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samedi 2 février 2013

SYRIE : L'armée israélienne a bombardée une cible militaire en Syrie (vidéo)

L'aviation israélienne a bombardé une cible militaire en Syrie mercredi. Des doutes subsistent sur la cible réelle. Quelles sont les motivations de Tel Aviv? Quelles peuvent en être les conséquences? que dit cette action des relations entre les deux pays? 


L'aviation israélienne a bombardé un centre de recherche militaire en Syrie, entre Damas et la frontière libanaise mercredi à l'aube. Que sait-on de cette attaque? Quelles sont les motivations de Tel Aviv; quelles peuvent en être les conséquences? 

Que sait-on de l'attaque?

Il y a une ambigüité sur le lieu du raid israélien. Damas a annoncé que l'aviation israélienne avait bombardé le centre de recherche de Jamraya, situé à Dummar, au nord-ouest de Damas. Des opposants syriens confirment avoir entendu dans la nuit des explosions sur le site. Mais des sources israéliennes non officielles -à son habitude, le gouvernement israélien n'a pas confirmé l'attaque, pas plus qu'il n'avait confirmé l'attaque contre un réacteur nucléaire en construction en 2007- indiquent que la cible, à la frontière syro-libanaise était un convoi transportant des armes venant de Syrie, à destination du Hezbollah libanais. Ce dernier est connu comme un centre de recherche sur les armes chimiques, selon David Ignatius du Washington Post

Quelles sont les motivations israéliennes pour une telle attaque?

L'armée israélienne aurait visé des armes anti-aériennes de fabrication russe, dont est équipée la Syrie, afin qu'elles ne tombent pas aux mains du Hezbollah, proche du régime de Bachar el-Assad. De telles armes modifieraient "l'équilibre" militaire entre le Hezbollah et Israël; elles porteraient "atteinte à la liberté presque totale dont dispose notre aviation de survoler le Liban", explique Daniel Milo, ancien chef de la défense aérienne interrogé par l'AFP.Pour la presse israélienne, le Hezbollah, inquiet des difficultés militaires de son parrain syrien, serait en train de mettre à l'abri une partie de l'arsenal syrien au Liban.  
Si le site visé était bien un site contenant des armes chimiques, "il pourrait s'agir d'un message d'Israël, voire des Américains, à destination de Damas, mais aussi de son protecteur russe, explique Ziad Majed, politologue, spécialiste de la Syrie. Washington a déclaré à plusieurs reprises que l'usage d'armes chimiques en Syrie serait une 'ligne rouge' ; or il y a de forts indices que de telles armes ont été utilisées, en décembre 2012, à Homs." Si en revanche les cibles visées sont effectivement des missiles, "on peut y voir un message indiquant que Tel Aviv veut maintenir son contrôle aérien stratégique du Liban et ne veut pas voir le Hezbollah modifier cette donne", ajoute le chercheur. 

Quelle est la position d'Israël face à la crise syrienne ?

Les deux pays, officiellement, sont toujours en état de guerre depuis l'occupation du Golan par Israël en 1967. Mais depuis lors, la frontière du Golan est la plus calme de l'Etat juif. Celui-ci "s'est toujours accommodé de traiter avec le régime des Assad père et fils; il préfère la stabilité et craint que la chute du dictateur syrien n'amène au pouvoir des forces plus imprévisibles", souligne Ziad Majed. Avec l'aggravation de la situation militaire, "la position israélienne a peu à peu changé. Tel Aviv parle désormais du départ de Bachar el-Assad, ayant sans doute compris que ce régime est en sursis, mais ne se sent pas concerné si ce départ tarde encore quelques mois, voire plus", analyse le politologue. 
La période de transition post-électorale ne permet pas de dire quelles orientations va prendre le prochain gouvernement israélien. Netanyahu avait axé sa campagne sur la sécurité et la menace iranienne notamment. Sa coalition a perdu une dizaine de siège au profit du candidat centriste qui avait misé sur le malaise social des classes moyennes. "Mais peut-être Netanyahu a-t-il voulu justement montrer que malgré cette période de transition, il ne baissait pas la garde sur le front extérieur?" s'interroge Ziad Majed. 
Depuis le début de la crise syrienne il y a deux ans, "l'ambigüité israélienne a contribué à l'ambigüité américaine: pour Washington, la Syrie est plus appréhendée comme un acteur régional dont les frontières inquiètent qu'un espace où vit un peuple se battant pour sa liberté" relève le chercheur. 

Quels risques de représailles ?

Israël a pu prendre un risqué calculé: le gouvernement syrien, ne prendra pas le risque de riposter (d'ailleurs il ne l'avait pas fait en 2007), tandis que l'Iran, allié de Damas et parrain du Hezbollah est sous pression de la communauté internationale. Téhéran a toutefois menacé de réagir: le vice-ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a prévenu que "l'attaque du régime sioniste contre la périphérie de Damas aura de graves conséquences pour Tel-Aviv".  
Difficile de savoir quelle forme prendra cette réaction ni même si elle aura lieu. "Téhéran est dans une position d'expectative face à la nouvelle administration Obama; les négociations sur le nucléaire en cours et les tensions internes dans la perspective de l'élection présidentielle du printemps plaident aussi pour la retenue", analyse Ziad Majed. "Mais le régime des mollahs peut aussi réagir par une action clandestine, non revendiquée, comme il en a déjà mené par le passé, pour montrer sa détermination à ne pas rester sans réagir." 

Cette attaque peut-elle nuire à l'opposition syrienne?

Le régime syrien tout comme ses alliés iraniens et libanais ont profité de l'occasion pour assimiler l'opposition au régime à un 'complot sioniste': cette attaque "a dévoilé les origines de ce qui se passe en Syrie depuis deux ans et les objectifs criminels visant à détruire ce pays et son armée pour affaiblir son rôle central dans la résistance" contre l'Etat hébreu, fustige un communiqué du Hezbollah.  

"Le régime syrien qui au début de la crise utilisait cette rhétorique du complot, avait, depuis deux mois, cessé d'y recourir, relève Ziad Majed. Après que les Etats-Unis ont placé le Front al Nusra sur la liste des organisations terroristes, Damas ne parlait plus que de son combat contre les djihadistes, sachant l'inquiétude que cette mouvance suscite dans les pays occidentaux. Le raid israélien va donc l'amener temporairement à modifier le discours". 
De son côté, l'opposition syrienne reproche aux autorités de ne pas avoir défendu comme il se doit le territoire syrien face à cette attaque israélienne. Il semble que Damas n'a même pas essayé de contrer ce raid. Les avions du régime de Bachar el-Assad "ne servent qu'à détruire les mosquées et les universités, et à tuer les civils" syriens, a protesté Ahmed Moaz al-Khatib, le chef de la Coalition de l'opposition syrienne. L'armée du régime bombarde en effet sans relâche plusieurs quartiers tenus par les rebelles dans les environs de Damas. "Cet épisode met en tout cas à mal l'argument, utilisé au début du conflit par ceux en occident qui s'opposaient à la mise en place de couloirs humanitaires ou de zones d'exclusion aérienne, fait valoir Ziad Majed: On disait la force anti-aérienne syrienne trop puissante. Il semble que les radars syriens n'ont même pas repéré les chasseurs israéliens."

source : lexpress.fr

vidéo Euronews

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