LE CHAT DE LA STREET T.V.

lundi 10 décembre 2012

SANTÉ : DES ANTIRHUMES PLEIN D’AMPHÉTAMINES SANS ORDONNANCE

Son nom chimique : la pseudoéphédrine. Les chimistes reconnaîtront sans peine qu'il s'agit là d'une amphétamine substituée avec un groupement hydroxyle et un groupement méthyle. En clair, la substance active des "antirhumes" n'est autre qu'une énième amphétamine cachée.
Ces "petits médicaments" de confort, vous les trouverez sous le nom de Dolirhume (Sanofi), Rhinadvil (Pfizer), ou encore Sudafed (GSK). Il en existe encore une liste longue comme un bras de la Seine. Ce sont tous ces "petits trucs" que l'on prend lorsque l'on a le nez qui coule un peu.
Oui mais une amphétamine, ça n'a rien d'anodin.


Or, lorsque la presse a diffusé la "nouvelle alerte du Centre Régional de Pharmacovigilance de Toulouse" sur le sujet, elle a omis de préciser ce petit détail pharmacologique de rien du tout. Que ce soit "Pourquoi Docteur" (Nouvel Obs) ou encore Le Figaro Santé, aucune allusion n'est faite à cette appartenance à la classe des amphétamines. Autre détail intéressant, le Figaro nous explique que "À l'heure où les rhinovirus se développent et se propagent un peu partout du fait des premiers frimas, le service de Pharmacovigilance du CHU de Toulouse, dirigé par le Pr Jean-Louis Montastruc, vient de publier dans son bulletin d'information de Pharmacologie Bip31.fr une mise en garde concernant ces produits. "

"Vient de publier", c'est vite dit puisque ce bulletin "BIP31.fr 2012, 19, (1), 1-17" est paru en avril 2012 (vérifiez ici) et que depuis d'autres bulletins ont été diffusés par l'excellent site BIP31. Une surprenante prise de conscience bien tardive de la part de la presse. L'informateur qui leur a soufflé le tuyau aura pris son temps...

Mais tout de même, comment la presse a-t-elle pu passer à côté de la nature amphétaminique de ces produits ? Voilà qui aiderait pourtant le lecteur à comprendre pourquoi un décongestionant nasal peut être "mauvais pour le coeur".

Dans un document publié en 2009 sur le site de l'AFSSAPS, nous apprenons que :

"Depuis quelques années, l’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS) a constaté une progression du trafic de méthamphétamine non seulement en Amérique du Nord et en Asie du Sud-Est mais aussi en Afrique, en Europe de l’Est et en Océanie. La méthamphétamine est fabriquée par des laboratoires clandestins implantés dans ces régions, à partir de pseudoéphédrine et d’éphédrine détournées de leur utilisation licite. Ce constat, associé à l’importance des problèmes sanitaires liés à la consommation de méthamphétamine, a conduit l’OICS à adopter plusieurs résolutions en 2006 et en 2007 qui visent notamment à renforcer le contrôle des précurseurs de méthamphétamine, et plus particulièrement de l’éphédrine et de la pseudoéphédrine et des médicaments en contenant."

La pseudoéphédrine est donc un précurseur chimique de la méthamphétamine. Contrairement à la presse, les narcotrafiquants l'ont bien compris !

Nous apprenons également que "le CEIP de Montpellier, chargé de l’enquête officielle, a analysé les données du réseau des CEIP-Addictovigilance, de la Banque nationale de pharmacovigilance et les observations notifiées aux laboratoires. Elles concernent les 16 spécialités commercialisées en France contenant de la pseudoéphédrine et les 6 spécialités commercialisées contenant de l’éphédrine. Au total, ont été signalés 17 cas d’abus et de dépendance, 8 cas de mésusage, 18 cas de surdosage ou d’erreur médicamenteuse et 1 cas d’usage détourné comme précurseur de méthamphétamine"

Les âmes charitables ne manqueront pas d'objecter que la quantité de pseudoéphédrine présente dans ces spécialités est négligeable, d'où leur exonération du registre des stupéfiants.

Effectivement, des quantités négligeables, mais des effets qui ne le sont pas ! [...]

 
La situation aujourd'hui

Les autorités de santé traînent des pieds pour examiner et résoudre définitivement ce nouveau problème de santé publique. Il faut dire que les "antirhumes" sont produits par les plus grandes firmes pharmaceutiques dont Sanofi, GSK et Pfizer pour lesquelles les membres dirigeants de la Commission d'AMM de l'ANSM ont des conflits d'intérêts majeurs.

source : agoravox.fr


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