LE CHAT DE LA STREET T.V.

jeudi 21 juin 2012

FRANCE: DES DOUANIERS RIPOUX VOLENT PLUS DE 2 MILLIONS D'EUROS

Suspectés de corruption et de vols de bagages, les huit fonctionnaires passaient pour des agents chevronnés.


La foudre a frappé les douanes de plein fouet. D'une ampleur exceptionnelle, elle est venue sans prévenir et la direction générale de cette honorable institution restait sans voix jeudi. Comme abasourdie face un scandale unique dans ses annales. Depuis mardi matin, pas moins de huit agents travaillant à l'aéroport de Roissy (Seine-Saint-Denis) ont été placés en garde à vue à l'Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) pour s'expliquer sur une affaire de vols en série et sur de lourds soupçons de corruption leur ayant permis d'empocher plusieurs millions d'euros. Les «ripoux», dont certains travaillaient en civil, étaient affectés à un poste stratégique: le contrôle en zone bagage de valises suspectes. Affichant le profil d'opérationnels de terrain chevronnés, ils constituaient en quelque sorte la «cheville ouvrière» des saisies. Ils ont été démasqués dans des circonstances que ne renierait aucun scénariste de polar.

L'affaire se noue il y a environ deux mois, d'extravagante manière. Menant la traque contre un réseau international de cocaïne, les policiers de l'OCRTIS déploient alors un très discret dispositif au cœur même de la plate-forme aéroportuaire pour prendre en filature des trafiquants présumés. Quand, soudain, ils s'aperçoivent sous leur regard médusé qu'un douanier est en train de s'emparer de la valise d'un de leurs «clients». Le bagage, d'un genre particulier, est garni d'argent en cash. Après vérifications, les policiers ont la confirmation que l'indélicat agent n'a agi dans le cadre d'aucune mission contrôlée par sa hiérarchie qui, d'ailleurs, tombe des nues en apprenant l'histoire. Le fonctionnaire convaincu du vol est donc à son tour placé sous étroite surveillance. «À l'origine, les policiers, qui pensaient avoir affaire à un agent véreux agissant en solitaire, envisageaient de purger l'épisode en l'interpellant sur-le-champ», souffle une source proche du dossier. Mais bien vite, les policiers découvrent que le voleur sévit en compagnie d'un collègue employé lui aussi à la zone bagages. Et que le duo est en cheville avec un troisième douanier, à la retraite quant à lui, qui assure un rôle logistique en accueillant et conduisant ses comparses vers des institutions bancaires pour y déposer leur butin.

L'examen des comptes révèle l'existence de sommes qui, en l'état actuel de l'enquête, dépasseraient déjà largement les 2 millions d'euros

Agissant dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte à Bobigny, les policiers découvrent en perquisition au domicile des suspects des liasses de billets en euros et en dollars. Et au cours des gardes à vue, ils vont de surprise en surprise. Peut-être pour tenter de diluer leur responsabilité, les trois ripoux ont tour à tour livré les noms de cinq autres douaniers ayant eux aussi trempé dans la magouille. Des modestes fonctionnaires qui disposeraient pour certains de comptes bancaires à l'étranger, pour d'autres de coquettes sommes en liquide à leur domicile, de prêts remboursés en temps record et de villas payées rubis sur l'ongle. «Pour résumer, l'argent coulait à gros débit, bien trop au regard des émoluments des agents», grimace un observateur.

Partant d'un simple vol, les policiers ont donc mis au jour une association de malfaiteurs en uniformes. À ce stade de l'enquête, qui ne fait que commencer, il n'est pas exclu que les agents véreux aient utilisé les outils perfectionnés de détection de leur administration pour mieux cibler les vols. Les sommes découvertes atteignent un tel montant que les policiers auraient peine à croire qu'elles ne proviennent que d'argent puisé dans des bagages. Devant être déférés à la justice vendredi, ces agents de contrôle seraient de fait soupçonnés d'avoir été corrompus par des groupes criminels pour fermer les yeux sur des arrivages de drogue, et de poudre en particulier.

source: lefigaro.fr


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