LE CHAT DE LA STREET T.V.

jeudi 23 février 2012

PRESIDENTIELLE : AC LEFEU CRÉE " LE MINISTÈRE DE LA CRISE EN BANLIEUES " (VIDÉO)



C’est dans un hôtel désaffecté du IVème arrondissement de Paris que le ministère de la « crise des banlieues » s’est installé avec l’accord de la mairie de Paris. L’idée de ce coup médiatique trottait depuis un moment chez les membres du collectif AC LEFEU. Originaire de Clichy sous bois, ils se sont faits connaitre au grand jour au lendemain de la vague d’émeutes et des revendications sociales de Novembre 2005. « Quelle n’a pas été notre « surprise » lorsque nous avons constaté qu’hormis une cascade de mesures répressives et/ou restrictives, les territoires les plus démunis, les banlieues, n’ont pas été pris en compte ni n’apparaissent clairement dans la projection des politiques gouvernementales » souligne le communiqué de presse du collectif.
Devant l’hôtel, radios et télés attendent la visite d’un candidat à la présidentielle, et pas des moindres : le socialiste François Hollande. « On a eu un déclic en voyant s’approcher le premier tour et qu’à ce jour on demeurait invisible dans la campagne » raconte Imad, diplômé de l’Ecole nationale supérieure de l’électronique et de ses applications (ENSEA) qui concède qu’« il est un peu tard pour parler des quartiers populaires ».
Au bout de la rue, le candidat socialiste arrive à pied accompagné de deux élus locaux et porteur d’un message. Rappeler que « nos quartiers sont une chance pour la France à condition que la République elle-même respecte sa parole notamment par l’école, le logement, la péréquation financière entre les collectivités pour qu’il y ait une véritable solidarité. Aucun territoire ne doit être délaissé aucun citoyen ne doit être abandonné or depuis cinq ans c’est ce sentiment qui s’est installé ».
«On a assez payé l’addition [avec toutes les promesses] et les chèques en blanc qu’on nous a fait»
A l’intérieur de l’hôtel, sur le parquet en bois qui craque quelques tables ici et là. C’est autour d’une d’elles que prennent place Mohammed Mechmache et Fatima Hani membres d’AC LEFEU et François Hollande accompagné de Claude Bartolone président du Conseil général de Seine Saint Denis. « On a assez payé l’addition [avec toutes les promesses] et les chèques en blanc qu’on nous a faits. Nous ne sommes pas dupes. Nous souhaitons que ces discussions soient gravées dans la roche » lance Mohamed Mechmache. « Vous savez, en disant que ma priorité sont les jeunes, je m’adresse d’abord aux quartiers. Et je ne suis pas venu vous proposer un plan banlieue ou un plan Marshall » rassure le candidat socialiste en faisant allusion à l’éphémère Plan Espoir Banlieue lancé en grande pompe en Janvier 2008 par Nicolas Sarkozy et Fadela Amara, Secrétaire d’Etat à la Politique de la ville.
Au cœur des discussions, 23 propositions ciblées sur la vie quotidienne
Au cœur des discussions, 23 propositions ciblées sur la vie quotidienne : l’emploi, le logement, la santé, la sécurité publique, la citoyenneté et l’éducation. Parmi ces propositions figurent la création d’une « Banque associative » liée à la Caisse de Dépôts et Consignations qui fera bénéficier les associations de subvention dès le démarrage de leurs projets et non « six mois après ». La reconnaissance du vote blanc qui « représente également l’expression d’une grande partie de nos concitoyens ». La création d’un corps indépendant et rattaché au ministère de la justice pour garantir l’indépendance de la « police des polices » ou encore la mise sur pied d’un « ministère de la ville ou de l’Egalité qui aura sous sa tutelle les autres ministères et non pas le contraire ». Le but étant d’éviter d’aller « cogner aux portes et demander des petits crédits à chaque ministère pour pouvoir régler les problèmes d’emploi, de logements ou de culture ». La tâche est lourde : « rattraper 30 ans » d’échec.
Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen sont également conviés
Les membres d’AC LEFEU devraient être reçus d’ici une quinzaine de jours par François Hollande pour poursuivre les discussions. « Si certaines propositions correspondent à ce que je pense utile à la France oui je les intègrerais dans mon programme » assure le député de Corrèze.
François Hollande était le premier candidat à la présidentielle qui a répondu positivement à l’invitation. Les membres d’AC LEFEU espèrent maintenant que cette venue provoquera un appel d’air : « les autres candidats ont tergiversé jusque là. La venue d’un gros candidat devrait débloquer les choses. J’aimerai bien recevoir quelqu’un comme Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen avec qui nous sommes à l’opposé de leurs idées. On aura l’occasion de les confronter à leur discours sur la France » affirme Fatima Hani.

source : publicsenat.fr





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