LE CHAT DE LA STREET T.V.

jeudi 21 mars 2013

FRANCE : 4 membres de " L’École en bateau " accusés de viols sur leurs élèves

Alors que s’ouvre le procès pour viols de quatre membres encadrants de l’Ecole en bateau, un système éducatif alternatif, emmenant les élèves à bord d’un voilier pour des mois voire des années. Si la culpabilité des prévenus, dont celle de son fondateur Léonide Kameneff, 76 ans, reste à démontrer, quelle était la vie sur les voiliers de L’Ecole en bateau ?



Un peu d'histoire
L’association est fondée en 1969 par Léonide Kameneff. Ce pédo-psychothérapeute, aujourd’hui accusé de viols, promettait aux parents de ses élèves une « expérience émancipatrice ». De 1969 à 2002, ce sont environ 400 jeunes qui ont embarqué à bord des différents voiliers de l’Ecole en bateau. La durée moyenne du séjour était de 2,2 ans. Celle des élèves qui ont poursuivi à l’Université ou dans de grandes écoles était de 3,4 ans.
Sur le site de l’association, on peut lire : « Le navire était le lieu de vie et de travail d'un groupe en expédition ou recherche. Rien à voir, donc, avec un bateau de loisir pour une sortie en mer. »

Libertinage ou climat propice à l'épanouissement ?
Le site (www.ecole-en-bateau.net) assure encore que les relations à bord étaient saines. Un ou deux adultes partaient avec une douzaine d’enfants pour des périples de plusieurs mois. « Les relations étaient bonnes, dans l’ensemble, et les agressions physiques quasi-inexistantes. La vie active, les responsabilités à assumer, la paix du large ou des mouillages en pleine nature, la coopération, favorisaient ce bon climat relationnel. »
Si  les parties civiles évoquent aujourd’hui un climat « libertin » à bord du Karrek Ven, un thonier de plus de 20 mètres, Léonide Kameneff parle d’un « épanouissement intellectuel, psychologique, affectif et social ». Le Karrek Ven date de 1980. « Avec lui commencèrent les Expéditions Jules Verne de l'Ecole en bateau : des expéditions de plusieurs mois pour une recherche, historique d'abord, puis archéologique », peut-on lire sur le site.




Une vie à bord encadrée, mais sans cabine
Selon le site, la vie à bord était encadrée : « Les interdictions étaient nombreuses : monter dans le gréement, prendre la barque sans adulte, se baigner seul, pisser par-dessus bord sans être harnaché... » Une manière de vivre en communauté dans un espace confiné.
Avec quelques aménagements : « Ce ne fut jamais un groupe d'enfants avec horaires et moniteurs. Ce fut un groupe d'amis, de copains, chacun responsable, effectuant sa part d'un projet commun. Sur le Karrek Ven, plus de cabines. Ils abattirent les cloisons et firent naître un atelier et un grand carré, lieu de vie et d'étude. Coucher sur les banquettes, sur le plancher, sur le pont et, dès l'Amérique, en hamacs. »
Un enseignement à base de recherche, d'entretien du bateau et de «développement physique et sensoriel»

Quant à l’apprentissage, il est bel et bien présent à bord. Chacun prend son quart, chacun devient marin au fil du temps et participe activement à la navigation. Les études ne sont pas délaissées non plus : « Rester dans le bateau à étudier les Fourberies de Scapin quand on est mouillé dans l'oasis de Gabès... c'est scan-da-leux !! », raconte Michel, à bord de puis deux ans.
Selon le site de l’association, les ordinateurs auraient fait leur apparition à bord avant d’arriver dans les collèges. L’Ecole en bateau mettait en avant la recherche sous forme de plongées sous-marines, de recherches historiques ou archéologiques. L’entretien du bateau prenait également une place essentielle dans le cursus scolaire : « Entretien courant, carénage annuel, calfatage, travail du bois, réparation des voiles, entretien et réparation des machines et appareils divers... Ce fut l’œuvre des jeunes eux-mêmes, en général sans participation d’une main-d’œuvre extérieure », explique le portail de l’association. Dernier axe éducatif  : réaliser des reportages pour magazines et télévisions.

Il s’agit également, selon le site, de « vaincre ses peurs », « d’affronter des situations nouvelles », de « travailler et vivre en équipe », et de « s’ouvrir à de nouvelles cultures » en voyageant. Du point de vue de la personnalité des jeunes, le site explique : « Le développement  physique et sensoriel trouvait à s'épanouir par cette vie active en pleine nature, par la mer, le vent, le soleil, par les manœuvres. D'autant que les lieux de navigation et de séjours furent souvent ceux de latitudes favorisant la vie à l'extérieur (Méditerranée, mer Rouge, zone tropicale). »
Pour sa part, Léonide Kameneff évoque sa « belle expérience », et rejette les accusations qui le visent. « La société a énormément changé. Des choses qui paraissent normales à l’époque, éducatives, sont regardées aujourd’hui avec suspicion, comme être nus à bord, plaide-t-il. C’était du naturisme familial, sans connotation sexuelle, la recherche d’une vie tranquille, paisible ».
Le verdict est attendu le 26 mars.

source : directmatin.fr








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