LE CHAT DE LA STREET T.V.

dimanche 16 octobre 2011

PALESTINE : Pourquoi les Nations unies doivent dissoudre le « Quartet »

Tony Blair, ici environné de ses collègues et amis israéliens, visite un des points d’accès du camp de concentration qu’est devenu la bande de Gaza. Criminel patenté, Blair devrait être traduit devant la CIJ pour crimes de guerre en Irak. Quant au Quartet dont il est l’envoyé, il ne sert qu’à favoriser la colonisation israélienne des territoires palestiniens et devrait être dissout dans les meilleurs délais.

(JPG) Ce quartet a été formé pour aider les négociations israélo-palestiniennes, mais en réalité son émissaire, Tony Blair, l’utilise pour son profit personnel.
Récemment, l’émissaire du Quartet, Tony Blair, a été l’objet de critiques acerbes de la part des responsables proches du dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. On a même murmuré que les collaborateurs d’ Abbas pourraient demander officiellement son renvoi.
Blair est devenu l’émissaire du Quartet le jour où il a cessé d’être le Premier ministre du Royaume-Uni en 2007 ; bien que son rôle ait été sans aucun doute néfaste pour le peuple palestinien et nuisible pour le droit international, cela ne suffirait pas pour demander son renvoi.
Le Quartet - un comité spécial composé du Secrétaire général des Nations unies, d’officiels des USA, de l’Union européenne, de la Russie qui monopolise le prétendu « processus de paix » - a lui-même détruit le peu de crédibilité qui restait aux Nations unies concernant la question palestinienne.
C’est en fait une façade pour une opération qui travestit les exigences posées par Israël et les USA aux Nations unies en positions "internationales", évinçant le droit international et les innombrables résolutions sur la myriade de graves infractions aux conventions de Genève, commises par Israël.
Pour commencer à restaurer la crédibilité des Nations unies, le Secrétaire général Ban Ki-moon devrait quitter le Quartet et cesser de le financer et de le soutenir. Faute de quoi, les États membres des Nations unies devraient exiger qu’il le fasse.
Véhicule pour les ambitions et l’enrichissement personnels de Blair
Nabil Shaath, associé principal d’Abbas, s’est plaint officiellement que Blair se faisait « l’avocat de la défense » d’Israël vis-à-vis de la demande d’admission comme membre à part entière présentée par Abbas pour la Palestine aux Nations unies.
Ceci n’a rien de surprenant pour ceux qui ont suivi la situation, mais ce qui est nouveau est que la critique est publique et que Blair focalise l’attention.
Dans un épisode récent de Investigative Documentary Dispatches,(document d’enquête) sur Channel 4 de la télévision britannique, l’émission a révélé combien Blair a utilisé le Quartet pour favoriser ses intérêts commerciaux personnels et ceux de ses clients.
Selon ce documentaire, Blair a utilisé son poste dans le Quartet pour s’introduire auprès de dirigeants arabes avec lesquels son bureau privé et confidentiel Tony Blair Associates (le nom rappelle de façon frappante le tristement célèbre Kissinger Associates)a alors signé des contrats d’expert-conseil.
Blair a décroché un contrat d’une valeur de 40 millions de dollars auprès de l’émir du Koweït pour lui prodiguer des conseils sur les « réformes » et un autre, s’élevant supposément à des millions de dollars, auprès des dirigeants des émirats Arabes unis.
Mélanger ainsi son rôle officiel et privé, Blair l’a également fait en Palestine.
Blair a joué un rôle décisif dans les pressions exercées sur Israël pour l’attribution, en novembre 2009, de fréquences à la société de téléphonie mobile Wataniya en Cisjordanie occupée. Wataniya est la propriété du géant des télécoms qatari Q-Tel qui a acheté Wataniya en 2007 pour 2 milliards de dollars au moyen d’un prêt accordé par la banque JP Morgan, selon le documentaire de Channel 4.
Blair travaille aussi pour JP Morgan qui le paie plus de 2 millions de dollars par an pour des conseils " stratégiques". Selon le documentaire britannique, JP Morgan devait réaliser des « bénéfices substantiels » si l’affaire était conclue. Israël, faut-il le rappeler, n’a accepté d’attribuer les fréquences à Wataniya que si l’AP renonçait à donner suite, par le canal des Nations unies, aux conclusions du rapport Goldstone sur les crimes de guerre commis par Israël à Gaza,
Un autre marché important que Blair a traité avec Israël concerne les contrats obtenus par British Gas pour exploiter les gisements de gaz naturel d’une valeur de 6 milliards de dollars dans les eaux territoriales de la Bande de Gaza occupée. Bien que Blair ait prétendu publiquement que le marché profiterait aux Palestiniens de Gaza, aucun Palestinien de Gaza n’a jamais été consulté.
Blair a négocié le marché directement avec le premier ministre Benjamin Netanyahu, qui selon Channel 4 « aimerait qu’Israël contrôle la fourniture de gaz ainsi que tout excédent de production qui serait vendu à Israël, et non pas sur le marché".
En d’autres termes, Blair ne se contente pas de s’enrichir lui-même et ses clients (aussi bien lui que JP Morgan ont nié sur Channel 4 tout « conflit d’intérêts »), il collabore en outre au colonialisme, à l’exploitation, au pillage et aux profits tirés par Israël des territoires palestiniens occupés en faisant cyniquement semblant "d’aider les Palestiniens ».
Absence de responsabilisation
S’il est difficile de tracer la limite entre la mission officielle du Quartet et les intérêts personnels de Blair, c’est en raison d’un manque total de transparence et de responsabilisation. Apparemment, Blair n’est pas tenu de respecter les règlements stricts en matière de conflits d’intérêts et de divulgation auxquels sont soumis les fonctionnaires des Nations unies ou les officiels britanniques, bien que ce soient apparemment des fonds des Nations unies et du gouvernement britannique qui financent le bureau de Jérusalem à coups de millions de dollars par an alors que Blair y passe à peine quelques jours pas mois.
En 2007, le « Programme d’assistance au peuple palestinien » des Nations unies a dépensé plus de $ 400.000 pour les trois voitures blindées de Blair. La plus grosse partie des frais administratifs du bureau de Blair incombe aux contribuables britanniques
Personne ne sait qui peut recruter ou renvoyer Blair. Toutefois, celui-ci n’a fait qu’exploiter la situation et il est le symptôme d’un problème plus large : celui du Quartet lui-même.
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Les exigences du Quartet et des Nations unies n’ont été adressées qu’aux Palestiniens tandis qu’Israël a continué à coloniser illégalement et en toute impunité [GALLO/GETTY]
Écran de fumée pour les Américains et les Israéliens
On parle souvent du Quartet comme si c’était un organe officiel, alors qu’il a été constitué en 2002 en tant que comité informel. Aucune résolution des Nations unies ne lui octroie de mandat, bien qu’il semble prendre une allure permanente et avoir la préséance sur toutes les autres institutions internationales.
Dès le début, le Quartet n’a pas été tellement un forum international participant à la solution de la question palestinienne qu’un substitut de l’intervention internationale réelle et une couverture pour le contrôle US.
Un diplomate français qui a été consultant principal auprès de Tony Blair au bureau du Quartet à Jérusalem, Anis Nacrour, a dit à Channel 4 que dès le début, le Quartet a été un « écran de fumée pour l’activité des USA et du tandem américano-israélien. En fin de compte, tout ceci permettait de gagner du temps pour que le gouvernement israélien puisse faire tout ce qu’il voulait ».
Les exigences ne visent que les Palestiniens
La fameuse « feuille de route » du Quartet de 2002 par exemple, imposait des devoirs stricts, aussi bien à l’Autorité palestinienne qu’à Israël. Les Palestiniens devaient sévir contre toute résistance à l’occupation et reprendre « la coordination de la sécurité » avec l’armée d’occupation tout en entreprenant des « réformes » dictées par l’extérieur afin de préparer la naissance de "l’État" palestinien. Parallèlement, Israël était obligé de « geler toute activité des colonies » et de « mettre immédiatement fin à la violence perpétrée contre les Palestiniens ».
Près de 10 ans plus tard, l’Autorité palestinienne a consciencieusement sauté à travers tous les cerceaux au point que le négociateur, Saeb Erekat, se vantait auprès des officiels US en 2009 de ce que dans l’exécution des devoirs de la feuille de route, lui-même et ses collègues de l’AP étaient allés jusqu’à « tuer notre propre peuple pour respecter l’ordre et la légalité ».
Pourtant, durant la même période, Israël tuait des milliers de Palestiniens, commettant des atrocités caractérisées de crimes de guerre et il continuait à voler et à coloniser les terres palestiniennes en toute impunité. Dans sa dernière déclaration le Quartet n’a même pas osé mentionner le mot « colonies » ; il a demandé à l’AP de revenir au même carrousel de négociations, tandis qu’Israël continuait à construire sur les terres palestiniennes.
Le Quartet légitimise le siège de Gaza et les Nations unies obéissent
En septembre 2010, la mission d’enquête internationale chargée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies de mener une enquête sur l’attaque israélienne contre la flottille, a conclu que le siège et le blocus israélien de Gaza sont illégaux, position antérieurement prise par le Comité international de la Croix-Rouge.
Le Secrétaire général des Nations unies devrait adopter et défendre cette position. Au lieu de quoi, l’actuel détenteur du poste, Ban Ki-moon, prend ses ordres auprès du Quartet au mépris du droit international qu’il a juré de faire respecter.
Chose choquante, en mai dernier, alors qu’une autre flottille se préparait à appareiller pour Gaza, Ban a écrit aux gouvernements des États méditerranéens pour qu’ils « usent de leur influence » afin d’empêcher les bateaux de partir à Gaza.
Dans sa lettre, il disait que les flottilles n’étaient pas « utiles » et que le Secrétaire général « estimait que l’assistance et les marchandises destinées à Gaza pouvaient être acheminées par des passages légitimes et des circuits établis ». Ban fondait sa position sur une déclaration du Quartet.
Bien entendu « les passages légitimes et les circuits établis » mentionnés par Ban étaient ceux qu’Israël avait imposés unilatéralement dans un effort délibéré de punir collectivement Gaza et de calculer les rations alimentaires de sa population - constituée pour moitié d’enfants -selon les « formules mathématiques » révélées par Gisha, groupe israélien de défense des droits humains.
En d’autres termes, le Secrétaire général soutenait, sur la base de la position du Quartet, qu’Israël avait le droit de faire ce qui lui plaisait, indépendamment de l’illégalité de ses actions et de leur dangerosité pour la population de Gaza.
En outre, le Secrétaire général est devenu une recrue, tout comme le gouvernement grec plus tard, de la campagne américano-israélienne visant à arrêter la flottille pour éviter ainsi aux Israéliens d’avoir à envoyer des voyous aborder les bateaux transportant des pacifistes civils.
Pour maintenir le consensus du Quartet dicté par Israël et les USA, le Secrétaire général des Nations unies a fait fi du droit international et a réduit au silence tous les autres États membres des Nations unies.
Les États membres doivent reprendre les Nations unies et mettre fin au Quartet
Il est vrai qu’il y a eu récemment une scission au sein du Quartet, la Russie bloquant certaines des initiatives les plus déplorables des USA à savoir notamment, selon certaines sources, l’inclusion dans la dernière déclaration du Quartet de la demande d’Israël d’être reconnu en tant que « État juif ». Ces différends ne reflètent toutefois aucun débat ni processus véritables : ils montrent simplement l’outrance de la proposition américano israélienne.
Les 191 autres membres des Nations unies ne devraient pas tolérer que leur rôle revienne à un seul membre - représenté par un Secrétaire général faible et complaisant - dans un comité spécial qui a en fait été contrôlé par les USA dans l’intérêt d’Israël.
Les États de la Ligue arabe devraient au moins exiger que le Secrétaire général des Nations unies se retire du Quartet et cesse de financer le bureau de Tony Blair avec des fonds qui étaient censés aider les Palestiniens dont la vie a été dévastée par les politiques israéliennes mêmes que Blair facilite.
Si les Nations unies veulent commencer à jouer un rôle utile dans la restauration des droits usurpés aux Palestiniens, elles doivent commencer par abolir le Quartet obstructionniste et irrémédiablement corrompu.
(JPG)*Ali Abunimah est l’auteur de One Country, A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse. Il a contribué à The Goldstone Report : The Legacy of the Landmark Investigation of the Gaza Conflict.
Il est le cofondateur de la publication en ligne The Electronic Intifada et consultant politique auprès de Al-Shabaka, The Palestinian Policy Network.









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