LE CHAT DE LA STREET T.V.

samedi 2 mars 2013

MONDE : Critique du sionisme et coopération entre l'armé Turque et israélienne. Le grand écart d'Erdogan

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, s'est attiré une volée de critiques après son discours prononcé mercredi à Vienne devant le 5e Forum de l'Alliance des civilisations : ce forum, sponsorisé par l'ONU et censé promouvoir le dialogue entre les peuples et les religions, avait été initié par la Turquie de M. Erdogan et l'Espagne de José Luis Zapatero en 2005.



Un porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui était présent à cette réunion à Vienne, a critiqué les déclarations du chef du gouvernement turc. "Si ces commentaires sur le sionisme ont été traduits correctement, alors ils ne sont pas seulement faux mais ils contredisent aussi les principes qui ont fondé l'alliance des civilisations, a estimé ce porte-parole. Le secrétaire général juge maladroit que des commentaires aussi blessants et qui suscitent des divisions aient été prononcés à une réunion qui avait précisément pour thème le leadership responsable." Le sionisme,  "siyonizm" en turc, se prononce de la même manière, peu de risque donc d'une erreur de traduction.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s'est lui aussi insurgé contre ces déclarations. "C'est une déclaration sombre et mensongère d'un genre qu'on pensait révolu dans ce monde", a déclaré M. Nétanyahou dans un communiqué. Washington a dénoncé des propos "faux et offensants". Le nouveau secrétaire d'Etat américain, John Kerry, pour sa première visite en Turquie – il arrive vendredi 1er mars à Ankara pour y rencontrer les dirigeants turcs – va donc faire connaissance avec la personnalité ombrageuse du premier ministre turc.


Le coup de sang de Davos

Les propos de Recep Tayyip Erdogan ne sont pas sans rappeler son coup de sang de Davos en 2009, lorsque, vexé par le déclenchement de l'opération Plomb durci contre le territoire palestinien de Gaza, quelques jours seulement après une visite à Ankara du premier ministre de l'époque Ehud Olmert, il avait pris à partie le président Shimon Peres, au forum économique mondial de Davos. C'était le fameux "One minute!"
"Monsieur Peres, tu es plus âgé que moi, lui avait-il lancé. Le son de ta voix est très fort. Je sais que si une voix est aussi forte, cela traduit un sentiment de culpabilité. (...) Quand il s'agit de tuer, vous savez très bien comment faire. Je sais très bien comment vous avez frappé et tué des enfants sur les plages." 

Il avait quitté la scène sur ce coup d'éclat probablement calculé. Quelques heures plus tard, il était accueilli à l'aéroport d'Istanbul par des centaines de militants de l'AKP et par le maire d'Istanbul, Kadir Topbas, aux cris de "Erdogan, le conquérant de Davos".
Depuis cet épisode, et plus encore depuis le raid sanglant mené un an plus tard par l'armée israélienne dans les eaux internationales contre le Mavi Marmara, un ferry affrété par l'ONG islamiste IHH, parti en expédition humanitaire avec le soutien du gouvernement turc pour tenter de forcer le blocus imposé aux territoires palestiniens, les relations entre la Turquie et Israël sont quasi nulles. Mais pas tout à fait. Le ministre travailliste de la défense, en première ligne donc au moment de la crise du Mavi Marmara, a conservé des liens avec le ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu.
M. Barak était même prêt à satisfaire les demandes d'excuses formulées par la Turquie pour apaiser les relations bilatérales et relancer une coopération stratégique entre les deux pays. Mais l'aile dure du gouvernement israélien et son premier ministre s'y sont opposés.

Début février, une rencontre secrète a eu lieu à Rome entre Yaakov Amidror, le conseiller à la sécurité nationale de M. Netanyahu, Joseph Ciechanover, directeur général du ministère des affaires étrangères israélien, et le sous-secrétaire d'Etat aux affaires étrangères turc, Feridun Sinirlioğlu, pour jeter les bases d'un texte qui permettrait de dépasser le différend entre les deux pays. Au même moment, Israël a autorisé la construction à Gaza d'un hôpital turc.

Les liens industriels et militaires poussent pourtant à un rapprochement. Une société israélienne, Elta, sous-traitant de Boeing, a livré mi-février des équipements militaires à la Turquie pour la première fois depuis le gel des relations diplomatiques. La livraison, dit-on auprès du gouvernement turc, porte sur 100 millions de dollars (environ 75 millions d'euros) de matériel d'électronique de défense pour quatre avions de surveillance Awacs. L'armée turque et l'armée israélienne étaient liées par un accord de coopération et organisaient chaque année des manœuvres communes avant, donc, ce coup de froid.

source : lemonde.fr





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