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lundi 13 février 2012

PALESTINE : GRÈVE DE LA FAIM MORTELLE POUR UN PRÉSUMÉ INNOCENT DANS LES PRISONS SIONISTE


Les auto­rités israé­liennes doivent remettre en liberté un détenu pales­tinien ou l’inculper d’une infraction prévue par la loi et le juger dans les meilleurs délais, a déclaré Amnesty Inter­na­tional alors que l’on craint que cet homme ne meure en détention, après plus de 50 jours de grève de la faim.


Amnesty International, lundi 13 février 2012


Khader Adnan, 33 ans, a été arrêté le 17 décembre 2011 chez lui dans le village d’Arrabe, près de Jénine, en Cis­jor­danie occupée, après que les forces de sécurité israé­liennes eurent fait irruption à son domicile très tôt ce matin-​​là.

Ce bou­langer serait affilié au mou­vement du Djihad isla­mique.

Mer­credi 1er février, un tri­bunal mili­taire a procédé à un réexamen du cas de Khader Adnan mais le juge n’en a pas encore annoncé le résultat – une libé­ration, une réduction de sa durée de détention ou la confir­mation de l’ordre de détention émis à son encontre.

« Cela fait des années qu’Israël recourt à la détention admi­nis­trative pour enfermer des mili­tants pales­ti­niens sans les juger ni même les inculper », a déclaré Ann Har­rison, direc­trice adjointe du pro­gramme Moyen-​​Orient d’Amnesty Inter­na­tional.

« Les chefs mili­taires ont la pos­si­bilité de renou­veler les ordres de détention plu­sieurs fois ; les détenus sont donc dans les faits sus­cep­tibles d’être incar­cérés pour une durée indé­ter­minée. Cette pro­cédure constitue une vio­lation de leur droit à un procès équi­table, qui est garanti par des dis­po­si­tions du droit inter­na­tional qu’Israël est tenu de respecter. »

Khader Adnan, qui est également étudiant en troi­sième cycle, a entamé sa grève de la faim le 18 décembre afin de pro­tester contre les mauvais trai­te­ments qui lui ont été infligés, ses condi­tions de détention et la pra­tique de la détention admi­nis­trative.

Le mois dernier, le Com­mandant des Forces de défense d’Israël en Cis­jor­danie a émis à son encontre un ordre de détention d’une durée de quatre mois.

Khader Adnan est hos­pi­talisé depuis le 30 décembre, car sa santé se dété­riorait. Il n’a été autorisé à recevoir aucune visite de sa famille, et les auto­rités israé­liennes l’ont depuis lors transféré dans dif­fé­rents hôpitaux du pays.

Il a été transféré de l’hôpital de Ziv, dans le nord d’Israël, dimanche 5 février, manœuvre des­tinée selon ses avocats à le sou­mettre à une pression accrue, notamment en com­pli­quant la tâche de ses avocats et de sa famille pour lui rendre visite.

« Les auto­rités israé­liennes doivent libérer Khader Adnan et les autres Pales­ti­niens main­tenus en détention admi­nis­trative, à moins qu’ils ne soient rapi­dement inculpés d’une infraction reconnue par le droit inter­na­tional et jugés dans le respect des normes inter­na­tio­nales d’équité des procès », a ajouté Ann Har­rison.


Il aurait perdu plus de 20 kilos depuis qu’il a entamé sa grève de la faim et se trouve dans un état cri­tique. Le 29 janvier, des doc­teurs de Phy­si­cians for Human Rights (Médecins pour les droits humains), une orga­ni­sation israé­lienne, lui ont rendu visite ; ils l’ont soumis à un examen médical et lui ont dit que sa vie était en danger. Il n’a pas pu être examiné de nouveau par des médecins indépendants.

La nou­velle de sa grève de la faim a été à l’origine de mani­fes­ta­tions en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza, et la semaine der­nière, d’autres détenus pales­ti­niens incar­cérés dans des prisons israé­liennes ont annoncé qu’ils lui emboî­te­raient le pas en signe de solidarité.

La détention admi­nis­trative est une pro­cédure aux termes de laquelle des indi­vidus consi­dérés comme une menace à la sécurité d’Israël sont incar­cérés sans incul­pation ni jugement pendant des périodes pouvant aller jusqu’à six mois, renou­ve­lables indé­fi­niment.

Aucune pour­suite pénale n’est engagée contre eux et les auto­rités n’ont aucune intention de les déférer à la justice.

Ces indi­vidus sont détenus sur la base de « preuves secrètes » que les auto­rités mili­taires israé­liennes affirment ne pas pouvoir révéler pour des raisons de sécurité.

Les « preuves secrètes » sur les­quelles elles fondent leur décision d’émettre un ordre de détention admi­nis­trative ne sont com­mu­ni­quées ni au détenu ni à son avocat, et le premier ne peut pas contester les motifs de sa détention.

Selon les ser­vices péni­ten­tiaires israé­liens, quelque 307 Pales­ti­niens se trou­vaient en détention admi­nis­trative au 31 décembre 2011, mais il est pos­sible que ce nombre ait aug­menté depuis.

Vingt-​​et-​​un membres du Conseil légis­latif pales­tinien sont actuel­lement en détention administrative.

Amnesty Inter­na­tional estime que la détention admi­nis­trative en Israël et dans les ter­ri­toires occupés constitue une vio­lation du droit à un procès équi­table, reconnu à l’échelon inter­na­tional, qui doit être res­pecté pour tous les détenus, y compris lorsque l’état d’urgence est proclamé.

« Le droit mili­taire israélien, appliqué dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, donne aux auto­rités une très grande latitude lorsqu’il s’agit d’inculper et de faire juger par des tri­bunaux mili­taires les per­sonnes qui menacent selon elles la sécurité israé­lienne », a pour­suivi Ann Harrison.

« Malgré cela, les auto­rités israé­liennes conti­nuent à recourir à la détention admi­nis­trative pour arrêter des Pales­ti­niens sans aucune charge. Figurent parmi eux des per­sonnes qui n’auraient jamais dû être appré­hendées, notamment des pri­son­niers d’opinion.

« Toute per­sonne détenue uni­quement pour avoir exercé paci­fi­quement son droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association doit être libérée immé­dia­tement et sans condition. »
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source : france-palestine.org

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