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jeudi 28 avril 2011

TERRORISME : Attentat à Marrakech : « A qui profite le crime ? » (vidéos)

Ce jeudi midi, l'attentat d'un ou plusieurs kamikazes a détruit un café de la ville touristique marocaine, tuant au moins 14 personnes.

Une violente explosion a détruit un café sur la principale place de Marrakech, au Maroc, ce jeudi à midi, faisant, selon un premier décompte, quatorze morts – dont onze étrangers – et une vingtaine de blessés.
L'explosion a dévasté le café Argana, situé sur la place Jemaa el-Fna de Marrakech, lieu le plus emblématique de la ville touristique marocaine. La télévision marocaine parle de six Français tués.


Voici une première vidéo mise en ligne sur YouTube, après l'attentat.




Une autre vidéo montre le travail des pompiers et l'évacuation d'un corps.


 

Boris Thiolay, un journaliste de L'Express qui se trouvait par hasard sur les lieux, a raconté à son journal ce qu'il a vu :
« On a entendu une explosion sourde. On a tous sursauté, puis vu un panache de fumée noire s'élever au dessus du restaurant et du souk. »
Les autorités marocaines ont initialement parlé d'une explosion accidentelle d'une bonbonne de gaz, avant de modifier cette version et évoquer le geste criminel d'un kamikaze. Certaines informations font état de deux kamikazes.
Dans un communiqué, le roi Mohammed VI a ordonné :
« Une enquête judiciaire sur cette explosion criminelle, afin de déterminer les causes, les tenants et les aboutissants de cet incident regrettable. »
Alors que les secours s'affairaient sur les lieux, une foule considérable se réunissait sur la place Jamaa el-Fna, comme le montre ce cliché posté sur Twitter.
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Qui ? Pourquoi ? Et pourquoi maintenant ?

Le dernier attentat grave au Maroc remonte à 2003, lorsque des kamikaze issus des bidonvilles de Casablanca avaient fait quelque 41 morts dans des attaques visant des cibles soigneusement choisies dans la capitale économique du royaume : un hôtel et un restaurant accueillant des clients internationaux, le bâtiment de l'alliance israélite et le cimetière juif de la ville, ainsi que le consulat de Belgique.
L'attentat de ce jeudi vise une nouvelle cible bien choisie : un café fréquenté par les touristes étrangers sur la place la plus populaire de Marrakech, un lieu destiné à donner la publicité la plus grande à ce geste meurtrier.
Cet attentat a immédiatement suscité des questions : qui ? Pourquoi ? Et pourquoi maintenant ?
Ainsi sur Twitter, première réaction d'un Marocain :
« A qui profite le crime ? »
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Dans un autre tweet, le site d'information Casafree.com lance déjà des hypothèses pour désigner les responsables : sahraouis ou salafistes ?
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L'onde de choc des révolutions arabes

Le moment de l'attentat, que nul n'avait encore revendiqué en milieu d'après-midi, est évidemment particulier : le Maroc, comme l'ensemble du monde arabe, fait face à l'onde de choc des révolutions tunisienne et égyptienne, une poussée démocratique d'une partie de la jeunesse.
Depuis le premier appel à manifester le 20 février, des rassemblements relativement importants se sont déroulés dans la plupart des grandes villes du pays, tandis que le roi Mohammed VI réagissait en lançant un processus de réformes politiques et libérait un certain nombre de prisonniers politiques, notamment islamistes.
Depuis deux mois, à quelques exceptions près, ce mouvement est resté pacifique et n'a pas suscité d'incidents majeurs, contrairement à ce qui a pu se passe dans d'autres pays arabes. Aucune menace de recours à une violence terroriste n'avait été proférée, et l'attentat de Marrakech paraît plus susceptible d'entraver l'action des jeunes de la société civile regroupés au sein du « 20 février » plutôt que de l'aider.
Dimanche, encore, la journée de protestation avait réuni des milliers de personnes, notamment à Rabat où le cortège a choisi, pour la première fois, de défiler dans les quartiers populaires, restés largement à l'écart jusque-là du mouvement.
Des milliers de manifestants se sont rejoints à Yaacoub al-Mansour et ont défilé jusqu'au quartier Al-Qamra, où s'est terminée la manifestation environ trois heures plus tard. Le long de la marche, des centaines d'habitants des quartiers et de nombreux badauds ont rejoint les manifestants. De leurs fenêtres, certains saluaient les manifestants du fameux geste de la victoire des membres du mouvement, nous rapporte une correspondante à Rabat.

Quatorze salafistes libérés le 14 avril

Si les regards se tournent plutôt du côté des islamistes radicaux lorsque des kamikaze se font exploser dans un lieu public, l'attentat de Marrakech suit paradoxalement de près la grâce royale, le 14 avril, de 190 prisonniers politiques, parmi lesquels quatorze salafistes. Parmi eux, Ahmed Fizazi, idéologue de la Salafia Jihadia, condamné à trente ans de prison pour avoir « inspiré » les attaques terroristes du 16 mai 2003.
Manif Rabat (Ilhem Rachidi)
Mais le mouvement islamiste estime que ces mesures sont insuffisantes. Le 20 avril, il tenait un sit-in avec plusieurs organisations locales devant le CNDH (Conseil national des droits de l'homme) pour appeler à la libération de tous les prisonniers politiques.
« Non au viol à la bouteille » : cette pancarte (voir la photo ci-contre), très remarquée lors du sit-in, faisait référence au récent témoignage d'un prisonnier salafiste qui racontait, sur une vidéo diffusée sur Internet, qu'on l'avait torturé en lui introduisant une bouteille dans l'anus durant sa détention.
Avec Ilhem Rachidi, à Rabat

source Rue89.fr

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