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vendredi 11 janvier 2013

FRANCE : Quand le Front National se "Franc-maçonnerie"

 
Une énorme provocation. Marine Le Pen a convaincu deux avocats francs-maçons de lui prêter main-forte pour sa campagne présidentielle.  
Une prise extraordinaire, puisque Jean-Marie Le Pen demandait, du temps où il présidait le Front national, la disparition pure et simple de toutes les obédiences maçonniques. Il y a encore une dizaine d'années, le Grand Orient de France exigeait, lui, l'interdiction du FN. C'est dire si les deux ralliements à la candidate frontiste ont fait l'effet d'une bombe dans le monde maçonnique.  
Qui sont donc ces deux frères par qui le scandale arrive ? Le médiatique Gilbert Collard et le très discret Valéry Le Douguet. Ils ont été l'un et l'autre conseils d'une épouse de Jean-Marie Le Pen. Me Collard avait pour cliente Pierrette, la mère de Marine, de qui il est devenu très proche après le divorce, au milieu des années 1980. Me Le Douguet était, lui, l'avocat de Jany, la femme actuelle du leader frontiste. 

Collard a rejoint la Grande Loge nationale française

Pour Gilbert Collard, l'engagement maçonnique ne date pas d'hier, car il a été initié dès la fin des années 1960 dans l'atelier marseillais les Vieux Amis de la Grande Loge de France, celle que fréquentait son père.  
Juste après la mort de ce dernier, il a décidé de changer d'obédience et de rejoindre la Grande Loge nationale française. Peut-être parce que celle-ci fut la seule fédération maçonnique à refuser d'appeler à voter contre Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002.  
Valéry Le Douguet, avocat pénaliste exerçant à Saint-Emilion (Gironde) et à Paris, présente un tout autre profil. Ce militant UMP a choisi de frapper tout récemment à la porte d'un temple du Grand Orient de France (GODF).  
Cette obédience, classée à gauche, a inscrit dans son règlement général l'interdiction de collaborer "à une association ou à un groupement appelant à la discrimination, à la haine, à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en prétextant de leur origine, leur appartenance à une ethnie ou à une religion déterminée".  

Vingt-sept secondes pour évincer Jean-Pierre Soisson

Le FN est clairement visé. Or Le Douguet a participé à deux colloques du club Idées & Nation de Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen.  
Aussi son cas a-t-il été longuement évoqué, les 26 août et 30 septembre 2011, au cours de deux séances du conseil de l'ordre du GODF, le gouvernement de l'obédience. Décision unanime : suspension à titre provisoire. Avant que la chambre suprême de justice maçonnique ne se prononce sur une éventuelle radiation.  
La loge parisienne où Le Douguet a été accueilli - l'Infini maçonnique - est connue pour avoir élu comme vénérable Alain Bauer, avant qu'il devienne grand maître de toute l'obédience. Dans cette affaire, il juge son obédience trop molle : "En 1998, quand j'étais "garde des sceaux" du GO, il nous a fallu vingt-sept secondes pour évincer Jean-Pierre Soisson, après qu'il eut été élu président de sa région avec des voix FN."  
"Membre de l'UMP, j'ai volontairement choisi le GODF pour qu'il y ait débat, confie Valéry Le Douguet. Je me suis fait des illusions sur l'humanisme des frères. Marine Le Pen n'est ni raciste ni xénophobe." A cette question de principe s'ajoute un soupçon d'infiltration : Le Douguet est-il un provocateur, entré au GODF il y a à peine plus d'un an pour créer un incident pendant la campagne présidentielle ? Bien des francs-maçons le croient. Infiltré ou pas, Le Douguet n'exclut pas de porter l'affaire devant les tribunaux de la République s'il était radié.

source : lexpress.fr



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