LE CHAT DE LA STREET T.V.

vendredi 4 mars 2011

REVOLUTION en LIBYE : Les insurgés progressent vers l'ouest (vidéo)

Pouvoir et insurgés ont affirmé vendredi soir contrôler Ras Lanouf, ville pétrolière stratégique de l'est de la Libye

Pendant ce temps, à Benghazi, bastion de l'opposition à l'est du pays, au moins 17 personnes ont été tuées et une vingtaine d'autres blessées vendredi dans deux explosions à un dépôt d'armes.

Par ailleurs, au 18e jour de l'insurrection, le régime du colonel Kadhafi a accepté une proposition de médiation du président vénézuélien Hugo Chavez.

Le gouvernement a donné son feu vert au gouvernement vénézuélien pour qu'il crée une commission de paix. "Nous avons dit que la Libye avait accepté l'initiative de Hugo Chavez", a déclaré le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaïm à des journalistes à Tripoli.

Ses propos semblaient contredire ceux du fils cadet de Mouammar Kadhafi, Saïf al Islam, lequel estimait jeudi qu'aucune médiation étrangère n'était nécessaire pour mettre fin à la crise dans son pays.

Le gouvernement vénézuélien a proposé le 28 février une médiation internationale en Libye, une idée que la Ligue arabe "étudie", mais que l'opposition libyenne et les Etats-Unis ont rejetée catégoriquement.

Ras Lanouf, ville pétrolière et enjeu stratégique
Vendredi, les combats entre insurgés et pro-Kadhafi se sont concentrés à Ras Lanouf, dans l'est de la Libye, théâtre de bombardements et de tirs. Dans cette ville qui abrite un port pétrolier, à quelque 600 km à l'est de Tripoli, les violents affrontements entre les insurgés et les forces fidèles au colonel Mouammar Kadhafi, dans l'est de la Libye, ont fait "de nombreux morts et blessés", a déclaré un médecin dans un hôpital de Brega.

Les insurgés ont affirmé vendredi soir avoir pris le contrôle de Ras Lanouf. Peu après, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaaim a affirmé que Ras Lanouf se trouvait toujours sous contrôle du régime.

Dans la soirée, pourtant, un journaliste de l'AFP a vu des rebelles positionnés à l'extérieur du complexe des opérations pétrolières d'Harouge, des casernes militaires et du commissariat, mais il n'était pas possible de confirmer dans l'immédiat si les rebelles contrôlaient la totalité des zones résidentielles. Des centaines d'insurgés en liesse se congratulaient et tiraient en l'air pour fêter cette prise de contrôle.

Confusion sur le sort de Brega
Une source gouvernementale libyenne a démenti vendredi soir que la ville de Brega, également dans l'est de la Libye, fût tombée sous le contrôle des insurgés, comme l'avait affirmé auparavant une autre source officielle. "Brega n'est pas tombée", a affirmé à l'AFP un responsable libyen sous couvert de l'anonymat. "Nous traquons encore une bande de terroristes et de saboteurs dans cette zone", a-t-il dit. Il a ajouté que "des affrontements étaient toujours en cours".

Brega, qui abrite un terminal pétrolier sur le golfe de Syrte, a été de nouveau bombardée, ainsi que la base militaire d'Ajdabiya. Les opposants voulaient profiter de la grande prière hebdomadaire pour manifester. Ajdabiya, premier noeud de communications vers l'est et le sud-est, et Brega, important site pétrolier, sont des villes stratégiques pour que l'opposition ne soit pas isolée.

"Il est très important de protéger Brega parce que s'ils (les pro-Kadhafi) occupent cet endroit, ils se dirigeront ensuite vers Ajdabiya. Or Ajdabiya est un point central pour eux car il permet de connecter l'ouest à l'est et au sud", a expliqué un ingénieur sous couvert de l'anonymat. "S'ils s'emparent de la compagnie (pétrolière de Brega), ils peuvent couper (l'électricité) à Benghazi", a précisé Mohammed Khanis, employé sur le site pétrolier.

Dans l'est, les raids de l'aviation libyenne ont repris vendredi. Des installations pétrolières étaient en feu vendredi à Zoueïtina, au sud de Benghazi, ville de l'est de la Libye contrôlée par les rebelles anti-Kadhafi, rapporte la chaîne de télévision Al Jazira.

Le conflit a réduit de moitié la production pétrolière, socle de l'économie nationale. La Libye, pays membre de l'Opep, produit d'ordinaire 1,6 million de barils par jour.

Zaouïah reprise par les forces pro-Kadhafi ?
Le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, a déclaré vendredi à la télévision publique libyenne que les forces gouvernementales espéraient reprendre le contrôle total de Zaouïah (à 60 km à l'ouest de Tripoli) peut-être "dès vendredi soir". Des "poches de résistance" de l'opposition subsistaient dans la localité située à 50 km à l'ouest de Tripoli, a indiqué une source gouvernementale libyenne.

Au moins treize personnes ont été tuées vendredi dans cette ville, a rapporté la chaîne de télévision Al Arabiya qui citait une source médicale. Un autre témoin cité par la chaîne Al Jazira a parlé, lui, de plus de 50 tués et de 300 blessés.

Un militant politique de Zaouïah, Mohammad Qassem, interrogé sur la chaîne qatarie Al Jazira, a démenti la chute de la ville, tout en reconnaissant qu'elle était encerclée. Les manifestants anti-Kadhafi avaient pris le contrôle de la ville dimanche.

Une manifestation dispersée à Tripoli
La capitale a été le théâtre de combats entre manifestants anti et pro-Kadhafi sur la place Verte. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi dans le quartier Tadjoura, à Tripoli, pour protester contre le régime de Mouammar Kadhafi, a rapporté un témoin. "Kadhafi est l'ennemi de Dieu", ont scandé les opposants à la sortie d'une mosquée dans le centre de Tadjoura, en l'absence des forces de sécurité. Un habitant indiquait auparavant que de nombreuses rues conduisant à Tadjoura avaient été bloquées par l'armée et que des véhicules blindés de transport de troupes étaient stationnés autour du quartier.

A Tripoli, l'opposition espérait profiter de la prière du vendredi pour se faire entendre, mais le réseau internet ne fonctionne plus depuis jeudi, ce qui pourrait compliquer l'organisation de rassemblements dans la capitale.

Les journalistes étrangers avaient interdiction de sortir de leurs hôtels, en dehors des groupes organisés par le pouvoir. Les portes de l'hôtel Rixos, où résident la plupart d'entre eux, ont été fermées. Les correspondants n'ont pu sortir qu'en groupe, dans un convoi affrété par les autorités, a expliqué à l'AFP un journaliste étranger joint par téléphone.

"Tout journaliste sortant dans la rue sans permission sera arrêté", a averti un porte-parole du gouvernement libyen. "C'est un jour spécial. Des éléments terroristes veulent provoquer des violences et la présence de journalistes ne peut qu'aggraver cette situation", a déclaré ce responsable devant des journalistes occidentaux.

Les forces pro-Kadhafi à la frontière tunisienne
La frontière entre la Tunisie et la Libye est contrôlée par des "forces pro-régime lourdement armées", a averti vendredi le HCR (Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés). "Ceux qui ont réussi à traverser la frontière nous ont dit que leurs téléphones portables avaient été confisqués sur les routes, ainsi que leurs appareils photos", a indiqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR. "Beaucoup de ceux qui ont traversé la frontière ont l'air effrayé et ne veulent pas parler", a-t-elle ajouté.

Près de 100.000 personnes fuyant les violences en Libye ont franchi la frontière tuniso-libyenne depuis le 20 février, a indiqué le Croissant-Rouge tunisien. Parmi eux figurent environ 35.000 Egyptiens et plus de 10.000 Bengladais. Des travailleurs égyptiens, dont beaucoup de clandestins, étaient convoyés par autocar du camp de transit mis en place par les Nations unies près de la frontière à l'aéroport de Djerba, où une quarantaine de vols à destination du Caire étaient programmés.

Deux navires de guerre américains, le porte-hélicoptères USS Kearsarge et l'USS Ponce, sont arrivés vendredi en Crète après avoir traversé le canal de Suez. Ils peuvent assurer un soutien soit à des opérations humanitaires soit militaires.

source : info.france2.fr





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