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vendredi 15 février 2013

ITALIE : Un pape allemand s'en va et un industriel allemand arrive à la tête de la banque du Vatican


Un pape allemand s'en va et un industriel allemand arrive à la tête de la banque du Vatican. A 13 jour de la démission historique de Benoît XVI, et après neuf mois de vacance à la tête de cette l'institution, le Saint-Siège a annoncé vendredi cette dernière importante nomination du  pontificat, celle de Ernst Von Freyberg. 


 Philanthrope et baron de l'industrie
 
 L'homme d'affaires. Né en 1958, Ernst von Freyberg est un avocat allemand, co-fondateur de la société d'investissements Daiwa Corporate Advisory Partners. L'an dernier, il est devenu président du groupe de chantiers navals et d'ingeniering hambourgeois Blohm+Voss. Il est aussi membre de divers conseils d'administration de sociétés, dont Manpower GmbH. Parlant allemand, italien, anglais et français, il sera à Rome trois jours par semaine pour s'occuper de l'IOR, l'Institut pour les œuvres de religion.

Le catholique. Parallèlement, ce catholique pratiquant est très impliqué dans la vie religieuse puisqu'il est l’un des responsables de l’association du diocèse de Berlin pour l’organisation des pèlerinages à Lourdes. Il est par ailleurs membre de l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte.¹*


L'IOR, c'est quoi ?
L'Institut pour les œuvres de religion (IOR) dite la « banque du Vatican », est la principale institution financière du Saint-Siège. Traditionnellement financée par le denier de Saint-Pierre, cette banque privée, formellement instituée en 1942 par le pape Pie XII, siège dans la cité du Vatican. L'IOR est dirigé par un conseil de surveillance et par une commission de contrôle des cardinaux. Il emploie une centaine d'employés, gère 33 000 comptes d'environ 25000 entités différentes. 77% des clients de l'IOR viennent d'Europe et 7% du Vatican même.


Une nomination délicate. Si Benoît XVI a donné son aval à la nomination du baron von Freyberg, c'est un collège de cardinaux qui supervise l'IOR qui l'a nommé «à l'issue d'une profonde évaluation et d'une série d'entretiens». D'abord, il a été choisi parmi 40 candidats, puis six, puis trois. «Le pape ne connaît pas personnellement Freyberg, sa famille ne lui est pas inconnue mais il n'est pas intervenu dans la nomination» a assuré le père Lombardi, en soulignant que le président de l'IOR ne fait pas partie du «gouvernement» de l'Eglise universelle.  Cette nomination était attendue depuis longtemps, signe que le processus de choix a été délicat, dans un contexte de crise autour de l'IOR.

La banque la plus secrète du monde

L'IOR, théâtre de scandales. En effet, la banque, dont le patrimoine est évalué à environ 5 milliards d'euros, a été le théâtre de scandales retentissants, le plus grave impliquant en 1982 la loge maçonnique illégale (P2), la CIA et la mafia.

Le 24 mai dernier, le précédent président de l'IOR, Ettore Gotti Tedeschi, nommé en septembre 2009 pour remettre les finances en ordre et permettre au Vatican de rejoindre la liste des pays respectant les normes contre le blanchiment («white list»), avait été limogé de façon fracassante, pour une gestion jugée déficiente. La justice reprochait aux deux dirigeants de l'IOR de ne pas avoir communiqué la nature et les mandataires de deux opérations financières : des transferts depuis le compte de l'IOR auprès de la banque Credito Artigiano vers JP Morgan à Francfort et vers Banco del Fucino

Début juillet, un rapport de Moneyval, le groupe d'experts du Conseil de l'Europe compétent sur les questions de recyclage d'argent, avait estimé que les autorités vaticanes avaient accompli un très long parcours en un laps de temps très court mais que du travail restait à faire. En 2012, les États-Unis ont ajouté le Vatican à une liste de 68 états dont la situation est jugée préoccupante, selon le rapport annuel du Département Américain d'État sur la lutte contre le trafic de drogue dans le monde.
source : leparisien.fr


¹* En Hommage à cet ordre voici deux troupes médiévales Italiennes. L'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte est une organisation catholique souveraine à vocation humanitaire, créée au milieu du XIe siècle. Installé successivement à Jérusalem, Chypre, Rhodes, Malte et enfin Rome est tourné vers les pauvres et les malades en vertu de la première règle de l'ordre : « Protéger la foi, secourir les indigents, accueillir les sans-logis, soigner les malades et œuvrer pour la paix et le bien dans le monde ». Néanmoins, au cours de sa longue existence, il a été aussi un des principaux remparts de l'Occident chrétien, durant les croisades dans un premier temps, puis à l'époque où ses marins aguerris sillonnaient la Méditerranée, avant de développer, à partir de la Renaissance,un savoir médical envié et mondialement reconnu. 

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