LE CHAT DE LA STREET T.V.

lundi 25 février 2013

MANIPULATION & DÉSINFORMATION : La Dissension sociale ou «la théorie du combat des chiens»

 Manipulations et désinformations troisième et dernière partie. 
La Dissension sociale ou «la théorie du combat des chiens»



Le Liban a été le banc d’essai de la théorie de la dissension sociale connue sur le plan journalistique par la «théorie du combat des chiens», mise en œuvre par  l’universitaire américain Peter Galbraith, fils de l’économiste américain John Kenneth Galbraith et interface de l’ancien premier ministre pakistanais Benazir Bhutto pour le compte de la CIA.
La théorie vise à exacerber les antagonismes ethnico-religieux en vue d’imploser les pays constitués d’un tissu démographique pluraliste de mosaïque humaine. Ce plan a été ultérieurement appliqué en Bosnie, puis en Afghanistan et en Irak, enfin en Syrie.

Beyrouth
Véritable expérimentation à grande échelle en 1975 au Liban, elle a longtemps été présentée par des Libanais en guise d’excuse absolutoire à leur turpitude comme étant «la guerre des autres» au Liban. Si tel a été le cas, elle l’aura été avec la complicité et l’avidité des Libanais.
Point n’était besoin d‘être stratège pour déduire que la chute de Saigon et de Phnom Penh, les 15 avril et 30 avril 1975, les deux bastions américains en Asie, coïncidant avec la révolution des œillets au Portugal et l’indépendance des colonies portugaises en Afrique, déviaient immanquablement le champ de la confrontation soviéto-américain vers le Moyen Orient, particulièrement son maillon faible, Le Liban.
Ce schéma s’est appliqué à l’identique à la Syrie: Point n’est besoin d’être sorcier pour expliquer que la perte de l’Egypte et de la Tunisie, les deux piliers sud de l’Union Pour la Méditerranée, en superposition à la fermentation de Bahreïn et du Yémen, les deux balises sécuritaires de l’Arabie saoudite, allaient immanquablement dévier le flux révolutionnaire vers la Syrie, maillon intermédiaire de l’axe de la contestation à l’hégémonie israélo américaine.
Le décor était bien planté. Mais, il n’est pire aveugle que celui qui ne veut voir. Pire sourd que celui qui ne veut entendre. Juste retour des choses, ce sont désormais les Libanais s’emploient à participer à la déstabilisation de la Syrie, alors qu’auparavant c’étaient les Syriens qui soufflaient le feu au Liban.

Saad Hariri. Derrière lui la photo de son père Rafic

La désinformation et la désorientation.

La surcharge d’information aboutit à la désinformation. Dès la décennie 1970, le Liban assurait l’édition et la distribution de près de trois mille publications toutes périodicités confondues, alors que cinquante stations radio opéraient dès le début de la guerre civile sur le champ de bataille médiatique libanais, tandis que, parallèlement, le reste du monde arabe était engourdi par le journalisme institutionnel des fonctionnaires poussifs d’organismes bureaucratiques.
La désorientation est propice aux rumeurs, à l’intoxication, et, faute d’éducation civique, à une perte  de repères. L’une des rumeurs les plus célèbres de la guerre du Liban a été celle relative au débarquement de «Somaliens aux queues vertes» en renfort de la coalition palestino-progressiste.
Rumeur qui a témoigné du désarroi des Chrétiens à l’époque, le printemps 1976, à la suite de la perte de leur place forte dans le secteur hôtelier de Beyrouth et de la volonté de leur tuteur de maintenir la mobilisation face au danger extérieur.
Le média au Liban et dans les pays arabes a cessé,  dans la majorité des cas, d’être un instrument de combat pour la démocratisation de la vie publique et sa moralisation, mais un générateur de recettes, un instrument de combat dévoyé pour la cause d’autrui.  Cela vaut aussi pour les autres médias. Dans le cas de la Syrie, Al Jazira s’est particulièrement distinguée (nous y reviendrons*).
Il n’est que de songer au parcours d’Al Watan al Arabi, le chantre de l’Irak bassiste durant la guerre irako iranienne, hyper royaliste dès le début de la tempête du désert, en 1990 contre l’Irak, son propriétaire glanant au passage pour prix de son revirement  la coquette somme de cinq millions de dollars agrémentés de d‘avantages matériels annexes, sonnantes, trébuchantes et consistantes.
Songer aux alliances rotatives du groupe An Nahar avec le milliardaire Michel el Murr, un des principaux bailleurs de fonds des milices chrétiennes, puis avec le général Michel Aoun, le dirigeant de la plus importante formation chrétienne qu’il désertera pour se donner, après une brève idylle pour cause d’impécuniosité au milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, avant de se jeter dans le giron du Prince Walid Ben Talal, un deuxième milliardaire libano saoudien, son actuel actionnaire.
Le Liban a été ainsi le principal bailleur de fonds de sa guerre d’autodestruction, qu’il a financée en superposition aux transferts mercenaires de ses parrains régionaux. La Syrie aussi. Il est de privilèges qu’il est sain de décliner sans état d’âme.

Le conditionnement de l’opinion: Le syndrome Ahmad Chalabi

*Al Jazira s’est particulièrement distinguée dans le cas de la Syrie.

Réédition d’un scénario éculé, le dispositif en vigueur à l’encontre de la Syrie a été identique à celui mis en place à propos de l’Irak, justifiant une fois de plus le constat de Pierre Bourdieu sur «la circulation circulaire de l’information», tant au Qatar, à travers Al Jazira, qu’en France, via le quotidien Libération.

Ainsi Ahmad Ibrahim Hilal, responsable de l’information sur la chaîne transfrontière qatariote, a agi depuis les combats de Syrie, il y a un an, en couple et en boucle avec son propre frère Anas Al Abda, proche du courant islamiste syrien et membre du CNT, au diapason du tandem parisien formé par Basma Kodmani, porte-parole du CNT et sa sœur Hala Kodmani, animatrice du cellule oppositionnelle syrienne à Paris et chargée de la chronique Syrie au quotidien français Libération dans une fâcheuse confusion des genres.
Ce dispositif a été amplifié en France au niveau arabophone par Radio Orient, la radio du chef de l’opposition libanaise, Saad Hariri, qui plus est partie prenante du conflit de Syrie. Du jamais vu dans les annales de la communication internationale qu’un chef de l’opposition d’un pays ami dispose d’une radio opérant depuis sa capitale contre le propre gouvernement du pays supposé allié de la France.
Un tel dispositif a frappé de caducité le discours médiatique occidental, au même titre que le discours officiel syrien, en ce qu’il est obéré par «le syndrome Ahmad Chalabi» du nom de ce transfuge irakien qui avait alimenté la presse américaine des informations fallacieuses sur l’arsenal irakien, via sa nièce journaliste en poste dans l’une des principautés du golfe, implosant la crédibilité de l’employeur de la journaliste vedette du New York Times, Judith Miller, passée à la postérité comme étant «l’arme de destruction massive de la crédibilité du New York Times dans la guerre d’Irak».

C.Powell a propos des "armes de déstructions massives" en Irak
Pour une étude plus fouillée voir à ce propos " Renenaba.com : al jazeera la fin dune legende
 
Le média perd ainsi sa fonction initiale de véhicule d’information, d’un vecteur propagateur de nouvelles pour devenir un instrument de combat dévoyé pour la cause d’autrui. Sous l’apparence de l’indépendance et du professionnalisme, Al Jazira a épousé les oscillations de la diplomatie qatariote, d’abord enthousiaste à l’égard de l’élan populaire arabe, plus réservée lorsque les flammes de la contestation ont atteint les rivages pétro monarchiques.  De prescripteur de l’ordre médiatique arabe, Al Jazira s’est mû en lanceur d’alerte des menées contre révolutionnaire arabe.
Signe d’un désaveu, sa couverture parcellaire du soulèvement arabe provoquera une cascade de démission au sein de l’équipe rédactionnelle, dont plusieurs vedettes de la chaine, notamment Ghassane Ben Jeddo, l’ancien directeur du bureau de Beyrouth de la chaine qatariote.

  
Le conditionnement de l’opinion
Outre Al Jazira et la chaine transfrontière saoudienne «Al Arabica», les deux coproducteurs de la dramaturgie de l’épopée de la bataille de Bab Amro (Homs) qui se devrait d’être «Le Stalingrad» de la bataille de Syrie, en février 2012, deux autres vecteurs ont joué un rôle majeur dans le conditionnement de l’opinion arabe et occidentale, la firme Quantum et MCC.
Emanation régionale depuis Doubaï de la firme publicitaire américaine de dimension internationale, Saatchi and Saatchi, Quantum  passe pour avoir été le Maître d’œuvre de la révolution colorée au Liban et des mots d’ordre sur le «désordre créateur» dans les autres pays arabes, alors que MCC du libanais pro haririen Jinah Hammoud, en tandem avec son compère le député faussement humanitariste Oukab Sakr, assumaient depuis la Turquie, la fonction de producteur de documentaires prêts à la diffusion au sein des grands médias de consensus.
Boris Glassman
Mention spéciale doit être réservée dans ce domaine à l’ancien journal de référence de la presse française, le journal Le Monde, dont l’un des plus gros pourvoyeurs d’information sur la Syrie, n’est autre qu’un ancien diplomate français en poste à Damas dans la décennie 1980, Boris Glassman, dont le pseudonyme, Ignace Leverrier, d’une grande limpidité, se fait par  double référence à son patronyme (Glassman – Al Kazzaz) et, sans doute, au fondateur de la congrégation des pères jésuites, réputée pour son sens de la dissimulation. Cet ancien diplomate français s’est mû en propagateur officieux des thèses de l’opposition pro-islamiste, sous couvert d’expertise.

Combattre le discours disjonctif occidental et la confusion mentale arabe.


La bataille de Syrie n’est pas un combat de la démocratie contre une dictature, mais une combat biaisé de dictatures policées de vernis occidental contre une dictature basique tant il est vrai que «la propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature» (N.C)
La bataille de la démocratie en Syrie se gagnera par les patriotes Syriens, dans la clarté, et non par de mercenaires dévoyés, dans la dissimulation. Sinon la bataille ne se gagnera pas et la Syrie se perdra tant il est vrai que «La liberté d’information est un leurre, si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce n’est pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat» (Hanna Arendt)
Le triomphe d’une Syrie laïque et démocratique suppose de combattre à la fois le discours disjonctif occidental et la confusion mentale arabe. Un discours disjonctif qui module les principes universels en fonction des intérêts immédiats des Occidentaux, qui consiste à combattre, par exemple, les Islamistes au Mali et à les soutenir en Syrie.
Une confusion mentale arabe, qui consiste à s’allier, par exemple, avec ses propres bourreaux pour un gain immédiat au risque d’accentuer sa propre servitude et compromettre son avenir.
Telles sont les règles de base du combat démocratique. Telle a été l’ambition que j’ai nourrie dans ma démonstration en formulant le vœu qu’un large front des forces démocratiques arabes se constitue pour mener le combat, nécessaire, de la démocratisation du Monde arabe, contre tous les autocrates arabes, les faussaires, les mystificateurs, les usurpateurs, tous les fossoyeurs de la cause nationale arabe.


Extrait tiré de " Syrie-Opposition-Média : La fabrication de la violence et du sectarisme dans les médias. " renenaba.com
 
Retrouvez la première et deuxième parties de cet article :

- MANIPULATION & DÉSINFORMATION : La fabrication de la violence et du sectarisme dans les médias.
- MANIPULATION - DÉSINFORMATION : La pensé unique mise en place a chaque nouveau génocide




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