LE CHAT DE LA STREET T.V.

vendredi 4 février 2011

La Maison-Blanche négocie le départ du président égyptien pour sortir du chaos. (vidéo)

La Maison-Blanche négocie le départ du président égyptien pour sortir du chaos.

Les Américains se sont engagés depuis jeudi soir dans une délicate discussion visant à convaincre les responsables militaires égyptiens d'orchestrer le départ immédiat de Hosni Moubarak et son remplacement par un gouvernement de transition dirigé par le nouveau vice-président, Omar Souleiman. L'Administration Obama rejette ainsi le chantage formulé par le raïs, selon lequel c'est «moi ou le chaos». «Je voudrais partir, a dit Moubarak jeudi soir à la chaîne ABC. Mais si je pars aujourd'hui, ce sera le chaos.» Pour Washington, son départ est au contraire le meilleur moyen de mettre fin aux violences et de préserver la stabilité du pays.
Dans l'option privilégiée par la Maison-Blanche, le prochain gouvernement égyptien, qui serait ouvert à toutes les composantes de l'opposition, y compris aux Frères musulmans, serait chargé de lancer immédiatement une réforme constitutionnelle et de préparer des élections démocratiques. Selon le New York Times, citant des «sources officielles américaines et arabes», les responsables américains redoutent un redoublement des violences. L'Administration joue à fond la carte de sa relation privilégiée avec l'armée égyptienne, espérant arracher le soutien du chef d'état-major des armées Sami Annan et celui du maréchal Mohammed Tantawi, ministre de la Défense. Plusieurs conversations ont eu lieu entre Omar Souleiman et le pouvoir américain, notamment la secrétaire d'État Hillary Clinton et le vice-président Joe Biden. Le secrétaire à la Défense Robert Gates et son chef d'état-major sont en contact régulier avec leurs homologues égyptiens. Le patron de l'armée américaine, Mike McMullen, semble confiant quant aux intentions de l'armée de ne pas réprimer le mouvement d'opposition.

Prise de risque

Des officiels américains ont toutefois reconnu, selon le Times, que Moubarak s'obstinait dans son idée de rester jusqu'aux prochaines élections en septembre et que son entourage, militaires compris, n'était pas encore disposé à le forcer à partir. L'un des obstacles soulevés par les officiels égyptiens concerne le caractère non constitutionnel d'un tel scénario. En principe, le speaker du Parlement doit succéder au président en cas de problème. «C'est ma réponse technique, a expliqué un responsable égyptien au New York Times. Ma réponse politique est qu'ils (les Américains, NDLR) se mêlent de leurs affaires.»
La Maison-Blanche prend un risque en s'engageant aussi ouvertement dans la mêlée égyptienne. Si son scénario devait mal tourner, il pourrait générer une poussée antiaméricaine. L'autre risque est de susciter des doutes sur la fiabilité du partenaire américain chez les autres dirigeants arabes. Mais l'Administration a sans doute jugé que la passivité serait une option plus dangereuse. La mise en avant de Souleiman, un militaire respecté, ex-chef des services de sécurité, connu pour ses excellentes relations avec les États-Unis et Israël, n'est pas surprenante. Washington a besoin de garanties stratégiques pour sécuriser le canal de Suez et la frontière avec le voisin israélien. Mais il n'est pas sûr que cet homme, jusqu'ici fidèle de Moubarak, soit acceptable pour l'opposition, même temporairement.
L'expert militaire Anthony Cordesman, du Centre d'études internationales et stratégiques, appelait vendredi la Maison-Blanche à user d'une «grande prudence» pour ne pas irriter les sensibilités des militaires égyptiens. Il n'en jugeait pas moins que ce scénario de transition chapeauté par Souleiman et l'armée était «le plus probable». La spécialiste de Défense de CNN insistait quant à elle sur l'énigme que continuent de représenter, au sein même du Pentagone, les intentions réelles de la hiérarchie militaire égyptienne. «Ils regardent les mêmes images que nous et se posent la même question : qui contrôle vraiment l'armée au Caire ?»

source : Lefigaro.fr




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