LE CHAT DE LA STREET T.V.

vendredi 1 mars 2013

FRANCE : De plus en plus de villes ont une monnaie locale


Avec quelques billets d'Heols en poche, la monnaie complémentaire brestoise, Pascale Thoby va faire son marché au magasin d'alimentation Bio de Guip.
Si elle le souhaitait, elle pourrait aussi régler la facture de la crèche ou la consultation de son médecin. Car, comme elle, ces professionnels adhèrent à l'Adess, le pôle économie sociale et solidaire du Pays de Brest qui anime ce projet depuis un an.
L'Heol rassemble 200 adhérents - dont quarante-cinq prestataires - qui s'engagent à favoriser des services et des produits locaux, éthiques, solidaires, respectueux de l'environnement...
« L'adhésion est obligatoire pour devenir usager », explique la commerçante qui accepte l'Heol dans sa propre boutique, Loulis des Bois. La législation financière et monétaire autorise « la création d'un moyen d'échange » à condition qu'il soit utilisé « entre acteurs associés d'un secteur particulier ».
Dans l'un des comptoirs de change du réseau, Pascale Thoby peut échanger un euro contre un Heol. Si elle ne le dépense pas, son billet perdra 1 % de sa valeur au bout de six mois. Cette « fonte » incite à faire circuler la monnaie afin de restaurer son rôle initial de support d'échange et non de valeur spéculative.
« C'est un outil pédagogique qui permet de réaffecter ses dépenses à l'économie réelle, explique Philippe Derruder, spécialiste du sujet (1). Pour chaque unité de monnaie créée, un euro est placé dans une banque solidaire comme la Nef (filiale du Crédit coopératif). Cette épargne éthique sert à financer des projets d'activités locales et équitables. Utiliser cette monnaie est un acte politique ! Car la monnaie ne s'évadera pas vers la spéculation financière. » 

Sol Violette à Toulouse, Muse à Angers
À Toulouse, Kadour Guennad, 39 ans, paie une partie de ses achats avec les 30 Sols Violette que lui verse tous les mois la mairie. « J'ai pris de nouvelles habitudes de consommation. Des liens se sont aussi créés avec les autres membres du réseau », déclare ce Toulousain qui n'a rien du bobo. L'expérience locale conduite par l'association Folies, avec la municipalité et le Sol, réseau national pour les monnaies complémentaires, est l'une des plus aboutie en France. Une cinquantaine de projets ont émergé ou arrivent. Angers a lancé la Muse et Douardenez, la Sardine, l'an dernier. Nantes compte lancer la sienne au second semestre 2013. L'Ille-et-Vilaine bosse sur le Galleco.
« Depuis 2007, la crise a stimulé l'intérêt pour les monnaies complémentaires. Les collectivités locales voient là un moyen de relocaliser l'activité économique, note Michel Mombrun, secrétaire nationale du réseau Sol. Ce phénomène témoigne aussi d'une envie de rupture avec un système financier devenu fou... »
Le Wir, l'une des monnaies parallèles les plus vigoureuses en Europe, a d'ailleurs été créée lors de la dépression des années 1930, en Suisse. Près de cent ans plus tard, 70 000 entreprises l'utilisent toujours.
(1) Auteur de l'ouvrage Les monnaies locales complémentaires. Pourquoi ? Comment ? aux éditions Yves-Michel.

source : ouest-france.fr



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