LE CHAT DE LA STREET T.V.

samedi 3 septembre 2011

FRANCE : 300 sans abris a Montreuil abandonné par tous les partis politique ! (vidéos)


Stade André Blain à Montreuil, une soixantaine de personnes regroupées en cercle, écoutent avec attention le discours d’Issa Cissé.  Ce chauffeur-routier de 39ans, père de 3 enfants, est le porte-parole des ex-squatteurs de la rue des Sorins. Comme chaque soir à 18h, le comité de mobilisation se réunit et comme chaque soir il harangue ses troupes.  Cela fait désormais une semaine que les 300 ex-squatteurs occupent le terrain, dormant dans des tentes Quechua et des abris de fortune. Ces familles africaines de onze nationalités différentes sont à la rue depuis un mois. Pourtant la plupart travaillent, ils sont agent d’entretien, ouvriers du bâtiment, plombiers ou femmes de chambre. Après Cachan, Aubervilliers et La Courneuve c’est au tour de Montreuil d’avoir affaire au problème de relogements de squatteurs. Ils sont cette fois 300 à attendre un geste du préfet de Seine Saint-Denis Christian Lambert.

Aujourd’hui c’est Médecins du Monde qui s’est ajouté au comité de mobilisation. L’ONG internationale s’est alarmé de l’insalubrité du campement et se soucie particulièrement de la situation des malades, certains sans-papiers du camp ne bénéficient pas de l’AME (aide médicale d’Etat).  Les vestiaires du stade André Blain ne disposent pas de douches mais ce n’est pas  une nouveauté pour les occupants. « On est déjà rodés depuis des années, on sait comment s’organiser. » explique Issa Cissé. Dialogue, organisation et discipline sont les maitres mots des 300 de Montreuil depuis maintenant quatre ans qu’ils vivent ensemble.
En 2007, ils avaient pris possession d’une usine désaffectée au 94 rue des Sorins à Montreuil.  Ils ont réorganisé l’immeuble en quatre unités et y ont construit des habitations en bois. Vingt délégués représentant chacune des unités se réunissaient régulièrement pour régler les affaires communes. Grace à une démarche auprès de la mairie, ils ont obtenu une adduction d’eau. La suite logique fut la décision de faire construire des sanitaires, pendant toute ces années ils avaient dû se débrouiller sans. Des toilettes, douches et lavabos qui n’ont pas pu être inaugurées puisque le 30 juillet, 59 fourgons de CRS ont été déployés pour assurer l’expulsion.

Une évacuation qui s’est déroulé dans un étonnant calme.  « Ils pensaient que ça allait dégénérer, ils n’imaginaient pas que l’on était civilisés » raconte en souriant M. Cissé. S’il n’y a pas eu d’encombres durant l’évacuation, la suite fut beaucoup plus tumultueuse (voir ici la vidéo de José Reynes). Délogés, les squatteurs se sont retrouvés sur la Place de la Fraternité avant de subir un assaut des forces de l’ordre.   « Avant de nous expulser, ils ont fait un tri, les 80 sans-papiers du groupe ont été embarqués et accompagnés en centre de rétention. Nous avons fait des recours pour qu’ils soient relâchés et ça a marché. Il y en a même un qui était sur le tarmac mais que l’on a sauvé grâce à un vice de forme.
La parole du prefet ne nous protège pas
Une rencontre a eu lieu le 8 aout entre le préfet Christian Lambert et les représentants des 300. L’édile a promis de s’occuper du relogement et de la régularisation pour l’ensemble des ex-squatteurs de la rue des Sorins. M. Cissé est ressorti satisfait de cet entretien, il regrette cependant qu’aucune garantie écrite n’ai été donnée.  « Dans une interview accordée au Parisien, M. Lambert a dit que l’on n’avait pas encore déposé de dossier et que notre avenir est incertain, c’est incompréhensible.  La parole du préfet ne nous protège pas d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français). Nous espérons une nouvelle rencontre avec cette fois la mairie et le DAL pour avoir un véritable engagement de l’Etat. »

Dominique Voynet, maire de Montreuil en a déjà appelé à l’intervention de l’Etat par l’intermédiaire d’un communiqué  le 30 juillet. Elle « appelle l’Etat à prendre ses responsabilités et à proposer des solutions de relogement  dignes aux occupants du squat. » et se dit « totalement démunie pour apporter des solutions d’hébergement ». L’élue verte avait autorisé dans un premier temps l’installation des 300 dans le square République avant de laisser à leur disposition le terrain André Blain suite à des heurts avec des riverains.
En attendant, la mobilisation attaque sur tous les fronts, les familles souhaitent s’entretenir avec les ambassadeurs africains à Paris (voir la vidéo de la manifestation face à l'ambassade du Mali, le 22 aout 2011). « Nous allons insister pour que les ambassadeurs de toutes les nationalités représentées ici  s’imprégner de leur mission en assistant leurs ressortissants. Ils doivent accepter de nous recevoir".


source : lhumanité.fr






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