LE CHAT DE LA STREET T.V.

lundi 2 mai 2011

PALESTINE : 15 mai commémoration de la NAKBA,la catastrophe (vidéos)

Le 15 mai, les Palestiniens du monde entier, que ce soit de façon silencieuse ou dans des cérémonies commémoratives de la communauté, marqueront le 59ème anniversaire de la Nakba.
Le terme Arabe, signifiant la "Catastrophe", est employé pour faire référence à la dépossession des Palestiniens, lors de laquelle plus de 700.000 Palestiniens ont été expulsés de leurs villages et de leurs villes d'origine.


Par Lena Khalaf Tuffaha 


 
À la suite de cet exode massif, l'Etat d'Israel a été déclaré, et les propriétés d'une majorité écrasante d'exilés palestiniens ont été prises en tant que butin de guerre.

En plus des énormes impacts économiques, politiques et affectifs de la Nakba sur les exilés palestiniens, il y a eu également un changement significatif du paysage. Au moins 418 villages palestiniens ont été détruits ou dépeuplés.

Leurs maisons et leurs établissements publics et religieux ont été démolis et bon nombre d'entre eux ont été totalement rayés des nouvelles cartes de l'Etat d'Israel.

Les Palestiniens qui sont partis ou se sont enfuis en 1948 représentent maintenant plus de 4.4 millions de réfugiés et bon nombre d'entre eux vivent encore dans une misérable pauvreté dans des camps de réfugiés dans tous les pays Arabes voisins, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.

Dans Nakba : Palestine, 1948, et les Exigences de la Mémoire (Columbia University Press, 2007), les éditeurs, Ahmad H. Sa'di et Lila Abu-Lughod, examinent la transformation d'une population entière : des habitants vivant dans leur patrie devenus des exilés dépossédés sans pouvoir économique ou politique sur leurs vies, et comment cette transformation a façonné l'identité de l'ensemble des Palestiniens au cours des 59 dernières années.

Le livre explore également les multiples façons dont les Palestiniens ont géré la mémoire de ces événements, et comment la mémoire et le contexte permanent de la Nakba ont façonné l'expérience des Palestiniens

Pour l'observateur occasionnel, il pourrait sembler que les Palestiniens sont implacablement attachés au passé et qu'ils ne sont heureux que lorsqu'ils le reconstruisent.

Ce phénomène est non seulement vrai pour les Palestiniens qui ont vécu la Nakba en 1948, mais souvent pour leurs enfants et leurs petits-enfants, qui héritent des histoires du passé et des noms et des détails de leurs villages perdus depuis longtemps comme le plus précieux des héritages de famille.

Plusieurs des articles dans le livre explorent la signification de ce phénomène culturel et son véritable objectif pour la communauté palestinienne

Dans la partie intitulée "Lieux de Mémoire", l'auteur Rochelle Davis explore la pratique de "recréer la patrie perdue" (55), qui a commencé par la simple tradition d'exploration en grand détail des origines de chaque famille Palestinienne, et a évolué dans la publication de livres à la mémoire des villages.

Ces livres, qui ont commencé à paraître, pour la première fois, dans les années 80 et les années 90, ont été publiés localement par des familles palestiniennes, et ont tout détaillé, y compris le lieu de leurs villages d'origine, les arbres de la famille et les généalogies, ainsi que les chansons de mariage et les pratiques traditionnelles qui faisaient partie du tissu de la vie quotidienne dans la Palestine d'avant 1948.

Bon nombre d'entre eux ont inclus des cartes, des photos de famille, et des compte-rendus sur les récoltes et le bétail.

Loin d'être emprisonnés dans le passé, des Palestiniens se sont engagés dans un acte "d'ethnographie de récupération" (56), dans lequel ils ont dû mettre en évidence les vestiges de leurs propres histoires passées sous silence, souvent face à une campagne de déni clairement articulée par les institutions du nouvel Etat israélien.

La mise en cartes du passé est, alors, une stratégie de survie pour un peuple en exil qui souffre toujours des catastrophes de dépossession et de violence dans un conflit inachevé.

Dans "Manières de Mémoire", l'auteur Rosemary Sayigh note que les réfugiés dans les camps du Liban disent souvent "Tarikhna majhul – notre histoire est inconnue" (152).

Elle et d'autres spécialistes s'entendent pour dire qu'ils sont confrontés à de nombreux défis en étudiant la Nakba, y compris l'absence du récit palestinien dans l'histoire de la région.

Rosemary Sayigh note que "cela peut être expliqué par le pouvoir des vainqueurs en 1948, ainsi que par la séparation après 1948 des archives et des monuments nationaux, et par la dispersion des universitaires et des établissements culturels" (152).

Ce qui a survécu, c'est une tradition, en grande partie orale, qui habite ceux qui ont vécu ces événements traumatisants et ceux qui héritent de l'histoire pendant qu'ils continuent à vivre la Nakba inachevée du réfugié.


Dans l'un des articles les plus émouvants de la collection, Omar Al-Qattan raconte un voyage qu'il a fait avec son père dans leur ville natale de Jaffa.

Ils sont partis dans le même voyage qu'entreprennent beaucoup d'exilés Palestiniens, à la recherche d'une maison perdue dans les tessons de la mémoire et en se promenant dans les rues renommées et les quartiers dilabrés.

Pour Al-Qattan, la recherche était plus qu'un voyage vers la maison d'enfance de son père. Cela a servi de méditation sur le fardeau et le besoin de mémoire dans la vie des Palestiniens.

Confronté à la double expérience de la nostalgie romancée au sujet de la vie d'avant 1948 et le chagrin déprimant que crée l'exil, pas simplement dans sa propre famille, mais dans l'ensemble de la société palestinienne, Al-Qattan conclut : "Il est clairement impossible à revenir au point zéro, pour éliminer tout qui s'est passé et retrouver le moment illusoire de la pureté… cela équivaudrait… à une vaine tentative d'effacer le passé.
Mais il est également impossible pour tout Palestinien de prétendre honnêtement que le traumatisme de 1948, ou les dépossessions consécutives et les exils forcés qui nous ont affligés et continuent à le faire, ne sont plus cruciaux dans nos vies. Rien n'a beaucoup de sens sans ces mémoires et cette histoire
" (204).

source : alterinfo.net




Manifestation de 2004



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire