LE CHAT DE LA STREET T.V.

jeudi 2 juin 2011

REVOLUTION ARABE : L'opposition syrienne exige le départ immédiat de Bachar Al-Assad



Aujourd'hui, l'opposition syrienne vient de franchir une importante étape - une étape politique.


Réunis depuis deux jours dans un luxueux hôtel de la station balnéaire turque d'Antalya pour une conférence sur "le changement en Syrie", trois cents opposants, venus principalement de la diaspora et issus de tous les groupes religieux, ethniques et politiques, se sont mis d'accord sur une déclaration commune qui marque un tournant probablement historique.
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Antalya, Turquie

Qu'ils soient socialistes ou Frères Musulmans, hommes d'affaires ou jeunes de Facebook, Kurdes ou Sunnites, Chrétiens ou Alaouites, la plupart des présents ont décidé d'exiger ensemble :

- le départ immédiat de Bachar Al Assad et son remplacement par le vice-président. Il n'est plus question de considérer le président syrien comme une figure à part au sein de ce régime criminel, une personnalité pouvant mener une transition vers la démocratie.
Certains souhaitaient qu'il soit lui proposé l'immunité en échange de sa démission. Mais cette proposition a été refusée, notamment par les activistes de l'intérieur qui veulent qu'après la révolution les principaux responsables des massacres, sans exception, soient jugés et condamnés.


- la mise en place d'un gouvernement intérimaire, composé de technocrates, dont la mission sera de préparer un référendum sur une nouvelle constitution.

- la tenue d'élections libres parlementaires et présidentielles dans moins d'un an.

- la constitution d'un Etat démocratique et « civil ». Ce dernier point est décisif. Il a fait l'objet des débats les plus intenses. Les Frères Musulmans voulaient qu'il soit fait mention du caractère islamique du futur Etat. Pour d'autres, la laïcité de l'Etat était non négociable. Un compromis a été trouvé, qui a sauvé la conférence et donné beaucoup d'espoir aux jeunes révolutionnaires qui tombent, chaque jour plus nombreux, sous les balles du régime Assad.


Autre succès : la déclaration précise que l'opposition ne vise aucun groupe particulier. Ce message aussi est très important. Il vise à rassurer à la communauté alaouite dont sont issus la famille Assad et les pontes du régime et ainsi l'encourager à prendre ses distances avec le pouvoir.

Enfin, après une élection en direct à la télévision, les trois cents opposants ont élu un comité consultatif de 31 personnes représentants tout le spectre politique, religieux et ethnique syrien. Ce groupe comprend notamment un représentant des Frères Musulmans qui a fait grande impression sur la presse internationale, un ingénieur informatique vivant au Canada, Moulhel al-Droubi. Il siègera notamment aux côtés d'une jeune femme, socialiste. 

Certains voulaient que ce groupe soit une sorte de comité national de transition à l'image du CNT libyen. Mais la plupart ont considéré qu'une initiative était précipitée et serait, de toute façon, rejetée par les jeunes révolutionnaires sur le terrain. Les 31 "élus" désigneront parmi eux un comité exécutif qui limitera son rôle au soutien des activistes de l'intérieur - soutien technique et médiatique.  Ce comité servira aussi d'interlocuteur avec la communauté internationale.


Jusqu'à présent minée par des divisions, l'opposition syrienne en exil a donc été à la hauteur des évènements.  Son unité, la clarté de son message et sa détermination vont probablement conduire les Occidentaux à déclarer enfin Bachar Al-Assad illégitime et, à leur tour, exiger son départ immédiat.

NB : Il est à noter qu'à la suite d'une erreur sur la religion de l'un des élus, les Chrétiens ne sont pas représentés dans le groupe des 31. On assure qu'ils le seront doublement dans le comité exécutif. A suivre.


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