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jeudi 14 mars 2013

EUROPE : L'enquête du HFSC prouve l'appauvrissement du peuple et l'enrichissement de l'élite

En Décembre 2006, la Banque Centrale Européenne a mis en place un réseau d’experts, de statisticiens et d’économistes pour réaliser un travail d’une ampleur encore inédite : la collecte d’« informations structurelles de niveau micro » sur le patrimoine des ménages au sein des pays membres de la zone euro. Les résultats de l’enquête, appelée Household Finance and Consumption Survey (HFSC), sont prêts, mais il se pourrait qu’on n’en entende jamais parler en Allemagne, parce qu’ils sont trop explosifs, explique Wolf Richter sur son blog Testosterone Pit.

 
Cependant, certains pays membres, dont l’Autriche et l’Italie, ont publié les données qui les concernent. On apprend ainsi que la richesse est distribuée de façon très inégalitaire en Autriche, puisque 5% des ménages s’accaparent presque la moitié de la richesse du pays. La tranche des 50% les moins riches ne possède que 4% du patrimoine national, et 83% d’entre eux sont locataires de leur logement. Pire, 10% ne possèdent qu’un patrimoine de moins de 1.000 euros. Des résultats aussi inégalitaires sont dangereux sur le plan politique, et c’est pourquoi ils sont difficilement publiables.
Les chiffres concernant l’Allemagne devraient être similaires, puisqu’un rapport appelé « Pauvreté et richesse » avait déjà fait état de l’inégalité de la distribution des richesses, et de la pauvreté rampante en Allemagne. Ses résultats soulevaient une telle controverse que la version qui avait été présentée au public avait été revampée pour la rendre plus acceptable sur le plan politique. Ces inégalités de répartition des richesses, quantifiées une nouvelle fois, sont une nouvelle source d’embarras pour les autorités allemandes. 

Le rapport de l’HFSC concernant l’Italie en est une seconde. On y apprend en effet que depuis 1991, le patrimoine médian des ménages italiens a progressé de 56%, et qu’entre 2008 et 2010, il a continué de croître au taux de 5% annuels, en dépit de la crise. Le problème pour les autorités allemandes, c’est que pendant ce temps, le patrimoine des ménages allemands a stagné. Pire, la richesse médiane des ménages allemands, proche de 76.000 euros, représente moins de la moitié de celle des ménages italiens, qui s’établit à 163.875 euros.
Ce que les rapports montrent, dans le fond, c’est que les ménages italiens ont été plus talentueux que les ménages allemands pour protéger et développer leur patrimoine, aux dépends des finances de l’Etat. Le déficit allemand de 2012 était très faible, grâce à des impôts élevés. Au fil des ans, le gouvernement fédéral allemand a opéré un transfert en sa faveur d’une grande partie des richesses des contribuables allemands.
A l’heure où la question d’une prise en charge de la montagne de dettes de l’Italie par les contribuables allemands est parfois évoquée, de telles conclusions posent un problème de taille aux politiciens allemands, alors que les élections générales ont lieu à l’automne.
Si le rapport venait à être éventé, les statisticiens de la Bundesbank essaieraient probablement de noyer le poisson avec des considérations fondées sur les réalités immobilières différentes des deux pays, prophétise Richter, « parce que la saga des plans de sauvetage doit se poursuivre. La réalité malpropre du fait que les Allemands ne peuvent pas se permettre de porter secours à leurs voisins plus riches qu’eux ne doit pas interférer avec la saga grandiose et glorieuse de l’euro », conclut-il.

source : express.be





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