10h45 Un porte-parole de Total annonce que le groupe "a commencé à suspendre" sa production de pétrole dans le pays.
10h15 La Libye est officiellement suspendue des réunions de la Ligue arabe.
9h30 Pour Laurent Wauquiez, le discours télévisé de Kadhafi "fait peur". Le ministre des Affaires européennes a par ailleurs annoncé l'envoi de nouveaux avions pour aller chercher les ressortissants français expatriés en Libye.
9h WikiLeaks a révélé cette nuit que les enfants de Mouammar Kadhafi se livraient actuellement à une lutte sans merci pour s'emparer de la fortune de leur père.
Suivez les évènements en direct sur notre site.
"Rendez vos armes immédiatement, sinon il y aura des boucheries." L'avertissement a le mérite d'être clair. Il est signé Mouammar Kadhafi, le président de la Libye, lors d'un discours télévisé enflammé de plus d'une heure, mardi soir. Confronté depuis une semaine à une révolte populaire encore inédite dans le pays, il a ainsi clairement brandi la menace d'une répression sanglante. Les affrontements ont pourtant déjà fait au moins 300 morts...
"Les milices, les forces de sécurité fidèles à Kadhafi sévissent de façon terrible, cassent les portes, pillent... Il est impossible de retirer les corps dans les rues, on se fait tirer dessus", décrit Souhayr Belhassen, la présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme (FIDH). Et ce n'est même pas fini. "Nous n'avons pas encore fait usage de la force, mais si la situation requiert le recours à la force, nous y recourrons. (…) Je me battrai jusqu'à la dernière goutte de sang", a tonné M. Kadhafi, avant d'appeler la police et l'armée à reprendre la situation en main.
"Tout manifestant mérite la peine de mort", a-t-il tranché. Officiellement, ce sont 189 civils et 111 militaires qui ont péri dans les violences de ces derniers jours. Du moins si l'on en croit le ministère de l'Intérieur, pourtant orphelin de son pensionnaire, Abdel Fatah Younes qui, comme d'autres hauts responsables libyens, ministres, diplomates ou militaires, a rallié la "révolution" pour marquer son opposition à la répression... A Tripoli, la capitale, beaucoup d'étrangers restent confinés à leur domicile. L'aéroport est bondé, et de nombreux pays ont annoncé l'envoi d'avions ou de navires pour évacuer des ressortissants. Les premiers Français rapatriés ont été accueillis cette nuit à Roissy.

source : metro.fr

mardi 22 février 2011

ISLAMOPHOBIE ?! LE VOILE ISLAMIQUE INTERDIT AUX CANDIDATES DU N.P.A (vidéo)

Le NPA a débattu samedi du foulard islamique, semblant s'orienter, malgré ses divisions, vers le refus de voir des femmes voilées candidates aux élections, tout en reconnaissant leur droit à militer dans ce parti à la tradition trotskiste, laïque et féministe.




Réuni à Montreuil pour son premier congrès depuis sa fondation en février 2009, le parti d'Olivier Besancenot s'est à nouveau penché sur la question perturbé depuis des mois par la candidature aux dernières régionales d'une jeune femme voilée en Provence-Alpes-Côte d'Azur qui avait été imposée par le comité local du Vaucluse, sans l'accord de la direction nationale.
Depuis, Ilham Moussaïd et plusieurs militants du Vaucluse ont quitté le NPA, tout comme de nombreux adhérents opposés, eux, au voile, mais le sujet reste clivant.
"Ca concerne encore peut-être deux, trois femmes voilées au NPA", minimise Alain Krivine, un des fondateurs de la Ligue communiste révolutionnaire (devenue NPA), assurant que "si la question se repose localement, il y aura alors une décision nationale".
Une commission du congrès travaillait toujours samedi en fin de journée un texte de synthèse pour concilier les positions, sans que l'on sache quand elle pourrait rendre ses conclusions.
Auparavant lors des congrès locaux, la motion de la direction ("parti ouvert aux personnes croyantes ou non croyantes" mais qui "ne peut pas être représenté par ce symbole qu'est le foulard islamique") avait recueilli un majorité de 55, 4% des votes exprimés.

Ex candidate du N.P.A aujourd'hui hors du parti après
cette interdiction de porter le voile. Article


Le texte des "camarades" d'Avignon intitulé "pour un parti de masse égalité", a obtenu plus d'un quart des voix (27, 7%). Leur ligne qui consiste à "rentrer dans les quartiers par la religion" a été "désavouée", s'est félicité à la tribune Ingrid Hayes qui portait le texte "religion, émancipation laïcité" de la direction.
Militant d'Istres, Adil Fajry a dénoncé, devant les délégués, "l'intégrisme laïcard qui règne et qui est pesant" au NPA. Pour lui, il est "paradoxal d'"applaudir les révolutions en Tunisie et en Egypte, de soutenir (les émeute dans) les quartiers en 2005" et de ne rien faire pour qu'on ouvre les portes à ces gens-là".
"Ils ont des convictions religieuses et on ne peut pas le nier ça!", a-t-i lancé, soulignant qu'"il ne faut pas confondre l'islam comme on le connaît avec tous ces fadas" d'islamistes. Se disant "plus proche d'un militant d'Emmaüs que d'une espèce de Saoudien", il a plaidé pour "accepter ces gens qui veulent se fédérer pour combattre le capitalisme parce qu'ils en souffrent tous les jours".
Certains ont également dénoncé la "discrimination" que pourraient subir des militantes voilées aux droits inégaux, étant acceptées dans le parti sans toutefois pouvoir le représenter aux échéances électorales.
Dans un parti qui lorgne l'électorat des quartiers populaires et qui dispose de comités locaux bien implantés, notamment dans les quartiers nord de Marseille, ceux de Grenoble, ou en Seine-Saint-Denis, "l'intervention du NPA ne doit pas se faire sous l'angle de la religion mais sous l'angle social" plaide un militant.
Au NPA, les partisans d'une laïcité stricte et ceux pour qui la lutte anti-raciste doit primer sur la lutte féministe s'affontent donc toujours.
"C'est compliqué de croiser l'anti-racisme et le féminisme", reconnaît Pierre-François Grond de la direction, souhaitant que les croyances soient "laissées à la porte du parti". "Satisfait" du débat au sein du NPA, il veut croire que le parti "prend de l'avance" sur les autres car "ce débat va exister de plus en plus" dans le pays.
jud/rh/cm Par Julie DUCOURAU


Article tiré du site officiel du Nouveau Parti Anticapitaliste 



lundi 21 février 2011

LIBYE : L'aviation bombarde le peuple a Tripoli


L'aviation militaire libyenne a massivement bombardé la capitale du pays, Tripoli, rapporte la télévision qatarie Al Jazeera, se référant à des témoins oculaires.
"Ce que nous sommes en train d'observer est inimaginable. L'aviation militaire bombarde sans distinction un quartier après l'autre. Il y a beaucoup de victimes", a annoncé à l'écran un témoin, Adel Mohamed Saleh.
L'agence RIA Novosti n'a pas pour le moment de confirmation officielle de ces informations.
Le séisme politique qui parcourt le monde arabe a déjà provoqué la chute des régimes tunisien et égyptien. Les troubles se poursuivent dans plusieurs pays du Proche-Orient et d'Afrique du Nord.
Les violences lors des manifestations en Libye contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, ont fait au moins 233 morts depuis le 15 février. 


source : rian.ru



FRANCE : A Paris un homme tente de s'immoler par le feu sous l'Arc de Triomphe



PARIS — Un homme d'une quarantaine d'années s'est immolé par le feu lundi en début d'après-midi devant le palais de justice de Paris avant d'être secouru par les pompiers détachés au tribunal, a-t-on appris de source concordantes.
Aucune indication n'a été donnée sur l'état de santé de cet homme.
"Un homme d'une quarantaine d'années s'est immolé par le feu, avant d'être pris en charge par les pompiers détachés au palais de justice", selon une source proche du dossier.
Un camion de pompiers et une ambulance du Smur étaient toujours stationnés lundi vers 14H30 devant le Palais de Justice, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des restes des vêtements calcinés de la victime étaient également visibles juste devant l'entrée du Palais de justice.
"Un homme est sorti du parking en face du tribunal et a traversé en feu le boulevard du Palais avant d'être secouru par des gendarmes et des pompiers", a témoigné un gendarme.

source : AFP


Vote unanime pour donner le nom du jeune Tunisien immolé à un lieu de Paris


Le Conseil de Paris a voté mardi à l'unanimité l'attribution à un lieu parisien du nom de "Mohamed Bouazizi", en hommage au jeune Tunisien dont l'immolation a déclenché la vague de manifestations qui a abouti à la chute du régime Ben Ali.
"Ce sera particulièrement apprécié par les Tunisiens, je vous en remercie très chaleureusement", s'est réjoui le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, très proche de ce pays du Maghreb où il est né.
Fait rare, tous les élus ont approuvé, comme le secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur Pierre Lellouche (UMP) qui est aussi conseiller de Paris.
"L'analyse politique est juste, les Tunisiens vivent une transition, et au lieu de se déchirer entre nous, c'est bien d'envoyer un message et de ne pas polluer les débats par la polémique au gouvernement", a dit à la presse M. Lellouche après le vote. Egalement né en Tunisie, il s'est dit "complice avec le maire" sur ce sujet.
Selon M. Delanoë, "c'est déjà apprécié en Tunisie, c'est ressenti comme un vrai moment de fraternité du peuple de Paris pour le peuple tunisien. Il faut aller vite pour trouver une rue ou une place à Paris!".
Mort des suites de ses blessures le 4 janvier, Mohamed Bouazizi est, selon M. Delanoë, une "figure emblématique qui, par son acte de résistance, symbolise le combat des Tunisiens pour la démocratie, la justice et la liberté".
source : Lepoint.fr

jeudi 17 février 2011

FRANCE : 60% des francais revent de révolution, la moitier sont pres a la faire.

58% d’entre eux souhaitent qu’une révolte éclate en France, mais moins de la moitié y croit.
Le temps des Sans-culottes n’est pas si loin. D’après un sondage Harris Interactive pour l’Humanité* dimanche, révélé mercredi, près de six Français sur dix - 58% - souhaitent qu’une "révolte" éclate en France. Parmi les raisons principales de la colère des Français, figurent l’emploi, cité par 85% des personnes interrogées, suivi du coût de la santé, et des différences sociales.
Les autres points qui pourraient mener à la révolte sont le pouvoir d’achat et les perspectives d’avenir des enfants.

En colère à gauche et à l’extrême-droite

Les sympathisants de gauche sont les plus nombreux à souhaiter que les Français se soulèvent. 80% d’entre eux rêvent d’une révolte, tout comme 59% des sympathisants du Modem. Autre frange de la population qui se prononce pour une révolte : les sympathisants du Front national, qui souhaitent une révolte à 67%.
A l’opposé, les sympathisants de la droite ne sont que 39% à souhaiter que les Français fassent la révolution.

Motivés, mais résignés

Contrairement aux peuples tunisien et égyptien, les Français ne se croient pas capables de mener à bien une révolution. Moins de la moitié d’entre eux (49%) pensent en effet qu'une telle situation serait possible en France.
Les sympathisants de gauche ne sont toutefois que 19% à penser que les Français ne sont pas capables de se révolter, contre 82% de sélecteurs de droite.
*Enquête réalisée les 10 et 11 février 2011 sur un échantillon de 1.247 personnes âgées de 18 ans et plus.

source :  europe1.fr

REVOLUTION : Jusqu’où ira la révolte du monde arabe ? (vidéos)




L’émission « Ce Soir Ou Jamais » du 1o février 2011. Tunisie, Egypte, et après ? Les événements de Tunisie et d’Egypte questionnent l’avenir de la région . Va-t-on assister à une démocratisation du monde arabe, ou bien les éléments les plus radicaux vont-ils l’emporter ? Peut-on parler de révolutions ? Jusqu’où ira le phénomène ? Invités : Tariq Ramadan islamologue, Alain Gresh journaliste, Albert Memmi écrivain, Nicole Bacharan politologue, Wassyla Tamzali essayiste, Rayess Bek rappeur, Christophe Ayad journaliste.



















source : mecanopolis.fr

mardi 15 février 2011

Otages : Le gouvernement français a deux poids, deux mesures. Il faut faire savoir la vérité

Lettre ouverte aux journalistes :



"Mesdames, Messieurs,
           
 En tant que journalistes, sans aucun doute, vous avez entendu parler de Salah Hamouri. Ce jeune franco-palestinien est incarcéré dans une prison israélienne depuis presque six ans alors qu’il est innocent de ce que lui reprochent les autorités israéliennes. Aucune preuve n’a pu être apportée contre lui. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter son site : http://www.salah-hamouri.fr. Son comité de soutien est composé de personnalités et de personnes très diverses aux opinions politiques de droite comme de gauche (sauf d’extrême droite).
Le Président de la République a reçu toutes les familles de Français incarcérés à l’étranger, sauf celle de Salah Hamouri malgré les nombreuses demandes des adhérents de son comité de soutien, d’autres personnes et de sa maman, Madame Denise Hamouri, de nationalité française. Entre autres, il a reçu plusieurs fois la famille du soldat franco-israélien Gilad Shalit. Il a rencontré ses parents en Israël, il leur a écrit. Il a dit : Nous n’accepterons jamais que sa vie soit mise en danger… Sa libération est une priorité, un accord est possible… Nous voulons que le caporal Shalit soit libre, pas simplement parce qu’il est à moitié français mais parce qu’il le faut. Alors pourquoi ne propose t’il pas un échange avec Salah Hamouri, à moitié français lui aussi ? Inscrivez Sarkozy sur le site de Gilad et comparez avec le site de Salah.  Pourquoi deux poids, deux mesures ?
En réponse à une lettre du Comité de soutien de Salah adressée à Madame Michelle Alliot Marie, ministre des affaires étrangères lui demandant d’intervenir auprès des autorités israéliennes, elle a écrit : Il n’appartient pas aux autorités françaises d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un Etat souverainPourtant en Iran, au Mexique ou ailleurs, les autorités françaises interviennent publiquement en faveur de compatriotes emprisonnés, sauf pour Salah. Voici la dernière preuve  au sujet du recours en cassation de Florence Cassez refusé par la justice mexicaine.  Madame Alliot Marie répète sur les médias : c’est un déni de justice qui aura des conséquences sur les relations entre la France et le Mexique. L’ambassadeur du Mexique est convoqué sur le champ au quai d’Orsay et le Président fait savoir qu’il recevra la semaine prochaine la famille de Florence Cassez. Pourquoi ce qui est valable pour le Mexique ne l’est pas pour Israël ?
Evidemment je suis absolument d’accord pour que le gouvernement français intervienne pour soutenir tous les Français emprisonnés à l’étranger quel que soit le motif de leur détention et que le Président reçoive les familles. Mais sans exception. Il y en a une : Salah Hamouri. Et en plus, il est innocent. Est-ce un crime de vouloir vivre en paix, à côté d’Israël,  dans une Palestine libre où il est né ?  Salah est le plus vieux prisonnier politique français. Il est incarcéré depuis le 13 mars 2005 et il n’a pas encore 26 ans. Justice doit lui être rendue. Son visage devrait apparaître à la télé à côté de ceux de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière parce que lui aussi est un otage innocent.
Je vous remercie de bien vouloir faire connaître sa situation aux téléspectateurs ou de publier ma lettre et vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, mes salutations humanistes.
Le 11 février 2011 "

Andrée Rolland Garcia                  
10 allée Pierre Cot                                                   
TF 1 - France 2 et 3                                                
38550  Le Péage de Roussillon    

source : Lhumanité.fr

FRANCE / PALESTINE : Lettre de Salah Hamouri a Nicolas Sarkozy le 14/07/2010

 J’espère que vous lirez cette lettre...

Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté - Egalité - Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay - j’espère que vous lirez ma lettre.
Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.
Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.
Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.
Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.
Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?
Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.
Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.
Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.
Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.
Bien à vous,
Salah Hamouri Prison de Guilboa Section 4 Le 14 juillet 2010

dimanche 13 février 2011

POLITIQUE : Ilham Moussaïd et onze militants quittent le NPA (vidéo)

En mars, pendant les régionales, l’histoire avait provoqué une tempête : Ilham Moussaïd, militante portant le voile, était candidate dans le Vaucluse sur la liste du NPA. Sept mois après, elle quitte le parti anticapitaliste avec onze de ses camarades des quartiers d’Avignon.
Dans une lettre révélée hier par Mediapart, l’un de leur chef de file, Abdel Zahiri, explique un choix «qui n’est motivé ni par la haine ni par la colère. […] La manière dont certain(e)s ont agi à notre égard jusqu’à lancer une véritable chasse aux sorcières, où nous sommes montrés du doigt comme des pestiférés, et l’attente d’un congrès (qui paraît ne jamais arriver) pour trancher si nous avons notre place au sein de ce parti n’est ni à la hauteur ni digne d’un parti de masse révolutionnaire».
Le jeune militant donne tout de même rendez-vous à ses ex-camarades : «Nous avons encore beaucoup de lutte à mener ensemble donc je vous dis à bientôt.»

source : liberation.fr




Indigenes de la République - Etat Generaux de l'ISLAMOPHOBIE
envoyé par frenchstreettelevirtuelle




samedi 12 février 2011

Maroc: «Nous assistons à une "benalisation" du régime» monarchique

MONDE ARABE - Depuis deux ans, le régime se durcit...

 Le Maroc se distingue des autres pays du Maghreb par son régime monarchique. Le roi, qui a aussi le titre de «commandeur des croyants» depuis 1962, concentre l'essentiel du pouvoir.

Après l'absolutisme de Hassan II,le règne de Mohammed VI a été marqué par la libéralisation politique et le volontarisme économique. La presse, pluraliste, bénéficie de la liberté d'expression à condition de ne pas franchir trois lignes rouges connues de tous, mais assez vagues: le roi, la religion et l'intégrité territoriale (en référence au contentieux sahraouie).
Depuis deux ans, de l'avis de nombreux observateurs indépendants, la situation de la liberté d'expression régresse: procès multiples, asphyxie financière des titres les plus irrévérencieux, saisies de journaux, peines de prison ferme pour les blogueurs les plus critiques.
«Impression de démocratie»
«Nous assistons à une "benalisation" du régime», constate un journaliste influent de Rabat. Et si les projets de développement –infrastructures de transports, logements, assainissement– fleurissent grâce à une forte croissance, les inégalités restent criantes.
Le PIB par habitant se classe au 117e rang mondial, selon le FMI. Loin derrière la Tunisie (82e), l'Algérie (97e) et l'Egypte (103e). Et la holding royale SNI, présente entre autres dans l'agroalimentaire, la distribution ou l'énergie a un chiffre d'affaires qui correspondrait à 5% du PIB.
«La famille royale joue les premiers rôles sur la scène économique», note l'hebdomadaire TelQuel, qui fait lui aussi le parallèle avec le régime de Ben Ali. Concentration des richesses et du pouvoir, un cocktail explosif? «La différence avec la Tunisie, c'est que, eux, sont instruits, nuance Khadija Ryadi, présidente de l'Association marocaine des droits humains. La moitié des Marocains sont analphabètes. Il leur est difficile de se forger une opinion politique.»
Et, poursuit-elle, «la société civile marocaine, riche de 80.000 associations (dont une centaine sont interdites), est très active. Cela donne une impression de démocratie.»
Au Maroc, A. S. 

ATTENTION FACEBOOK VOUS MANIPULE ?

MODIFICATION FACEBOOK
Avez-vous remarqué que vous voyez toujours les mêmes personnes sur Facebook  récemment ? Avez-vous aussi remarqué que quand vous postez quelque chose (status, photos, liens), c'est le même cercle d'amis qui commente et tous les autres semblent vous ignorer ?


Ne vous inquiétez pas, tout le monde vous aime et personne ne vous a bloqué volontairement. Le problème, c'est qu'une grande partie de vos amis de voient plus ce que vous postez, et voici la raison :


Quand Facebook a lancé son "nouveau profil", cela a aussi modifié la façon dans vos actualités s'affichent. Désormais, Facebook limite les posts  que vous voyez à ceux des gens avec lesquels vous interagissez le plus. Donc si certaines personnes ont disparues de votre fil d'actualités ou si vous ne voyez plus leurs commentaires, c'est que vous êtes invisible pour eux. Merci Facebook…


Voici la solution :
1) Allez tout en bas de votre page "fil d'actualité" (pas la page de votre compte)
2) Cliquez sur "modifier les options"
3) Cliquer sur "Afficher les publications de"
4) Changez le réglage en sélectionnant "Tous vos amis et toutes vos pages".
5) Fini !

Et faites passer le message pour que Facebook continue à être un site communautaire dont VOUS contrôlez les réglages.

source : Vincent H

vendredi 11 février 2011

EGYPTE : Moubarak abandonne le pouvoir sous la pression de la rue.

"Eu égard aux graves circonstances que traverse Égypte, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner la présidence de la République et de confier la gestion du pays au Conseil supérieur de l'armée." De cette façon solennelle, Omar Souleiman, jusqu'ici vice-président, a annoncé au peuple la démission de son chef. Une clameur de joie s'élève à la place Tahrir (la Libération), épicentre de la contestation depuis dix-huit jours. Pendant plus d'un quart d'heure, au Caire, à Alexandrie, et dans Égypte entière, les cris de joie empêchent d'entendre des slogans. Puis, dans la capitale, des voitures parcourent les rues et les avenues en klaxonnant avec force. Le bonheur est général.
Pourquoi Hosni Moubarak est-il revenu sur sa décision ? Le raïs a sans doute cédé à la pression populaire. Le 10 février, à 23 heures, il a annoncé à la télévision qu'il ne quitterait pas le pouvoir, mais qu'il donnait au Parlement l'ordre d'amender certains articles de la Constitution, et à la justice celui de retrouver les coupables des crimes. Il a déclaré confier également à son vice-président certaines de ses prérogatives, tout en gardant la direction de la période de transition. De quoi déchaîner les manifestants place Tahrir : "Moubarak, va-t'en !", "Moubarak, dégage !"... Les cris de rage se poursuivront pendant toute la nuit. Au matin, la place Tahrir accueille toujours des centaines de milliers de personnes, et des groupes venant de tous les quartiers du Caire les rejoignent. À Héliopolis, en début d'après-midi, la foule entoure le palais présidentiel malgré la présence de l'armée, et manifeste sa colère : "Tu ne remettras plus jamais les pieds dans ce palais"... À Alexandrie, le palais présidentiel de Ras El-Tin est également encerclé. À El-Arich, dans le Sinaï, quatre manifestants sont tués et quinze sont blessés dans des affrontements avec la police. À Assiout, en Haute-Égypte, on compte deux morts et une dizaine de blessés. Le peuple est en guerre. Moubarak effectue un rétropédalage.

source : Lepoint.fr





jeudi 10 février 2011

EGYPTE : Moubarak s'accroche à son poste mais délègue ses pouvoirs au vice-président (vidéo)


La déception est grande parmi les Egyptiens qui s'attendaient au départ du président Hosni Moubarak. Finalement, dans une allocution à la télévision d'Etat, jeudi 10 février à 22 heures, le président égyptien n'a pas annoncé sa démission et a affirmé vouloir "être enterré en Egypte". Il a cependant montré une certaine faiblesse en déléguant ses pouvoirs à son vice-président Omar Souleimane. "Je suis conscient du danger que représente cette croisée des chemins (...) et cela nous impose de faire passer d'abord les intérêts supérieurs de la nation", a déclaré Hosni Moubarak.
"J'ai décidé de déléguer mes pouvoirs au vice-président conformément à ce que dit la Constitution", a-t-il dit.


Il a déclaré vouloir "écouter les jeunes de son pays mais pas les injonctions de l'étranger".
Il a également indiqué qu'il demandait l'amendement de cinq articles de la Constitution et l'annulation d'un sixième.

Déception

Les choses s'étaient accéléré dans la journée. Les rumeurs sur une éventuelle démission du président égyptien Hosni Moubarak, semblait pourtant se préciser.

D'abord, le secrétaire du parti au pouvoir, Hossam Badrawi, avait évoqué une démission d'Hosni Moubarak sur la chaîne britannique BBC. "Je m'attends à ce que le président réponde aux revendications du peuple parce que ce qui lui importe à la fin c'est la stabilité du pays, le poste ne lui importe pas actuellement", avait-il dit.
Le chef de l'Etat avait rencontré vers 18 heures son vice-président Omar Souleimane. La télévision d'Etat avait diffusé des images de Moubarak et Souleimane en train de discuter, mais il n'apparaissait pas clairement à quel moment les images ont été tournées. Le chef de l'Etat avait ensuite rencontré le Premier ministre Ahmad Chafic, toujours selon la même source.
Interrogé sur l'annonce véhiculée par des médias d'un possible départ rapide, la CIA avait jugé "fort probable" que le président égyptien quitte le pouvoir dans la soirée, selon son directeur Leon Panetta lors d'une audition au Congrès. L'agence estimait même que Omar Souleimane saura probablement son successeur.

source : nouvelobs.com



EGYPTE : Le vice président Souleyman et ses liens avec Tel-Aviv

La menace est bien réelle et elle va croissant: depuis que le dictateur du Nil a nommé Omar Suleyman à la vice-présidence, pas un jour ne passe, sans qu’il n’apporte son lot de révélations sur la vraie posture de ce personnage de l’ombre, qui n’a cessé, tout au long des années où il a joué au super-barbouze, de servir les intérêts suprêmes d’Israël. Dans l’un de ces récents numéros, «Daily Telegraph» en apporte même la preuve : Eminence grise de Moubarak, depuis trois décennies, Suleyman s’est plié à toutes les bassesses, pour se hisser au rang, qui est, aujourd’hui, le sien, auprès de ses amis sionistes. A commencer par Roni Daniel, analyste militaire et sécuritaire, à Tel-Aviv, qui ne tarit pas d’éloges, à son égard, allant même jusqu’à parler de l’existence d’un «téléphone rouge», qui relierait son bureau à celui de la plupart des autorités israéliennes. Amos Guilad, le Directeur de l’unité du Renseignement du ministère de la Guerre en est un, lui, qui se dit soulagé, rien qu’à l’idée qu’un aussi humble serviteur que Suleyman soit propulsé au plus haut sommet de l’Etat égyptien, maintenant que celui-ci prend eau de toute part. Et Guilad a raison, car, ni Israël, ni les Egyptiens, ni même cette rue arabe qui vit intensément la miraculeuse mue démocratique du Maghreb, n’ont oublié les multiples félonies, dont le Lieutenant -Général s’est rendu coupable. Au plus fort de l’offensive israélienne contre Gaza, quand des milliers civils, épouvantés, cherchaient à fuir les bombes, à percer les frontières de Rafah, pour sauver leur vie, Suleyman était bien là, à verrouiller la seule porte de sortie de l’enfer, à regarder les Palestiniens se faire déchiqueter, à s’en vanter même devant ses suzerains sionistes. Tout ceci a fait que, dès 2008, Israël voyait en cette fripouille de la pire espèce, le candidat idéal, pour succéder à Moubarak. Si la révolte populaire, en Egypte, venait à capoter, si les vautours du militarisme venaient à la falsifier, c’en serait, définitivement, fait des espoirs de changement, de liberté, d’indépendance, de retour à la source. Ce serait, surtout, un crime «impardonnable» aux yeux de l’Histoire. Gare, donc, à tous les Egyptiens, à tous ceux qui ne veulent pas trahir l'Histoire, en battant en retraite, face aux puissances dominantes !


source : alterinfo.net

Autre article interessant : Qui est Omar Souleyman ?



SIONISTE : Au dîner du CRIF Nicolas Sarkozy insiste « La présence du judaïsme est attestée en France avant même que la France ne soit la France, avant même qu'elle ne soit christianisée »


C'est un «ami d'Israël» qui est venu parler hier soir, mercredi, aux représentants de la communauté juive de France. Invité d'honneur du dîner du Crif, Conseil représentatif des institutions juives de France, où le tout Paris politique, de gauche comme de droite, est chaque année convié, le président de la République a voulu rassurer. «Les manifestants de Tunisie ou d'Égypte n'ont pas crié à bas l'Occident, à bas l'Amérique, ou à bas Israël. Ils n'ont pas prôné un retour vers le passé d'un âge d'or islamique mythifié. Ils ne se sont attaqués à aucune minorité», a-t-il fait valoir face à un auditoire qui craint l'arrivée au pouvoir des islamistes en Egypte, et le retour des tentations guerrières à l'égard d'Israël.

Face aux dignitaires religieux, juifs, chrétiens, musulmans, réunis au pavillon d'Armenonville, dans le bois de Boulogne, Nicolas Sarkozy et le président du Crif Richard Prasquier ont salué la mobilisation en faveur de la démocratie au Caire comme à Tunis. «Ce début d'un printemps des peuples est encourageant parce qu'il est positif et parce qu'il est authentique», a plaidé le chef de l'Etat mais, a-t-il ajouté, «je me garderai bien de conclure trop vite». «Qui peut dire quelles seront les étapes à venir? Nous avons déjà eu tant de mal à distinguer les étapes précédentes! Qui peut exclure des dérives brutales ou totalitaires? Personne», a-t-il admis.

Sans répondre directement à Richard Prasquier, qui, en faisant d'Israël le «seul Etat démocratique de la région», a dénoncé le «boycott commercial» contre Israël, visant, selon lui, à le délégitimer et à «lui interdire les moyens d'assurer sa sécurité», Nicolas Sarkozy a plaidé que «la paix entre les Israéliens et les Palestiniens est un problème pour chacune de nos démocraties parce que sur ce conflit qui n'en finit pas, se nourrit le terreau du terrorisme et de l'extrémisme dont nous souffrons aussi». Il a voulu donner un signe fort en insistant sur «les racines juives de la France», au même titre que les «racines chrétiennes». «La présence du judaïsme est attestée en France avant même que la France ne soit la France, avant même qu'elle ne soit christianisée», a-t-il insisté.

source : Leparisien.fr

a lire le discours de Richard Pasquier au diner du C.R.I.F le 09 fevrier 2011





L'OEIL Ep17 - La terre promise (Le temple de Salomon)
envoyé par streettelevirtuellecompt3

mercredi 9 février 2011

EGYPTE : le pouvoir brandit la menace de l'armée, la révolte s'étend

Maintenant la pression, la Maison Blanche a estimé que la poursuite de la mobilisation populaire montrait que les réformes politiques n'étaient encore pas suffisantes, alors que le département d'Etat a encouragé l'armée égyptienne à continuer à faire preuve de modération.
Au 16e jour de la révolte, sur la place Tahrir au Caire, symbole du mouvement de contestation qui ne s'essoufle pas, des centaines* de milliers de manifestants ont encore réclamé le départ de M. Moubarak, qui a gouverné l'Egypte d'une main de fer pendant près de 30 ans.
Les protestations ont touché une ville à 400 km au sud du Caire, El Kharga, où cinq personnes, blessées la veille dans des heurts entre manifestants et policiers qui ont fait usage de balles réelles, ont succombé mercredi, selon des sources médicales. Il y a aussi eu une centaine de blessés.



A la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd (nord-est), dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) ou encore à l'aéroport du Caire.
Durcissant le ton à l'égard des manifestants qui ont rejeté toutes les mesures d'apaisement du régime, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a prévenu que l'armée interviendrait "en cas de chaos pour reprendre les choses en main".
"Si cela arrive (...), les forces armées se verront obligées de défendre la Constitution et la sécurité nationale de l'Egypte. Nous serons dans une situation très dangereuse", a-t-il dit, selon l'agence officielle Mena qui reprenait une interview accordée par le ministre à la chaîne Al-Arabiya.
M. Aboul Gheit a aussi accusé les Etats-Unis, un allié de l'Egypte, de chercher à "imposer" leur volonté à l'Egypte par leur exigence de réformes immédiates, dans un entretien à la chaîne américaine PBS.
Déjà mardi, le vice-président Omar Souleimane avait averti qu'une fin immédiate du régime "signifierait le chaos".
Les propos de M. Souleimane ont été dénoncés par l'opposition, dont les Frères musulmans (créé par les états-unis ?), bête noire du régime. "Il s'agit d'une menace inacceptable aux yeux du peuple égyptien", a affirmé un responsable de la confrérie. Les manifestations "continueront quelles que soient les menaces".
L'armée, épine dorsale du régime, a été appelée le 28 janvier en renfort de la police, en particulier pour faire respecter le couvre-feu instauré au Caire, à Alexandrie (nord) et Suez (est) de 20H00 (18H00 GMT) à 6H00 (4H00 GMT). Présente autour de la place Tahrir, elle n'est pas intervenue pour faire partir les milliers de manifestants anti-Moubarak qui s'y sont installés jour et nuit.
Les manifestants refusent d'ailleurs de lâcher prise, exigeant toujours le départ immédiat de M. Moubarak, 82 ans, qui a promis de s'effacer à la fin de son mandat en septembre et formé une commission pour amender des articles contestés de la Constitution, liés à la présidentielle.
"Je n'ai pas peur, j'ai déjà vu la mort", a assuré Ahmad Talal, un étudiant de 25 ans, parmi une foule dense agitant des drapeaux égyptiens place Tahrir. "Je ne crains pas les paroles ou les menaces de Souleimane, parce que nous sommes là pour gagner notre liberté et celle de notre pays".
Non loin de là, des centaines de manifestants ont encerclé le Parlement et le siège du gouvernement au Caire, situés l'un en face de l'autre. Les deux bâtiments étaient protégés par des blindés et le Conseil des ministres a dû se tenir dans un autre lieu.
Les manifestants anti-gouvernementaux ont été galvanisés par la foule monstre rassemblée la veille place Tahrir, où, selon des photographes de l'AFP, le nombre des protestataires a été le plus important depuis le début de la contestation.
La révolte a aussi touché la ville d'Assiout, au sud du Caire, où des manifestants anti-Moubarak ont bloqué une voie de chemin de fer et coupé une autoroute reliant le nord et le sud du pays à l'aide de pneus brûlés.
Des manifestants ont également saccagé un bâtiment officiel dans la ville de Port Saïd (nord-est), à l'entrée méditerranéenne du canal de Suez.
Parallèlement, la vie a continué de reprendre son cours au Caire, où la plupart des commerces avaient rouvert.
Mais le nouveau ministre égyptien de la Culture, Gaber Asfour, a annoncé sa démission, en invoquant des "raisons médicales".
Depuis le 3 février, les manifestations se déroulent le plus souvent dans le calme et l'armée n'est intervenue contre les protestataires. Des heurts entre policiers et manifestants les premiers jours, puis entre pro et anti Moubarak le 2 février, ont cependant fait près de 300 morts, selon l'ONU et Human Rights Watch, ainsi que des milliers de blessés.



EGYPTE : Manifestation exceptionnelle plus d'1 millions de personnes. 5 morts 100 blessés

Au moins cinq personnes ont été tuées et une centaine blessées lors d'affrontements entre la police et des manifestants dans le sud de l'Égypte, a-t-on appris mercredi de sources médicales, au 16e jour de la contestation contre le président Hosni Moubarak.
Les manifestations ont commencé lundi dans la ville d'El Kharga, à plus de 400 kilomètres au sud du Caire, et ont dégénéré mardi après qu'un policier eut insulté les protestataires, a expliqué un responsable de la sécurité sous le couvert de l'anonymat.
La police a alors tiré à balles réelles contre des manifestants, faisant une centaine de blessés. Trois des blessés ont succombé mercredi, selon ce responsable, tandis que des sources médicales ont fait état de cinq décès.
A l'annonce des décès, la foule en colère a réagi en mettant le feu à sept bâtiments officiels, dont deux commissariats, un tribunal et le siège local du parti du président Hosni Moubarak, le Parti national démocrate (PND).
Au Caire, les manifestants de la place Tahrir au Caire ne semblaient pas vouloir lâcher prise mercredi, au lendemain d'une mobilisation monstre pour exiger le départ immédiat de M. Moubarak.

Source : cyberpress.ca





EGYPTE : El Baradei ne se présentera pas a l'élection présidentielle (vidéo)


Le prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei, principale figure de l'oppostion, a assuré au journal autrichien Der Standard qu'il ne se présentera pas à l'élection présidentielle en Egypte. "Je n'y prendrai pas part. Le mieux que je puisse faire, c'est d'oeuvrer pour le changement", a-t-il expliqué. "Naturellement, je veux jouer un rôle dans le futur, mais le choix du candidat à l'élection n'est vraiment pas la priorité pour le moment".

Source : Lefigaro.fr





MAROC : Nadie Yassine "Toute manifestation pacifique peut compter sur notre soutien"

Nadie Yassine, marocaine de 52 ans, est la seule figure féminine de premier rang parmi les courants islamistes du monde arabe. Fille du cheikh Yassine, fondateur de Justice et Spiritualité, elle est de facto la porte parole de ce mouvement qui possède une grande capacité de mobilisation au Maroc. Le succès de la convocation, lancée par une poignée de jeunes sur Facebook, pour protester le 20 février dans les principales villes du pays, dépend, dans une certaine mesure, de l'attitude des islamistes marocains qui n'ont pu être légalisés car ils se refusent à accepter que le Roi soit le Commandeur des Croyants.

Question. Dans une interview avec El País le prince Moulay Hicham disait que le Maroc ne ferait pas exception dans le monde arabe. Le pensez-vous ?
Réponse. L'observateur étranger a l'impression qu'au Maroc c'est plutôt calme et stable A preuve, les touristes qui ont changé de cap vers notre pays. Le garant serait la monarchie basée sur une légitimation religieuse et la soi-disant ouverture démocratique couronnée par l'inclusion des islamistes dans le champ politique. Moi, je dis que ce calme apparent n'est peut-être que le silence qui précède une tempête comme celle qui secoue le monde arabe pour la simple raison que les causes initiales de l'intifada ne sont pas politiques mais sociales. Si des causes objectives liées au pouvoir peuvent très bien être dégagées, la raison directe est essentiellement économique et sociale. Ces considérations nous amènent à dire que ce silence apparent n'est du peut-être qu'au fait que le Maroc est dans l'½il du cyclone. Les spécialistes de ce phénomène météorologique disent que cet ½il est bizarrement d'un calme absolu, le temps que le cyclone change de lieu. Ceci étant dit le calme n'est pas du tout absolu. Les revendications et les troubles sauvagement réprimés sont monnaie courante au Maroc depuis des années maintenant. Ce sont peut-être des prémisses auxquelles manquent quelques basculements toujours possibles. Qui prévoyait les évènements actuels il y a juste un mois de cela ? Je crois qu'au Maroc comme dans tout pays arabe il y a des équilibres sociopolitiques rongés jusqu'à la moelle qui risquent à tout moment d'atteindre ce que l'on nomme dans ce domaine « le seuil de tolérance ». Le Maroc ne sort pas du lot. Le basculement démocratique se fera de gré ou de force.
Si je reprends ma casquette d'intellectuelle en oubliant celle de militante dans un mouvement qui condamne la nature autocratique sans appel ; je dirais qu'il est grand temps pour le pouvoir marocain de penser sérieusement à jeter à la poubelle la constitution marocaine et à déclencher une véritable campagne d'épuration des réseaux népotiques en rendant au peuple marocain ses biens spoliés et en instituant un système juridique qui ne soit pas axé sur l'impunité et le deux poids deux mesures. Que le Makhzen ne se croie plus au dessus de l'Histoire. S'il y a une exception marocaine, il y a aussi des similitudes certaines avec le reste des pays arabes.
Q. Qu'est ce qui différencie le Maroc de la Tunisie et de l'Egypte et qu'est-ce qui le rend semblable à ses voisins d'Afrique du Nord ?
R. Pour les différences, il est très important de noter que feu Hassan II est pour beaucoup dans les équilibres, justement, qui tiennent le Makhzen debout jusqu'à maintenant. C'était un grand stratège qui a légué à son fils un système des plus ficelés. Il a joué sur la terreur et sur la prestidigitation politique qui consistait à donner l'impression qu'il y a une alternance gouvernementale et à sortir de nulle part des partis constitués de petits copains du palais pour l'illusion démocratique. Il a aussi misé sur un abrutissement déguisé du peuple en un enseignement des plus délétères que je qualifierais de « crime contre l'humanité ». Il a créé un système de corruption systémique destiné à créer des circuits parallèles d'enrichissement et à remplir les poches d'une élite-suppôt qui continue à sucer impunément le sang des marocains. Tout cela a été encadré par une propagande royalement menée destinée à sacraliser la personne du Roi et à en faire un demi-dieu. La Constitution octroyée , non pas au peuple en fait, mais à sa descendance a, quant à elle, été l'instrument clef et le verrouillage final de cette démodictature (selon la formule de Mr Harrif ). Le programme politique légué à son successeur était de «durer» coûte que coûte.
On croit donc pour cela le Maroc différent et à l'abri parce que l'institution royale est séculaire d'une part ; que le roi est jeune et qu'il surfe sur sa renommée de «roi des pauvres » établie par un Makhzen fidèle aux enseignements hassanien. On le croit aussi parce que l'armée et la police sont deux piliers essentiels du régime et que le taux d'analphabétisme fait du peuple marocain un candidat douteux pour un processus démocratique. Tous ces paramètres pourraient être balayés par d'autres que nous partageons avec le monde arabe. Nous savons tous que les soulèvements sont l'½uvre spontanée d'une jeunesse en colère. Hors Le Maroc a une configuration démographique tout à fait semblable aux autres pays concernés. La cause première de la colère des jeunes est due à de multiples facteurs nationaux et internationaux, objectifs et subjectifs qui sont exactement les mêmes chez nous.
Les facteurs objectifs sont:
1) Le taux de chômage qui avoisine le 20%. Gonflez toujours les chiffres officiels car ils sont souvent rognés et soulignez que ce taux concerne essentiellement les diplômés ; ce qui aggrave la situation vu le sentiment d'inutilité sociale après tant d'années d'effort.
2) La baisse de l'émigration après l'établissement des visas, de la stratégie de l'émigration sélective et de la montée de l'islamophobie en Europe (terre d'accueil dans le passé) ou de xénophobie tout court
1) La rapacité des dirigeants pratiquant un népotisme qui favorise à son tour une corruption sans nom.
Les facteurs subjectifs
1) L'humiliation, la fameuse hogra, concept cher à Mr Manjra, que tout sociologue chevronné devrait inclure sérieusement dans ses approches concernant le monde arabe et son histoire avec le pouvoir.
2) La frustration provoquée par la proximité technologique et médiatique d'un Occident perçu comme un Eldorado de liberté et de dignité mais aussi de bien-être dont la jeunesse est privée.
Q. Des jeunes marocains ont convoqué à travers le Facebook des concentrations le 20 février. Est-ce que votre mouvement se joindra à eux ? J'ai cru comprendre que certains membres, comme Hassan Benajah, y sont favorables ?
R. Nous n'avons pas attendu ces évènements pour être favorables à toute liberté d'expression. Nous avons même été les précurseurs des manifestations de rue pacifiques et organisées du temps de la chape de plomb en 1990 et mon procès rentre dans le cadre de cette liberté d'expression confisquée constitutionnellement. Nous sommes très fiers de la jeunesse arabe dont fait partie la majorité écrasante de notre mouvement et saluons avec beaucoup de respect la jeunesse tunisienne et la jeunesse égyptienne. Je ne sais pas quelle décision prendront les instances dirigeantes du mouvement mais je pense que toute manifestation qui serait pacifique, civilisée, organisée et qui aurait des garanties de ne pas déraper en une émeute violente contre les biens et les personnes pourrait compter, je pense, sur notre soutien. Nous sommes une force tranquille profondément ancrée dans le peuple et si nous ne faisons aucun choix pour lui, nous serons avec lui dans ses choix tant que la non-violence est respectée.
Q. Cette vague de protestation qui parcourt le monde arabe est-elle bien différente aux mouvements qu'on a connus dans le passé ? Les islamistes y jouent-ils un rôle ?
R. Je pense que les peuples arabes ont toujours gémi sous le joug des pouvoirs et ce depuis la nuit de nos temps. La post-colonisation a créé des situations inextricables et a fait de tous les gouvernants des ennemis de leurs peuples. Les révoltes ont été réprimées dans le sang et cela continue d'ailleurs. Au Maroc, il y en a eu de très sanglantes depuis l'indépendance. De celle d'Addi ou Bihi purement sécessionniste à celle revendicative de 1965 en passant pas l'écrasement du Rif. Les émeutes de la faim sont monnaie courante dans le Maroc actuel.
Deux choses essentielles donnent cependant une particularité à ces soulèvements. Je commencerai par le contexte international caractérisé par une volonté américaine de «démocratiser» le Proche-Orient et l'autre propre à un monde global où les media de masse et l'internet sont des acteurs à part entière. Je ne suis pas en train de dire que les USA ont provoqué ce qui se passe. Je pense qu'ils sont été les premiers surpris. Le discours officiel en témoigne en tout cas puisqu'on a remonté les bretelles des services d'espionnage. Je dis simplement que leur pragmatisme traditionnel et leur connaissance du terrain les rend sensible aux points de non retour. Ils s'adaptent donc et coopèrent même parfois pour que les rênes ne leur échappent pas complètement. On plaît aux américains quand on est un peu corrompu mais pas quand on est pourri au point de compromettre à court ou à long terme la stabilité du système, les américains lâchent leurs alliés. Quand la corruption empêche les mécanismes d'intégration et que l'on va droit au mur et au chaos, les Etats-Unis savent quand il faut retourner la veste et laisser choir les amis intimes. Ils ont cependant un seuil à ne pas dépasser notamment avec Israël et c'est ce qui fait que rien n'est encore vraiment dans la poche notamment concernant l'Egypte.
Cette révolte de la jeunesse arabe a mis fin à l'histoire de l'épouvantail islamiste et chaque jour les islamistes de ces pays concernés nous prouvent leur grande sagesse et leur adaptation aux paramètres objectifs de la conjoncture. La dimension qui est restée constante est bien cette proximité du peuple. N'oublions pas que si personne n'a parlé de Coran constitution comme par un passé infantile, tous priaient sur la place Tahrir et les vendredis sont des jalons significatifs. L'image des coptes chrétiens qui faisaient le guet pour protéger leurs compatriotes musulmans en prière a remis en question aussi l'Islam danger pour l'altérité. L'image est désormais plus complexe sauf pour ceux qui ne veulent rien savoir.
Q. L'Occident, l'Europe doivent-ils avoir peur de En Nahda en Tunisie, des Frères Musulmans en Egypte ou de votre mouvement au Maroc ? Les islamistes seront-ils un jour au monde musulman ce qu'a été la démocratie chrétienne à l'Europe ?
R. Justement ce que j'étais en train de dire c'est que les forces qui décident du sort de la planète ont compris que non seulement ce référentiel était incontournable mais il était peut-être un facteur essentiel dans la stabilité sociale et une alternative réellement démocratique. Ce serait comme le déclare Ghassan Salamé, cet élément fédérateur nécessaire à toute transition démocratique qui empêcherait l'effritement inhérent à l'absence de la force brutale des régimes en place. Ce serait aussi un facteur moralisateur non pas dans le sens caricatural qui fait allusion au voile imposée et à des détails ridicules mais en tant qu'antidote efficace contre la gangrène de la corruption qui empêche toute stabilité. L'Occident ne devrait donc pas avoir peur des islamistes et devrait oublier le scénario de l'Iran diabolisé. Il serait plus juste de penser au modèle turc concernant les frères musulmans et En Nahda de Tunis. Le temps a beaucoup muri ces deux mouvements qui ont prouvé leur capacité à évoluer et à être au niveau des défis de la Realpolitik et de ses contraintes. Les utopies finissent toujours par des attitudes plus terre à terre et tout le monde ne s'en porte que mieux.
Quant à notre mouvement, il a assez prouvé sa pondération depuis trente ans et dans « islamiser la modernité » et d'autres écrits, il n'est en aucun cas question de s'accaparer du pouvoir. Nous prônons bien au contraire le respect de la souveraineté populaire, la séparation des pouvoirs, le recours aux urnes, le multipartisme. Notre seul souci devant l'islamophobie affichée par certains discours belliqueux en Europe et ailleurs c'est de protéger notre droit d'être musulmans.
Bien sûr, personne ne croit les islamistes sur parole mais comme dit Ghassan Salamé il faut faire «le pari de la démocratie». Donc je pense que oui, je pense qu'il est très juste de comparer ce que vivra le monde arabe à l'histoire de la démocratie chrétienne avec certainement des réserves et des hauts et des bas parce que la base humaine en terre arabe est très fragilisée par l'analphabétisme synonyme de rigidité et de radicalité. En tout cas, les interlocuteurs capables de négocier avec les peuples la couleur de l'avenir sont certainement ceux qui rassurent les peuples musulmans sur leur identité profonde : les islamistes en l'occurrence.
Q. Comment jugez-vous l'attitude des Etats Unis face à la révolution tunisienne, égyptienne et à l'ensemble du monde arabe ?
R. Je crois que j'ai déjà répondu à cette question. Les Etats-Unis sont des pragmatiques invétérés et cyniques. Il est deux questions vitales pour eux : l'énergie et Israël. Ils soufflent donc le chaud et le froid et avancent très prudemment humant, à la manière des indiens qu'ils ont massacrés sans état d'âme, la direction du vent. Leur lourde implication dans des guerres en Irak, en Afghanistan, contre tous les moulins à vent réunis sous le vocable «Al Qaeda», leur dette faramineuse ne leur permettent quand-même pas de mater toutes les insurrections du cosmos. Il faut bien opter pour des stratégies et des actions diplomatiques plus évoluées et plus à même de garantir une certaine stabilité sans trop de coût. Pour cela, sans aller jusqu'à dire qu'ils ont provoqué ce mouvement de rue, je crois qu'ils ne s'y sont pas opposés et certaines mauvaises langues vont jusqu'à dire que Anonymous est une créature de la CIA pour pallier à d'éventuels coupures du net. Je pense que les Etats-Unis n'avaient pas beaucoup d'options à long ou à court terme. L'islamisme étant un paramètre incontournable, il est plus intelligent d'encourager des alternatives incessantes où ils ne seraient qu'un figurant et non le jeune premier. Ne pas soutenir les dictateurs devant une révolte spontanée, non idéologique et « jeune» est aussi un moyen de réduire l'impact des mouvements islamistes et de pouvoir composer avec eux un paysage où ils ne sont qu'une partie et non le centre du changement qui était inévitable.
Q. En lisant les câbles dévoilés par Wikileaks on apprend que votre mouvement a des relations avec l'Ambassade des États-Unis. Quelles sont ces relations ?

R. Je voudrais avant de répondre à la question m'arrêter à ce phénomène Wikileaks lui-même. Jacob Heilbrun a dit dans la célèbre revue The national interest que « c'est à se demander si ce n'est pas Obama lui-même qui organise les fuites» tellement cela redore le blason américain et rassure sur sa vigilance et sa parfaite maîtrise du terrain.
Ceci étant dit, le mouvement qui, s'il est taxé de non reconnu par le pouvoir est tout à fait officiel à nos yeux et nous n'avons rien de clandestin. Pour cela, le protocole diplomatique veut que tous les diplomates se doivent de connaître les acteurs politiques et nous en sommes un de taille même sans intégrer le système. Nous avons dans ce cadre là été contactés par beaucoup d'autres diplomates et pas seulement par l'ambassade américaine. J'avais même dit dans un journal local que « nous soutenons tout ce qui tient du dialogue au point où même le diable n'en est pas exclu ». Rien donc d'extraordinaire à ces révélations et ce genre de rencontre est tout à fait routinier.
Q. Êtes vous au courant de que qu'a dévoilé Wikileaks sur le Maroc ? Cela vous surprend-t-il ?
R. Je crois que ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Mais mis à part cette histoire de Wikileaks qui, bizarrement, promet un déluge d'informations au moment même où la terre bouge sous les pieds des gouvernances arabes devenues trop lourdes à porter et à soutenir. Tout ce que l'on apprend n'a de valeur ajoutée que pour son goût de scandale orchestré. Qui ne sait pas au Maroc que la corruption touchait aussi les proches du palais ? Qui parmi les marocains ne savait pas que l'immobilier au Maroc a créé des barons du ciment comme il existe des barons de la drogue. Qui ne sait pas que le peuple n'a que des petites miettes du gâteau Ce sont des secrets de Polichinelle. Transparency ne cesse de proclamer cela depuis des décennies. Le Mémorandum a qui de droit écrit par mon père en 1998 mettait la lumière sur les spoliations des biens publics et la fortune du palais. Boubker al Jamai a été obligé de fermer son journal et de fuir son pays pour ses dénonciations des magouilles au sommet. Ali Lamrabet est une figure de proue dans ce domaine. Rien de nouveau donc sous et dans le ciel à part de gros nuages noirs qui viennent du côté de la Tunisie.
Q. Combien de militants compte votre mouvement et aussi combien de prisonniers de conscience ? Les jeunes sur Facebook demandent d'ailleurs leur libération. Non ?
R. Douze de nos militants sont à peine sortis de prison après une peine de vingt ans que huit ont été sauvagement kidnappés, violés, tabassés puis chargés d'accusations imaginaires concernant une taupe dans le mouvement. La campagne et le soutien d'avocats militants belges amena le Tribunal de Fez à se rétracter et à prononcer le non lieu. Le procès n'est pour autant pas terminé et il reste ainsi que le mien une épée de Damoclès pour le mouvement. Nous n'avons plus de militants sous les verrous mais tous les militants sont sous surveillance. Nos sièges sont sous celle sauf celui de Salé pour des raisons d'investissements en appareils d'écoute. Certaines de nos rencontres sont systématiquement interrompus et nos membres conduits au poste de police où ils passent la nuit. La section féminine étant devenue très active est aussi concernée par ces descentes qui sont vraiment une nouveauté de la nouvelle ère. Hassan II n'avait pas osé franchir ce pas dans un pays traditionnaliste concernant les femmes.
Pour Facebook il est clair que notre jeunesse comme toutes les jeunesses maîtrisent parfaitement l'instrument et en usent. Quant à nos chiffres, nous ne le disons jamais mais le jour n'est peut-être pas loin de les révéler...

source : elpais.com