LE CHAT DE LA STREET T.V.

jeudi 21 juin 2012

FRANCE: IL EST DANGEREUX DE FAIRE A MANGER EN PRISON

Sur le site de Rue89, Samuel Gautier, de l'Observatoire international des prisons (OIP) alerte sur le danger de cuisiner en prison. Dans les cellules françaises, les détenus sont souvent obligés d'utiliser des réchauds à pastilles pour cuisiner ou réchauffer leurs plats. Or la combustion de ces pastilles "libère des oxydes d'azote, de l'ammoniac, du cyanure d'hydrogène ou encore du formaldéhyde, une substance cancérigène", précise l'auteur. Avant de noter que les fabricants précisent de "ne pas [les] utiliser en atmosphère confinée" mais qu'en prison, les détenus ne peuvent respecter cette consigne.

Une cellule de la prison de Polynésie française
L'auteur indique que 900 000 de ces pastilles, commercialisées en prison depuis 1996, seraient brûlées chaque année dans les prisons françaises. Il espère que la récente condamnation de l'Etat à indemniser un ancien détenu en réparation de son préjudice résultant de l'utilisation de ces pastilles toxiques va pousser les autorités à stopper leur commercialisation.

Il rappelle que "le 12 avril 2012, le tribunal administratif de Versailles a jugé qu'en proposant à monsieur Nasser M., comme unique moyen de cuisson des produits frais et autres plats [...] des pastilles chauffantes, dont il est avéré que l'utilisation dans des conditions inappropriées, en particulier dans un lieu exigu et insuffisamment aéré tel qu'une cellule, a des effets nocifs sur la santé humaine et accroît les risques de cancer, l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité".

L'ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE ALERTÉE DEPUIS 2005

Samuel Gautier dénonce le manque de réactivité de "l'administration pénitentiaire [qui a été] interpellée depuis plusieurs années, par les autorités sanitaires en particulier, sur la présence de ce produit toxique". Il rappelle que l'"Inspection générale des affaires sociales avait alerté l'administration pénitentiaire en 2005. En janvier 2007, le Comité de coordination de toxicovigilance (CCTV), mandaté par la Direction générale de la santé (DGS), s'étonnait (encore) de la présence de ces pastilles en détention".

Sachant que la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) d'Ile-de-France parvenait aux mêmes conclusions dans son rapport d'inspection sur la maison d'arrêt de la Santé en mars 2008 : "La ventilation des cellules nécessaire à l'usage de ce mode de réchauffement est impossible à respecter dans la disposition d'une cellule." L'auteur dénonce que là encore l'administration pénitentiaire a continué à "inviter les détenus à "pratiquer une aération de la cellule pendant et après la combustion des pastilles". Une recommandation qui fait fi de "l'exiguïté des cellules, équipées le plus souvent de fenêtres de petite taille, obstruées par des grillages, barreaux, ou caillebotis".

Le 2 février 2010, Michèle Alliot-Marie, qui était alors ministre de la justice, faisait valoir l'absence en détention "d'installations électriques supportant la généralisation des plaques chauffantes", avant d'ajouter qu'il n'est pas envisageable actuellement de [les] supprimer".

source: lemonde.fr


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