LE CHAT DE LA STREET T.V.

vendredi 18 janvier 2013

PALESTINE : Gaza under attack. Le récit d'une guerre illégale

Les forces israéliennes continuent leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens dans les territoires palestiniens occupés (TPO).


Durant cette semaine du 10 au 16 janvier 2013 :
  • 4 civils palestiniens dont un enfant ont été tués en Cisjordanie et dans la bande de Gaza :
    • les 4 civils ont été tués à la frontière, après un usage d’une force démesurée par l’occupant ;
  • 2 civils palestiniens ont été abattus par les colons dans le nord de la Cisjordanie ;
  • les forces israéliennes ont conduit 40 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie :
    • au moins 29 civils palestiniens, dont 4 enfants, ont été arrêtés en Cisjordanie ;
  • un jeune homme et un enfant ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de traverser la frontière vers Israël ;
  • les forces israéliennes ont continué d’user d’une force démesurée contre les manifestations non violentes en Cisjordanie :
    • un civil palestinien a été blessé lors d’une manifestation non violente à al-Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah ;
    • 6 militants internationaux et israéliens ont été arrêtés dans cette manifestation à Nabi Saleh ;
  • Israël a maintenu un bouclage total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur :
    • les forces israéliennes ont monté des dizaines de checkpoints en Cisjordanie ;
    • au moins 5 civils palestiniens ont été arrêtés sur les checkpoints en Cisjordanie ;
  • Israël a poursuivi ses efforts pour créer une majorité juive à Jérusalem-Est :
    • 2 maisons ont été démolies à Beit Hanina et à Sour Baher, faisant 15 Palestiniens sans abri ;
  • Israël a poursuivi ses activités de colonisation de la Cisjordanie, et les colons leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens :
    • 2 maisons et 2 locaux agricoles ont été démolis au sud d’Hébron ;
    • les colons ont arraché 210 oliviers à Naplouse.
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Les bulldozers israéliens démolissent deux maisons à Sour Baher et une troisième à Beit Hanina, près de Jérusalem.
Les bulldozers israéliens démolissent deux maisons à Sour Baher et une troisième à Beit Hanina, près de Jérusalem.

Violations israéliennes recensées durant la semaine du 10 au 16 janvier 2013

1 – Incursions dans les zones palestiniennes et agresions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
Jeudi 10 janvier
1 h, les forces israéliennes entrent dans Rummana, au nord-ouest de Jénine ; elles patrouillent dans les rues et forcent le domicile familial de Shadi Ghazi Farid Mahajna, 36 ans, un membre des Services de renseignements généraux palestiniens qui a été arrêté par les forces israéliennes. Celles-ci opèrent ensuite sur la maison de Nabil Mahmoud Abu Hammad, 31 ans, qui lui aussi a été arrêté par les Israéliens, et elles interrogent les membres de la famille. Pendant ce temps, des garçons se sont rassemblés et lancent des pierres et des bouteilles vides sur les véhicules israéliens. Les forces israéliennes tirent aux lacrymogènes et avec des bombes assourdissantes sur les jeteurs de pierres pour les disperser. Deux heures plus tard, les Israéliens se retirent du village. A noter que les deux prisonniers ont été arrêtés le 21 décembre, sous les tirs des Israéliens près avoir été essuyé les tirs israéliens.
5 h, incursion dans al-Yamoun, au nord-ouest de Jénine. Les forces israéliennes patrouillent dans les rues et investissent le domicile familial d’Abdul Ghani Salim Ab al-Haija, 55 ans. Elles arrêtent Abu Al-Haija et le conduisent vers une destination inconnue.
Des sources ont déclaré au PCHR que les Israéliens avaient forcé le domicile pour arrêter le fils d’Abu al-Haij, Samed, 24 ans, recherché par les forces israéliennes. Son fils n’étant pas à la maison au moment où les Israéliens l’investissent, ceux-ci arrêtent le père pour faire pression sur son fils afin qu’il se rende. Il faut indiquer que le 8 février 2011, les Israéliens ont arrêté Samed, l’ont emmené au centre de détention de Salam, au nord-ouest de Jénine. Samed y a été interrogé pendant quelques heures, puis libéré. Toujours l’an dernier, les Israéliens ont fait un raid du la même maison, à plusieurs reprises, et avaient remis à sa famille une convocation pour qu’il se présente au centre de détention de Salem.
5 h également, les forces israéliennes entrent dans Jaba’, village au sud de Jénine. Elles investissent le domicile de Mohammed Shalash Rashid Hamamra, 45 ans, et l’arrêtent. De même que dans la maison de Mohammed Mahmoud Amin Alawna, 17 ans, qui est arrêté.
6 h, incursion dans Sanour, au sud de Jénine ; avec remises de convocations pour se présenter devant les Renseignements israéliens du centre de détention de Salem. Une source locale indique au PCHR que les personnes convoquées sont :
  • Obada Abdul Latif Abdul Ghani Isa ;
  • Mohammed Sulaiman Jarrar ;
  • Mohammed Abdul Latif Isa’yed ;
  • Mosa’ab Abdullah Nasser Habayba ;
  • Talha Ali Jarrar ; and
  • Ra’ed Ali Jarrar.
19 h, incursion dans Anabta, à l’est de Tulkarem.
Vendredi 11 février
1 h, incursion dans la zone d’al-Baraka, au sud d’Hébron ; dans le camp de réfugiés d’al-Arroub, au nord d’Hébron.
2 h, incursion dans Beit Oula, à l’ouest d’Hébron.
3 h, dans Qufin, au nord de Tulkarem ; où l’occupant investit le domicile de Fat’hi Raja Ahmed Khseib, 53 ans, dirigeant des Brigades Izzidine al-Qassam (branche armée du Hamas) et enfermé dans une prison israélienne. L’armée arrête ses fils Mo’athe, 28 ans, et Mojahed, 21 ans, qui sont conduits vers une destination inconnue.
Samedi 12 janvier
1 h, les Israéliens entrent dans la deuxième zone d’Haooz, dans le centre d’Hébron, patrouillent dans les rues et se retirent ; dans le camp de réfugiés d’Arroub, au nord d’Hébron.
1 h 30, incursion dans Jénine  ; dans Beit Loqya, au sud-ouest de Ramallah.
2 h, dans Majd, à l’ouest de Dora, au sud-ouest d’Hébron. Dans un usage démesuré de la force, les Israéliens postés à la clôture de sécurité, au sud d’ ‘Arab al-Ramadin, au sud d’Hébron, tuent Oday Kamil Mohammed al-Darawih, 21 ans, de Dora. Il est abattu d’une balle qui lui traverse le côté droit alors qu’il essaie de passer la clôture pour aller travailler en Israël. Les investigations du PCHR établissent que ces forces israéliennes auraient pu user d’une force moins meurtrière et même simplement l’arrêter.
Selon l’enquête du PCHR et les témoignages, vers 14 h, al-Dadrawish, accompagné d’un groupe de salariés, se dirige vers la zone d’ ‘Arab al-Ramadin, pour aller travailler en Israël. Alors qu’ils arrivent à l’endroit où ils doivent passer la clôture de sécurité, il trouve un véhicule israélien qui part quelques minutes plus tard. Les travailleurs se mettent à courir et commencent à passer par un trou fait dans la clôture, mais des soldats israéliens se sont postés à couvert à proximité. L’un des soldats commence à tirer de façon sporadique sur eux et leur crie d’arrêter. Ils ont couru une distance d’une vingtaine de mètres quand al-Darawish crie qu’il est blessé et tombe au sol, tandis que ses collègues font demi-tour. Le blessé est transporté par une ambulance israélienne à l’hôpital Soroka, à Beersheba, où il décède. Son père arrive un peu plus tard à l’hôpital et là, l’un des médecins l’informe que son fils est mort. Dans son témoignage au PCHR, il ajoute avoir vu le corps de son fils, blessé d’une balle dans le côté droit, qui a provoqué des dommages au ventre et aux reins, et il dit aussi avoir vu des ecchymoses sur son visage.
Le père du jeune décédé a déclaré au PCHR :
« Vers 16 h, samedi, 12 janvier, le chauffeur qui conduit mon fils et ses collègues qui se rendaient sur leur lieu de travail m’informent que les forces israéliennes ont tiré sur les salariés et que mon fils a été blessé et arrêté. Je vais au passage d’Hebron Valley, qui est le seul pour entrer en Israël, où on me refuse de me laisser passer pendant une heure et demie, alors que j’aie un permis. J’essaie de m’informer auprès des soldats, mais ils me disent que mon fils pourrait aller mal. A ce moment, les forces israéliennes l’ont déjà transporté en ambulance à l’hôpital Soroka, à Beersheba. Après qu’ils m’aient autorisé à passer, j’appelle l’un de mes amis qui vit en Israël. Il m’accompagne à l’hôpital où l’un des médecins me dit que mon fils est décédé, j’insiste alors pour voir son corps. Quand ils sont d’accord, je vois qu’Oday a reçu une balle dans le côté gauche, ce qui a provoqué des dégâts dans le ventre et dans les reins. Je vois aussi des ecchymoses sur son visage, ce qui veut dire que les soldats l’ont frappé, après qu’il ait été blessé. »
Dimanche 13 janvier
1 h, incursion dans Beit Oula, à l’ouest d’Hébron, où les Israéliens patrouillent dans les rues et se déploient entre les maisons. Ils investissent la maison familiale d’Abel al-‘Afo al-‘Aemla, 29 ans, qui est arrêté et conduit vers une destination inconnue.
1 h 20, incursion dans al-‘Abaidiya, au nord-est de Bethléhem, avec fouille de la maison d’Eyad Yousif Hasasnah, 32 ans. Les Israéliens lui remettent une convocation pour qu’il se présente devant les Renseignements israéliens dans la colonie Kfar ‘Atsyon, au sud de Bethléhem.
1 h 50, dans Fajjar, au sud de Bethléhem, avec fouille de la maison de Raa’fat Mohammed Taqatqa, 29 ans, à qui il est remis une convocation devant les Renseignements israéliens à Kfar ‘Atsyon.
3 h 30, dans Beit al-Khader, au sud de Bethléhem, avec fouille de la maison de Mohammed Ali Yousif Ghoneim, 22 ans, qui est arrêté.
8 h 30, les forces israéliennes entrent dans Deir Qedis, à l’ouest de Ramallah, y patrouillent quelques temps avant de quitter le village.
17 h 30, dans Jénine où, après avoir patrouillé dans les rues de la ville, les forces israéliennes se postent dans le quartier est de la ville. Elles investissent la maison de Majdi khader Tawafiq Ighbariah, 30 ans, lequel, par hasard, ne se trouve pas chez lui à ce moment. Pendant ce temps, des jeunes se rassemblent pour lancer des pierres et des bouteilles vides sur les forces d’occupation, qui répliquent en tirant sur les enfants pour les disperser.
18 h, dans ‘Aezbet al-Tabib, à l’est de Qalqilya.
23 h 30, dans ‘Abourin, au nord-ouest de Ramallah.
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Des Palestiniens observent un bulldozer israélien détruisant une maison dans le secteur de Sur Baher à Jérusalem, le 1e décembre 2012 - Photo : AP/Mahfouz Abu Turk

Lundi 14 janvier
1 h 05, incursion dans Qalqilya, patrouilles dans les rues, raid sur la maison de Samih Hasan Nassar, 30 ans, qui est arrêté.
1 h 30, dans les zones d’al-Mosrarah et d’al-Zohor, dans le centre et l’est de Beit Amr, au nord d’Hébron. Les forces israéliennes patrouillent et se déploient entre les maisons, provoquant la peur dans les les familles. Les Israéliens forcent plusieurs maisons. Ils arrêtent aussi 3 enfants et les conduisent vers une destination inconnue : Mohammed Jamil Abu Maria, 17 ans, Mohammed Ibrahim Abu Mariah, 17 ans et Malik Younis Doudah, 15 ans.
Mohammed Awad, coordinateur du Comité populaire contre les colonies, a déclaré au PCHR que les Israéliens sont intervenus avec brutalité sur le village en tout début de matinée et ont agressé la famille de l’enfant arrêté. Ils ont également lancé des grenades lacrymogènes à l’intérieur de la maison.
Dans le même temps, incursion dans Naplouse, où l’occupant force plusieurs maisons et vers 4 h 30, arrête Emad Nihad al-Qayem, 22 ans, chez lui, dans l’immeuble al-Bibi, rue al-Ta’awan al-‘Aolwi, au sud-est de la ville et le conduit vers une destination inconnue.
Toujours pendant ce moment, incursion dans Rojeeb, au sud-est de Naplouse. Raids sur plusieurs maisons. Vers 3 h 30, les Israéliens arrêtent Mohammed Radi Rawajbah, 39 ans, et l’emmènent vers une destination inconnue.
3 h, dans al-Yamoun, au nord-ouest de Jénine ; fouille de la maison de Walid Fawzi Ragheb Abu al-Hayjaa’, 20 ans, qui est arrêté. Après cela, les Israéliens opèrent sur le domicile familial d’Abdel Ghani Salim Abu al-Hayjaa’, 55 ans, qui a été arrêté le 10 janvier. Ils arrêtent maintenant son fils, Mojahed, 22 ans, pour faire pression sur la famille pour qu’un autre fils, Samid, 24 ans, qui est recherché par les forces israéliennes, se rende. L’occupant opère aussi sur plusieurs autres maisons dans la zone montagneuse d’Abu Zreiqd, au nord de la ville.
4 h, dans Beit Fajjar, au sud de Bethlhéhem. Raid sur la maison de Faisal Mahmoud Thawabtah, et arrestation de son fils, Mahmoud, 25 ans, et de son ami, Mohammed Ibrahim Thawabtah, 20 ans, qui se trouve chez lui au moment de l’incursion israélienne.
9 h, incursion dans la zone entourant la mosquée al-Ibrahimi, dans le centre de la vieille ville d’Hébron, déclarée Zone militaire fermée. L’objectif de cette opération est d’assurer la sécurité d’Avigdor Lieberman, ancien ministre des Affaires étrangères israéliennes, venu à la mosquée al-Ibrahimi, pour s’y livrer à des rites religieux.
10 h 30, dans Beit ‘Aor al-Tahta, au sud-ouest de Ramallah.
11 h 30, incursion dans ‘Atil, au nord de Tulkarem, où l’occupant prend les mesures de la consommation de l’eau dans les puits artésiens et se retire.
Mardi 15 janvier
1 h 30, incursion dans la vieille ville d’Hébron, avec fouille de la maison de Diaa’ Braakah al-Ja’bari, 22 ans, qui est arrêté.
1 h 50, dans Qalqilya, avec un raid sur la maison de Mohammed Samih Abu ‘Asab, 24 ans, mais l’occupant ne peut l’arrêter car il n’est pas chez lui. Les Israéliens opèrent sur les deux maisons voisines, dont l’une est celle de Jamil Shahin Qar’aan, et l’autre de SAyel Mahmoud Sweilim, sous le prétexte qu’elles abriteraient Abu ‘Asab. Vers minuit, les Israéliens reviennent chez Abu ‘Asab, et cette fois, l’arrêtent.
2 h, dans le bâtiment du ministère des Finances, dans la vieille ville d’Hébron. Les Israéliens montent sur la terrasse de l’immeuble et y restent jusqu’aux premières heures de la matinée.
Les forces israéliennes, dans un nouveau crime et l’usage d’une force délibérés, tuent un enfant palestinien de Budros, tôt le matin, à l’ouest de Ramallah et d’al-Bireh, alors qu’il se trouve avec des copains près du mur d’annexion. Il faut indiquer que ce crime est le deuxième perpétré par les forces israéliennes cette semaine, en Cisjordanie ; elles ont tué un autre enfant samedi dernier dans des circonstances similaires, et c’est le quatrième en Cisjordanie et bande de Gaza.
Selon les investigations conduites par le PCHR, vers 10 h, cinq élèves du lycée de garçons de Budros, à moins d’un kilomètre du mur d’annexion, se dirigent vers la clôture du mur dans le sud-ouest de Budros. Trois d’entre eux tentent de couper la barrière métallique du mur et après 10 minutes, l’un des soldats israéliens postés sur le mur tire trois fois en l’air, un autre soldat sort d’un tunnel relié au mur et attrape Samir Ahmed ‘Awad, 14 ans, qui réussit à s’échapper. Le soldat le vise immédiatement à la jambe gauche et l’enfant tombe au sol. Il se relève malgré sa blessure et tente encore de s’enfuir, mais le soldat tire deux autres fois ; une balle dans le dos, et une dans la tête. Plusieurs personnes, arrivées sur les lieux, portent ’Awad sur environ 50 mètres. Une voiture particulière palestinienne l’emmène à Ni’lin, à l’ouest de Ramallah, et de là, il est transporté par une ambulance du Croissant-Rouge palestinien, qui vient d’arriver au village, et qui le transfère au centre médical Palestine à Ramallah. Les médecins tentent de lui sauver la vie, mais il décède vers 11 h. Des témoins déclarent au PCHR que le soldat qui a abattu ‘Awad a tiré d’une distance d’environ 10 mètres, et qu’il aurait tout aussi bien pu l’arrêter, d’autant qu’’Awad était blessé à une jambe.
Mercredi 16 janvier
Dans les premières heures du jour, les forces israéliennes investissent Jénine, patrouillent et prennent position dans le quartier nord pendant que quelques soldats pénètrent dans plusieurs maisons et commencent toute une série d’arrestations. Ils arrêtent 5 civils, qu’ils conduisent vers une destination inconnue :
  • Yazan Kamal Shaker Lahlouh, 19 ans ;
  • Fou’aad Khader Ighbariah, 34 ans ;
  • Essam Samoudi, 22 ans ;
  • Noubani Jamal Ighbariah “al-Kokh”, 22 ans, et
  • Salim Hazhouzi, 20 ans.
1 h, incursion dans Rummana, au nord-ouest de Jénine. Les soldats se postent dans la cour de la mosquée, dans le centre du village. Ils forcent plusieurs maisons et interrogent leurs habitants. Pendant ce temps, des jeunes hommes se regroupent et se mettent à jeter des pierres et des bouteilles vides sur l’occupant qui réplique en lançant des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes pour les disperser. Deux heures plus tard, les Israéliens se retirent.
Toujours 1 h, incursion dans la banlieue est d’Hébron, Haram al-Rama. L’occupant patrouille et se déploie entre les maisons. Il pénètre chez Isa Hussein Hreizat, 60 ans, il retient les 30 membres de la famille dans deux pièces ; la famille s’accroche avec les Israéliens quand ceux-ci empêchent les enfants d’aller dans la salle de bain. Vers 11 h, les Israéliens se retirent.
2 h, dans Deir Samit, à l’ouest de Dora, au sud d’Hébron.
3 h, dans Tulkarem  ; après avoir patrouillé quelques temps, les soldats se postent rue de Naplouse, à l’est de la ville. Ils investissent le domicile d’Abdel Qader Belal Fayez Tabbal, 19 ans, qui est arrêté. Ils s’emparent aussi de son ordinateur et de ses téléphones mobiles. Puis ils s’occupent du domicile de Mahdi Mohammed Tabbal, 21 ans, qui est arrêté.
17 h 45, dans Rojeeb, village au sud-est de Naplouse. Les forces israéliennes entourent la maison de Firas Ghassan Handoumi, 35 ans, dans le sud du village, puis ils la prennent d’assaut en lançant des bombes sonores. Elles arrêtent Firas et deux sympathisants du Jihad islamique qui se trouvent chez lui : ‘Azmi Abdel Wali Bani Odah, 37 ans, de Tamoun, au sud de Tubas, et Samer Jamil al-Ghoul, 27 ans, du camp de réfugiés d’al-Far’aa, même secteur. Elles arrêtent également So’aoud Mousa Dweikat, 41 ans, et Solman Tawfiq Dweikat, 46 ans, des voisins dont les maisons ont été utilisées par les Israéliens pour encercler la maison d’Habndoumi, et qui sont emmenés vers une destination inconnue. Vers 22 h 15, les Israéliens libèrent les 2 membres de la famille Dweikat au checkpoint d’Howarah, au sud de Naplouse.


2 – Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes contre la colonisation et la construction du mur d’annexion
Durant la semaine écoulée, les forces israéliennes ont continué d’user d’une force démesurée contre les manifestants qui protestent contre la colonisation et la construction du mur. Un civil palestinien de 21 ans a pris une balle dans la cuisse gauche, à Nabi Saleh, lors de la manifestation non violente hebdomadaire, au nord-ouest de Ramallah ; 6 militants des droits de l’homme, israéliens et internationaux, ont été interpellés par les Israéliens et transportés vers une destination inconnue. Des dizaines de manifestants ont inhalé les lacrymogènes et/ou souffrent d’ecchymoses.
- Bil’in, à l’ouest de Ramallah : après les prières du vendredi 11 janvier, Palestiniens, militants israéliens et internationaux organisent la manifestation hebdomadaire non violente contre la construction du mur d’annexion. Les manifestants sont rassemblés dans le centre du village, scandant des slogans appelant à l’unité nationale ; ils insistent sur la nécessité d’adhérer aux principes nationaux et au droit au retour, de résister à l’occupation et de demander la libération de tous les prisonniers palestiniens. Ils lèvent des drapeaux palestiniens et se dirigent vers le mur. Ils interpellent par mégaphones les colons israéliens de la colonie Mitityahu pour qu’ils quittent la terre palestinienne. Les soldats israéliens en poste dans le secteur tirent des balles caoutchouc (balles d’acier enrobées d’une fine couche de caoutchouc), lancent des bombes sonores et des lacrymogènes sur les manifestants. Des dizaines inhalent les gaz et souffrent d’ecchymoses.
- Ni’lin, à l’ouest de Ramallah : vendredi 11 août, après les prières, même manifestation non violente des Palestiniens et des militants internationaux et israéliens à Ni’lin, contre la construction du mur d’annexion. Les manifestants marchent vers le mur d’annexion et les soldats israéliens tirent à balles caoutchouc, lancent des grenades assourdissantes et des lacrymogènes sur les manifestants.
- Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : toujours vendredi, 11 janvier, Palestiniens et militants internationaux et israéliens manifestent comme chaque semaine, dans la non-violence, contre la construction du mur et les colonies. Les manifestants se dirigent vers la porte érigée par les Israéliens à l’entrée du village, et qui conduit aux terres palestiniennes que les colons de la colonie Halmish convoitent. Les soldats tirent. Un jeune Palestinien de 21 ans prend une balle dans la cuisse gauche. Il est transporté au centre médical Palestine de Ramallah pour des soins. Des dizaines de manifestants inhalent les lacrymogènes ou prennent des coups. En outre, les forces israéliennes arrêtent 6 militants des droits de l’homme, israéliens et internationaux, et les conduisent vers une destination inconnue.
-  Al-Masara, au sud de Bethléhem : toujours vendredi, manifestation hebdomadaire non violente des Palestiniens avec des internationaux dans le centre du village, pour protester contre la construction qui se poursuit du mur d’annexion. Quand les manifestants se dirigent vers la porte du village, les soldats ferment celle-ci pour empêcher la manifestation de se rendre sur les terres confisquées, et agressent les manifestants.
- Kuffor Kadoum, au nord-est de Qalqilya : vendredi également, 12 h 15, Palestiniens et internationaux manifestent pacifiquement dans le centre du village, contre la fermeture maintenue de l’entrée est du village, et ce depuis le déclenchement de l’Intifada al-Aqsa. Les manifestants se dirigent vers l’entrée du village. Immédiatement, les soldats israéliens stationnés auprès de la porte métallique, tirent.
- Al-Jab’a, au nord-ouest d’Hébron : mardi 15 janvier, 11 h 30, des Palestiniens et des militants des comités populaires contre le Mur, et des militants internationaux manifestent en solidarité avec la population d’al-Jab’a. Les manifestants lèvent des drapeaux palestiniens et se dirigent vers la porte qui sépare al-Jab’a et Sourif, à l’ouest d’Hébron. Ils forcent la porte métallique installée par les forces israéliennes il y a 13 ans, et l’ouvrent pour les déplacements des civils. Les forces israéliennes encerclent la zone, agressent les manifestants et s’accrochent avec eux.

3 – Maintien du bouclage des TPO
Israël impose un bouclage hermétique de la Cisjordanie. Les restrictions aux déplacements des Palestiniens à l’intérieur de la Cisjordanie ont même été durcies cette semaine.
Les checkpoints ci-dessous indiqués sont des checkpoints provisoires.
Ramallah  :
  • samedi 12 janvier, 11 h 30, les forces israéliennes se redéploient sur le checkpoint d’‘Atarah à l’entrée nord de Birzeit, au nord de Ramallah, et bloquent le passage des Palestiniens ;
    • 16 h, elles posent un checkpoint à l’entrée de Beit ‘Aor Tahta, au sud-ouest ;
  • dimanche 13 janvier, 4 h 30, pose d’un checkpoint sur la route entre Beit Loqya et Beit Sira, même secteur ;
    • 10 h, autre checkpoint à l’entrée de Nabi Saleh, même secteur ; checkpoint remonté vers 20 h ;
    • 14 h, checkpoint à l’entrée est de Kherbtha al-Mesbah, même secteur ;
  • lundi 14 janvier, 8 h, checkpoint à l’entrée nord de Beit Loqaya, même secteur, et
    • 17 h, checkpoint au même endroit, où les forces israéliennes interpellent un certain nombre de civils.
Qalqilya  :
  • jeudi 10 janvier, 13 h 10, les forces israéliennes montent un checkpoint à Jeensafout, sur la route de Wadi Qana qui relie Qalqilya à Salfit ;
    • et un autre à l’entrée d’al-Nabi Elias, sur la route de Qalqilya à Naplouse ;
  • dimanche 13 janvier, 8 h, checkpoint à l’entrée d’‘Azoun, à l’est de Qalqilya ;
    • 18 h, un autre à l’entrée est de Qalqilya.
Jéricho  :
  • dimanche 13 janvier, 11 h, les forces israéliennes posent un checkpoint à l’entrée d’al-Zbidat, au nord de Jéricho ;
    • 15 h, un autre à l’entrée sud de la ville ;
  • lundi 14 janvier, 9 h 30, un check-point à l’entrée de Fasayel, au nord, et
    • 17 h 30, un autre à l’entrée sud de Jéricho.
Jénine  : jeudi 10 janvier, 21 h, pose d’un checkpoint sur la route principale qui relit Jénine à Tulkarem et Naplouse, au carrefour d’‘Arrabah, au sud de Jénine.
Tulkarem  :
  • vendredi 11 janvier, 16 h 30, les forces israéliennes posent un checkpoint sur la route principale entre ‘Aezbet Shofah et Shofah, au sud-est de Tulkrem ; il faut indiquer que cette route a été fermée par les Israéliens en 2001, au début de l’Intifada al-Aqsa ; de ce fait, elle coupait Shofah d’‘Aezbet Shofah et les agriculteurs étaient obligés pour aller sur leurs terres de passer par la route qui relie Tulkarem et Naplouse et le checkpoint d’‘Enab ; cette situation a perduré jusqu’en août 2010 où les Israélines ont rouvert la route, pour la refermer un an plus tard ; le 28 mars 2012, la route est à nouveau rouvertte, mais depuis, un checkpoint y est installé pour faire barrage aux déplacements des Palestiniens ;
    • toujours vendredi 11 janvier, 20 h, autre checkpoint au carrefour sur la route qui va à Ramin, au nord-est de Tulkarem
  • dimanche 13 janvier, 9 h, checkpoint sur la route Tulkarem/Naplouse, à Beit Leed, dans l’est de Tuylkarem ;
  • un autre sur la route Tulkarem/Qalqilya, à l’entrée de Jbara, village isolé par le mur d’annexion ;
    • 12 h 30, sur le checkpoint d’Enab, les Israéliens durcissent les restrictions aux passages des Palestiniens ;
    • 16 h, pose d’un checkpoint sur la route d’al-Jaroushiya à Deir Ghsoun, et
    • 20 h 30, un sur la route de Tulkarem à al-Sha’rawiya, près de l’entrée d’‘Etil.
Hébron  :
  • jeudi 10 janvier, 9 h 30, les forces israéliennes postées à l’entée de Sorif, près de Beit Amr, au nord d’Hébron, empêchent une ambulance du Croissant-Rouge palestinen de circuler alors qu’elle transporte un malade à l’hôpital gouvernemental d’Hébron ; quand l’ambulance se présente à la porte métallique, l’occupant ferme la porte et empêche l’ambulance de passer le checkpoint. Mohammed Awad, coordinateur du Comité populaire contre les colonies à Beit Amr, a déclaré au PCHR que les Israéliens avaient fermé la porte métallique à l’entrée ouest d’Hébron à l’ambulance qui venait de la route de contournement et transportait un malade, sous le prétexte du mauvais temps, pendant la vague de froid en Palestine ;
  • samedi 12 janvier, 15 h, pose d’un checkpoint sur la route entre Dora et ses villages à l’ouest, au sud-ouest d’Hébron ;
    • 17 h, un autre à l’entrée de Taramah vers la route de contournement n° 60, au sud de Dora ;
  • lundi 14 janvier, 7 h, les Israéliens interdisent à des enseignants palestiniens de se rendre à l’école Kherbet de Sousia, au sud de Yatta, au sud d’Hébron, motif : sécurité, ils les ont obligés à retourner d’où ils venaient ;
  • mardi 15 janvier, 7 h, autre checkpoint sur la route de la vallée d’Abu-Reysha, à l’ouest d’Ethna, partie ouest d’Hébron ;
    • 7 h 30, un autre à l’entrée du camp de réfugiés d’al-Fawwar, au sud, qui est retiré vers 8 h 30, et
    • un à l’entrée du camp de réfugiés d’al-‘Aroub, au nord.
Bethléhem  :
  • mercredi 16 janvier, 12 h 40, les Israéliens entrent sur la zoned’al-Makhror, à l’ouest de Bethléhem, ils en ferment complètement toutes les entrées ; Walid al-Khateeb fait savoir que les bulldozers israéliens ont endommagé la grande ligne électrique du secteur ; les habitants ont craint qu’ils ne saccagent leurs terres et maisons, comme les forces israéliennes l’ont fait précédemment.


    Arrestation sur les checkpoints militaires
- Samedi 12 janvier, 16 h 10, les forces israéliennes stationnées au checkpoint Container, au nord de Bethléhem, arrêtent Malik Nizar Qozmar, 24 ans, alors qu’il se rend dans sa maison familiale à Qalqilya. Il est étudiant à l’université polytechnique d’Hébron.
- Samedi 12 janvier, 22 h, les Israéliens qui ont monté un checkpoint sur la route principale qui relie Jénine à Naplouse et Tulkarem, près d’‘Arrabah, au sud de Jénine, arrêtent Belal Jamal Ali Jaber, 27 ans, de Haris, village au nord-ouest de Salfit, et le conduisent vers une destination inconnue ; le checkpoint estretiré par la suite.
- Mardi 15 janvier, 6 h 30, les Israéliens après avoir monté un checkpoint dans le secteur d’al-Buka’a, au sud de Beit ‘Awwa, dans le sud d’Hébron, arrêtent trois Palestiniens et les conduisent vers une destination inconnue. Les personnes arrêtées sont : Omar Jamil Aid Masalma, 23 ans, Mohammed Mahere Abdallah Masalma, 26 ans, et Mohammed Rajed Masalma, 26 ans.
- Lundi 14 janvier, 14 h 30, les Israéliens arrêtent Salah al-Deen Sweidan, 15 ans, d’‘Azoun, à l’est de Qalqilya, sous le prétexte qu’il a jeté des pierres sur la route principale. Les Israéliens prennent l’enfant et l’emmènent vers une destination inconnue, après l’avoir durement frappé pendant qu’il se trouvait sur les terres agricoles de sa famille, al-Harayiq, près de la route n° 55, qui relie Naplouse à Qalqilya, à ramasser du bois. Son père Ya’aqoub qui le défend perd connaissance sous les coups des Israélliens et sous l’influence de quelque substance qu’ils lui vaporisent au visage ; son frère l’emmène à l’hopital gouvernemental Darwish Nazzal, il souffre de confusion et est couvert d’ecchymoses.
Dans son témoignage au PCHR, Ya’aqoub Sweidan, le père de l’enfant, déclare :
« Vers 14 h 30, lundi 14 janvier, alors que j’étais avec mon fils, Salah al-Deen, 15 ans, à ramasser du bois pour chauffer la maison, et que nous travaillions en deux endroits différents, j’entends soudain les cris de mon fils. Je me précipite et je vois 5 soldats israéliens qui l’entourent et le frappent. Ils lui ont attaché les mains avec des liens en plastique et il est allongé par terre pendant qu’ils le frappent à coups de pieds. Je les attaque tout de suite pour laisser échapper mon fils, mais ils me frappent à mon tour à coups de crosses de fusils entre les épaules. Ils me vaporisent alors une substance au visage et je perds connaissance. Je reprends conscience dans l’après-midi, à l’hôpital Darwish ; je demande après mon fils, s’il est vivant parce que après avoir vu les coups auxquels il a été soumis, je crains que ça puisse ne pas être le cas. On me dit qu’il a été arrêté et transporté par une jeep militaire. La zone était ouverte à la grande rue, aussi les civils ont pu voir les soldats nous agresser et ils sont allés informer mon frère qui est venu et m’a transporté à l’hôpital pour y être soigné. »


4 – Tentatives pour créer une majorité juive dans Jérusalem-Est occupée
Deux maisons rasées au bulldozer
- Le mardi 15 janvier, 6 h, des gardes-frontières, des policiers et des forces spéciales, accompagnés d’agents de la municipalité israélienne de Jérusalem, avec un bulldozer et un excavateur, pénètrent dans le quartier d’al-Ashkariya, à Beit Hanina, banlieue nord de Jérusalem-Est. Les forces israéliennes entourent la maison de Nasser Awad al-Rajbi, 42 ans, laissent sa famille évacuer la maison et sauver quelques meubles, et commencent sa destruction, sans qu’il n’y ait eu d’avertissement préalable. La maison avait une terrasse en amiante, un seul étage, et une surface de 60 m², et elle était habitée par une famille de 6 enfants.
Al-Rajbi raconte qu’il vivait dans la maison avec son épouse et ses six enfants depuis deux mois, il l’avait construite sur une parcelle de terrain qu’il possède dans le quartier. Et il dit avoir fait face à des difficultés pour obtenir un permis de construire, la municipalité israélienne bloquant toute remise de permis à la population palestinienne de Jérusalem, et qu’alors il a commencé la construction sans le permis. Il souligne aussi que le tribunal avait été saisi et qu’une audience était prévue pour statuer sur son dossier ; mais les forces israéliennes ont procédé à la démolition, sans même attendre la décision du tribunal.
- Mardi également, à 7 h, des forces israéliennes identiques – gardes-frontières, police et forces spéciales, accompagnés des mêmes agents de la municipalité de l’occupation, et des mêmes engins, bull et excavateur – entrent dans Sour Baher, dans le sud de Jérusalem-Est occupée. Ces forces encerclent une maison appartenant à Aref Hussain Amira’s, 71 ans ; elles le laissent sortir avec sa famille et emmener quelque mobilier, puis commencent la démolition. La maison avait deux étages, elle était construite sur un terrain de 120 m² et elle abritait une famille de 7 personnes.
Il faut mentionner que les forces israéliennes ont démoli la maison avant la date limite indiquée sur l’avis remis à la famille Amira par la municipalité israélienne de Jérusalem. Mr Amir dit qu’il a hérité la maison de son père, qu’il l’avait restaurée pour éviter qu’elle ne s’effondre. Il ajoute qu’il avait récemment agrandi la maison, avec un appartement de plus au dernnier étage, pour son fils qui s‘était marié. Mr Amira indique encore qu’il s’était lancé dans la construction de l’appartement après son échec à obtenir un nouveau permis de construire par la municipalité israélienne de Jérusalem, ses frais dépassant les 350 000 NIS (nouveau shekel israélien, soit 70 500 €). Il ajoute qu’il a reçu la notice de la municipalité pour la démolition il y a un mois ; que les forces israéliennes n’ont pas attendu, qu’elles ont effectué la démolition avant l’expiration du délai de recours accordé au propriétaire de par la loi israélienne, qui est de 90 jours à compter de la date de remise de la notice.


5 – Activités de colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens
A suivre
Document public
Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).


source :  info-palestine.net


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